‹ Les combattants de 1870-71Chapitre 25 sur 262 · Dont un de la Garde · texte numérisé non relu

Dont un de la Garde

2. Dont 2 forment le régiment de la Garde, et » loniient l'aiiilk-.'ie de forteresse des IX«, X", XI

•t XII* corps. . j 1 . •

3 Les fusées de l'artillerie prussienne étaient effi.:aces en général ; cependant, dans les terrams iuuus, il leur arrivait de ne pas éclater. Elles constituaient, malgré tout, un engin beaucoup meilleur que nos fusées fusantes, dont les graves inconvénients ont été signalés plus haut. L'obus ordinaire prussien donnait 42 éclats, le double du nôtre.

et pour le troisième : 2-20 coups par pièce de 4,

200 — — de 6.

Enfin les arsenaux de Mayence, de Coblentz et d'Erfurth renfermaient des approvisionnements considérables, prêts à être immédiatement mis sur roues et expédiés aux armées. On voit que l'artillerie prussienne ne risquait guère, comme la nôtre, de manquer de munitions.

Aux armées, chaque corps d'armée était muni de 16 batteries dont 8 (2 divisions) formaient l'artillerie de corps, et les 8 autres les 2 divisions attachées à chaque division d'infanterie. C'était une masse redoutable de 96 pièces, qu'à un moment donné, le corps d'armée pouvait mettre en ligne. Il est vrai de dire que, normalement, il détachait 1 ou 2 batteries à cheval auprès des divisions de cavalerie indépendantes ; mais il lui restait encore de 84 à 90 pièces, donnant une proportion de 3 pièces par 1,000 hommes. C'était beaucoup plus que nous.

Au surplus, les progrès réalisés par les Prussiens depuis 1866 dans l'emploi de l'artillerie avaient été considérables. Si cette arme, dans la <'ampagne de Bohême, ne produisit pas des résultats très positifs, ce n'est pas, quoi qu'on en ait dit, que son matériel fût inférieur; c'est au contraire que l'état-major prussien, suivant en cela les anciens errements, en reléguait la moitié à la gauche des colonnes, en sorte que l'entrée en ligne des batteries de réserve devenait, comme chez nous, trop tardive quand elle n'était pas impossible. Quelques accidents graves, survenus pendant le combat, sans cause apparente\ avaient en outre jeté une sorte de discrédit sur le matériel en service, et légèrement démonétisé l'arme de l'artillerie qui ne pouvait cependant en être rendue responsable, puisque en Allemagne ce n'est pas elle, mais un corps spécial d'ingénieurs, qui fabrique les canons. Ses officiers voulurent prendre leur revanche, et travaillèrent tant et si bien qu'en 1870 ils inaugurèrent une tactique nouvelle, dont les effets furent désastreux pour nous. L'artillerie de coii)S, placée au centre même des colonnes, devint un facteur immédiat de la bataille, au même titre que celle des divisions d'infanterie, ou que cette infanterie elle-même. L'action en masse, et par des tirs convergents, fut érigée en règle dont on ne devait jamaisse départir. L'artillerie, utilisant sa mobilité pour se mettre en batterie le i)lus tôt possible, sans même attendre que l'infanterie fût déployée, criblait de projectiles l'infanterie ennemie, l'ébranlait ou la désorganisait, tout en profitant de sa propre supériorité numérique pour réduire au silence l'artillerie de l'adversaire. Hardie dans l'attaque, elle n'hésitait pas à s'avancer très près de la position, pour donner jusqu'au bout son appui matériel et moral aiix colonnes d'assaut. Enfin, elle ne craignait pas d'ex|)Oser ses pièces, si cela élail nécessaire pour produire de l'effet dès le début de l'engagement.

Ce mode d'emploi judicieux devait donc assurer à l'artillerie allemande une prépondérance marquée sur la nôtre, toujours disséminée, presque toujours à court

1. Pondant la courte camiJagno de Bolièine, cinq pièces avaient éclaté brusquoniont, luanl ou Ijlessanl f^riéveinent les canonniers qui les servaient. La fabrication de l'acier a reçu, depuis cette époque, de» pcrleclionnements qui rendent plus qu'improbable le retour de pareils accidents.

de munitions, et pourvue fFim matériel inférieur'. L'élude des grandes batailles d'Alsace et de Lorraine montrera en effet les efforts généreux de notre infanterie trop souvent annihilés par les canons allemands, placés trop loin d'elle pour qu'elle pût même les apercevoir, et soigneusement abrités de nos obus, qui ne les atteignaient pas.

V. GÉNIE. — Chaque corps d'armée fédéral avait avec lui I lialaillou de pionniers comprenant pendant le temps de paix :

:2 compagnies de sapeurs ; 1 — de mineurs ;

1 — de pontonniers-,

La division hessoise possédait également 1 compagnie de sapeurs.

A la mobilisation, les compagnies de pontonniers étaient disséminées dans les divers équipages de ponts de l'armée, en sorte qu'en campagne le bataillon de pionniers ne comptait plus que 3 compagnies, mais il formait alors 1 compagnie de dépôt. Il fournissait en outre, par prélèvement, les cadres nécessaires à la constitution des divisions des télégraphes et des chemins de fer de campagne.

Au corps d'armée mobilisé étaient attachées S colonnes d'outils (l par compagnie), 1 équipage de ponts d'avant-garde, ou bien 1 colonne de pontons.

Une particularité à signaler est qu'en Allemagne, les officiers du génie se divisent en deux branches distinctes : les ingénieurs chargés des travaux d'art, des constructions, et en un mot de tout ce qui, en France, constitue les attril>utions de l'état-major du génie, et les officiers de troupe, simplement dénommés officiers de. pionniers. Ceux-ci ne participent en aucune façon au rôle technique de l'arme, et se bornent à exercer le commandement militaire des unités aux(pirlics ils scml attachés.

VL SuBSiST.\NCES, SERVICE DE SANTÉ, TKAi.N, f:tc. — Lcs incouvéuients signalés dans l'armée française au chapitre précédent, et dus à l'indépendance du corps de l'Intendance ainsi qu'au dualisme de la direction du service de santé, avaient été soigneusement évités par la Prusse. Ainsi, le corps de l'Intendance était chez elle composé de fonctionnaires hiérarchisés entre eux, mais (ju'aucune assimilation de grade et de position ne rattachait aux combattants, et que les règlements plaçaient sous la dépendance directe et immédiate du commandement. Un intendant par corps d'armée, un conseiller d'intendance ou un assesseur par division dirigeait, sous la responsabilité du général, les différents services administratifs. De même, le corps de santé, ayant à sa tête un médecin-major général, assurait le service sanitaire de

1. Ces observations ne s'appliquent qu'à la première partie de la guerre. Les armées de province, profitant d'une expérience ciièreinent acquise, turent beaucoup mieux outillées, et surtout mieux approvisionnées.

2. Le bataillon saxon n'avait pas de compagnie de pontoimiers.

Tarmée. régi d'ailleurs par des règlements d'ensemble, qui lui assuraient le matériel nécessaire et un personnel de médecins et d'infirmiers en rapport avec les besoins. Enfin le train, chargé d'atteler et de conduire les convois, était placé sous les ordres d'un inspecteur général et doté d'une organisation spéciale, grâce à laquelle il pouvait, à la mobilisation, faire face aux multiples exigences de ses services si divers. « Très faible en temps de paix, le bataillon du train prend, en cas de mobilisation, des dimensions colossales, indépendamment des soldats du train qui sont spécialement affectés aux diverses fractions de troupes. Il se compose alors, en effet, de :

0 colonnes de vivres à 32 voitures ;

1 colonne de fours de campagne à 5 voitures ;

1 dépôt de chevaux de 170 chevaux et 1 voiture;

3 ambulances de 10 voitures, avec chacune 1 compagnie d'infirmiers pour relever les blessés ;

1 escadron d'escorte du train de 1"20 chevaux et 1 voiture ;

1 colonne de voitures, correspondant aux compagnies auxiliaires du train des équipages français ' ; elle n'est formée qu'en cas de besoin et peut être cependant évaluée en moyenne à 5 divisions, chacune de 80 voitures.

« Comme la cavalerie, par suite de son effectif élevé en temps de paix, n'a besoin pour être mobilisée que d'un nombre relativement restreint de ses réserves et de sa landwehr, elle fournit au train un contingent assuré et très suffisant pour compléter ses conducteurs et les hommes nécessaires pour soigner les chevaux ■. «

L'armée fédérale comptait 13 bataillons du train (dont 1 de la Garde), plus 1 compagnie attachée à la division hessoise.

Pour procurer à ces convois si nombreux le nombre considérable de chevaux qui leur étaient immédiatement indispensables, si l'on voulait que leur mobilisation s'exécutât en même temps que celle des troupes de campagne, l'état-major prussien avait imaginé le système ingénieux du recensement et de la réquisition, dont tout le monde en France connaît aujourd'hui le fonctionnement. De même, il avait réglementé, dès 1861, les transports par chemins de fer du personnel et du matériel, et préparé à l'avance la mobilisation et la concentration des armées par des prescriptions de détail qui ne laissaient rien à l'imprévu. Enfin, les magasins étaient depuis longtemps constitués et approvisionnés, tandis que sur les lignes de chemins de fer étaient échelonnés des dépôts qui devaient fournir leurs vivres aux troupes de réserve, et parer aux besoins de la concentration. La préparation de la guerre chez nos voisins existait donc, à cet égard comme à tous les autres, aussi complète que possible, et bien aveugles étaient ceux qui, en France, s'illusionnaient encore sur son ei'frayanle perfVction.

1. Il n'est question ici, l)ion entendu, que de l'armée française telle qu'elle était en 1870. Depuis, coinuie chacun sait, son organisation a été modifiée de fond en comble, et est sensiblement, sons le l'apport du train en particulier, pareille à celle que déjà à cctle épocjue possédaient les Alleiminds.

Page 1