V. RijSTOw, Guerre des frontières du Rhin, page
LES AHMEES ALLEMANDES EN ISTd 79
VIL La Landwehr. — Or, un des éléments les plus importants de cette puissance redoutable était incontestablement l'institution de la landwehr, qui formait un réservoir immense de soldats instruits, propres aussi bien à renforcer par leur appoint les bataillons de première ligne, qu"à constituer en arrière du tbéàtre d'opérations des unités nouvelles capables de les soutenir. Elle comprenait, nous l'avons vu, les hommes de 27 à 32 ans, qui avaient déjà passé sept années dans l'armée active, et comptait par conséquent cinq classes de recrutement, dont la mission était de garder le territoire, mais que le gouvernement axait le droit d'employer pour compléter les effectifs de l'année de camijagiie. Elle était groupée vn bataillons et en régiments, et appelée deux fois pour une |)érin(lc de (piin/e jours d'exercice. Eniîn, elle ne comprenait en fait que de riiifanterie, les hommes provenant de la cavalerie étant versés à la mobilisation soil dans les dépôts des régiments de cavalerie active, pour former les 5 escadrons de réserve, soit dans rarlillerie ou le train.
Le territoire de la Confédération du Nord se trouvant paria.ué eu 12 districts qui fournissent à chacun des corps d'armée de l'armée fédérale ' ses eontiiigenls, ses réserves et sa landwehr, à chaque régiment actif correspondait un régiment de landwehr, de 2 bataillons, qui avait la même circonscription de recrutement que lui. Mais chaque corps d'armée comprenant aussi un régiment de fusiliers, lequel, ainsi que les chasseurs à pied, la cavalerie, l'artillerie, les pionniers et le train, se recrute sur toute l'étendue du district, celui-ci fournissait, outre ses 8 régiments de landwehr, un bataillon de landwehr de réserve, porteur d'un numéro correspondant à celui du régiment de fusiliers, mais auquel était assigné principalement le rôle d'égaliser les effectifs des autres bataillons; c'était là une nécessité produite par la date récente de la constitution de l'armée fédérale, où l'organisation de la landwehr n'était pas partout aussi perfectionnée que sur le territoire même de l'ancien royaume prussien.
Somme toute, la landwehr formait en réalité les troupes de garnison et donnait ainsi à l'armée active la libre disposition de tous ses effectifs; mais elle pouvait aussi, le cas échéant, être groupée en brigades et divisions pour fournir des réserves stratégiques, des garnisons de places fortes à l'étranger, des troufies d'étapes liors du territoire national, et, enfin, des corps de siège. Pendant la guerre de is7()-lS71, nous la verrons plusieurs fois investie de ces rôles différents, cl chargée en particulier de la garnison de la place de Metz, après la capitulation; nous verrons aussi la division de landwehr de la Garde venir prendre i)art au siège de Paris.
D'après le colonel W. Riistow, qui a étudié très en détail l'organisation allemande, l'effectif de la landwehr atteignait le chiffre de 168,000 hommes, avec 216 bouches à feu. C'était plus de la moitié de l'armée française tout entière, et le quart de toute son artillerie.
1. Le corps de la Garde seul se recrute sui' rensemble du territoire prussien.