‹ Les combattants de 1870-71Chapitre 256 sur 262 · Colonel Canongi;, Loc. cit., page · texte numérisé non relu

Colonel Canongi;, Loc. cit., page

2. Procès de Wbnpffen-Cassagnac devant la Cour d'assises de la Seine, 1875.

deuse. « En thèse générale, dit à ce sujet très justement M. le colonel Canonge, un pareil jeu est à la rigueur possible lorsque, de part et d'autre, les forces sont à peu près égales; on n'a pas le droit même de songer à le tenter, lorsque l'on a devant soi une armée jusqu'alors victorieuse, bien conduite, et dont la supériorité numérique s'affirme par plus de 100, ()()() hommes. D'ailleurs, dans le cas particulier qui nous occupe, le danger véritable venait du nord (aile gauche ennemie) et le 7° corps, malgré la vigueur de sa résistance, ne pouvait qu'être impuissant à le conjurer, d'autant mieux que les débris du 5' corps comptaient à peine comme appui.

« Le résultat le plus net de la décision prise par le général de Wimpffen, à un moment où les minutes valaient des heures, fut une perte de temps qui assura la ruine de l'armée en lui enlevant toute chance de salul\ »

Admettons même un instant que la manœuvre ait réussi. Nous percions dans la direction de Carignan. Et après? Croit-on que cette armée, épuisée de privations et de fatigues, réduite dans des proportions considérables par les pertes des deux batailles de Beaumont et de Sedan, n'ayant à compter sur aucun approvisionnement ni aucun renfort, aurait pu aller bien loin-? Croit-on qu'avec les forces énormes dont ils disposaient, les Allemands l'auraient laissée continuer sa marche et qu'il se serait écoulé longtemps avant qu'ils ne l'aient acculée contre la frontière belge, ou étouffée entre leurs troupes mobiles et les corps prélevés sur le blocus de Metz? Non! l'idée de la percée sur Carignan pouvait se terminer peut-être en héroïque folie; elle n'eût abouti à aucun résultat. Certes, la retraite sur Mézières n'était guère autre chose qu'un expédient, mais un expédient qui pouvait conserver pour des luttes futures une bonne partie des forces françaises, et qui leur eût certainement épargné la honte de mettre bas les armes devant un ennemi sans générosité.

Prise de Daigny et entrée en ligne de toute l'armée de la Meuse. — Tandis que la blessure du maréchal imprimait de notre côté à la bataille ce fatal caractère d'incertitude, la lutte avait continué sur les deux rives de la Givonne. Dès sept heures du malin, les Saxons s'étaient étendus à droite, vers Daigny, et les généraux Ducrot et Lebrun avaient vainement cherché à arrêter leur mouvement. La brigade de cavalerie Michel, puis la brigade Eraboulet de Kerléadec, et un bataillon du 3° tirailleurs algériens, de la division Lai'tigue, franchirent le ruisseau, vers sept heures, et tentèrent de prendre le XII° corps en flanc. Marchant en ligne déployée, le 5G° à droite, et le 3' zouaves à gauche, sous la protection des batteries divisionnaires, la brigade de Kerléadec se porta résolument contre le 105" saxon, qui était déployé un peu en avant de la lisière ouest du bois Chevalier, et l'obligea à reculer. L'artillerie ennemie, postée au nord-est de La Moncelle, est elle-même menacée par nos tirailleurs qui s'en approchent à moins de 500 mètres, et bientôt la situation des con-

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