La Guerre franco-allemande, page
Garde, arrivée déjà de Villers-Cernay près du bois Clievalier, se rapprocha donc de riaigny pour y appuyer le XII" corps. Toute l'arlillerie du corps de la Garde fut déployée sur les hauteurs de Haybes, afin de préparer l'attaque de la 1'° division contre Givonne et le bois de la Garenne. Enfin, la division de cavalerie remonta vers Illy, pour donner la main à la IIP armée.
De La Moncelle à Givonne, sur les crêtes qui dominent la rive droite du ruisseau, il y avait maintenant une formidable ligne de batteries, bavaroises, saxonnes et prussiennes, qui criblaient de projectiles les troupes du 1" corps, et auxquelles les nôtres ne pouvaient riposter que faiblement.
Sous leur protection, Tinfanlerie occupait fortement les villages du fond de la vallée, et, à droite, la V division de la Garde débordait même Givonne et prenait pied sur la berge occidentale. En vain, dans plusieurs retours offensifs, les soldats du 1" corps essayent-ils de refouler les assaillants; en vain des nuées de tirailleurs, appartenant aux divisions Wolff et L'Hérillier, se lancent-ils sur (livonne. La puissance d'un feu meurtrier d'artillerie brise leurs efforts. Dix pièces françaises, dans un élan fougueux et irréfléchi, se précipitent alors vers la portion sud du village, que l'ennemi n'occupe pas encore, traversent le pont, et essayent de se mettre en batterie pour prendre d'écharpe la ligne allemande; leur tentative trop téméraire n'aboutit qu'à un désastre, car presque instantanément enveloppées de fantassins qui se jettent sur les servants et les chevaux, elles sont capturées, sans même avoir pu décrocher les avant-trains. 7 canons, 3 mitrailleuses, 10 officiers, 263 hommes, 142 chevaux et G mulets tombent ainsi, par suite de cette héroïque folie, entre les mains des fusiliers de la Garde prussienne!
En même temps, la cavalerie de la Garde chassait de la (Chapelle le bataillon des Frcincs-lïrcurs de Paris (de la division L'Hérillier) ', exposé d'autre part au feu dirigé sur lui par l'extrême droite de la ligne d'artillerie allemande. Un escadron traversait la forêt, et venait le premier, près du moulin d'OUy, donner la main aux troupes de la III' armée.
Ainsi, vers midi, tout le cours de la Givonne, y compris Bazeilles, était au ])Ouvoir de l'armée de la Meuse, prête à en déboucher. Le 12° corps avait été refoulé sur Balan, et le 1", écrasé par le feu de 14 batteries de la Garde, voyait sa force de résistance soumise à une trop rude épreuve pour qu'elle pût encore se prolonger longtemps. Mais déjà au nord de Sedan se produisaient des événements qui devaient précipiter la crise, et dont la marche inquiétante ne laissait plus guère d'illusion sur la tragique issue de cette journée lamentable.