‹ Les combattants de 1870-71Chapitre 260 sur 262 · I. N'oil- hl pirrc II · texte numérisé non relu

I. N'oil- hl pirrc II

el't'et, au précédent chopitre, que les disposilions étaient prises par létal-major ennemi pour nous intercepter à la fois les routes de l'est et du nord-ouest, mais qu'il ignorait absolument, le 31 au soir, de quel côté il faudrait porter le principal effort. En tout cas, il ne songeait pas encore à nous cerner aussi complètement.

Dès les premières lueurs du jour, le grand étal-major et le roi lui-même vinrent se poster sur la hauteur au sud de Frénois ol an nord du bois de la Marfée, tandis que le prince royal de Prusse s'installait de sou cùté à la (Iroix- Piaux. Tous deux devaient passer en ces postes d'observation la durée entière de la bataille, et il faut convenir qu'ils n'auraient pu en choisir de meilleur pour embrasser d'un seul coup d'œil, et sans courir aucun riscpie, le saisissant spectacle de la lutte qui se déroulait sous leurs pieds. Toutefois, quand ils y arrivèrent, l'épais brouillard qui couvrait la vallée jetait sur les premiers mouvements des troupes un voile impénétrable, et le bruit seul de la fusillade intense de Bazeilles pouvait leur servir d'indication. Vers sept heures cependant, le soleil commença à percer la buée, surtout vers le nord, et le Prince royal put alors distinguer nos camps de la Givonne et de l'Algérie; là, rien ne se produisait encore; mais, comme du cùté de Bazeilles, la canonnade redoublait d'intensité, le Prince jugea utile de faire soutenir les Bavarois du général von der Thann, d'autant plus qu'il ignorait si la lutte engagée là n'indiquait pas une vigoureuse poussée tentée par nous pour rouvrir la route de Carignan.

Derrière lui, arrivait le 11° corps bavarois, destiné, on s'en souvient, à s'ojiposer, entre Donchery et Wadelincourt, à toute tentative des Français vers le sud. Ordre fut envoyé aussitôt à ce corps de remplir sa mission avec une seule de ses divisions, et de diriger l'autre sur Bazeilles.

A ce moment, la Meuse avait déjà été franchie par l'aile gauche de la 111" armée, et dans la plaine qui s'étend au nord de Donchery, des colonnes profondes et épaisses, appartenant aux V° et XP corps, se dirigeaient vers la route de Sedan à Mézières. Ces corps avaient en effet reçu, à minuit, l'ordre du Prince royal leur prescrivant de passer la rivière en aval de Sedan; ils avaient à leur disposition pour cela: P le V" corps, un pont jeté à l'ouest de .Doncliery; "2° le XI°, le pont de la ville et un autre construit la veille par les pionniers'.

Dès deux heures et demie, le V° corps quitta ses bivouacs de Connage et de P.ulson; à quatre heures, son avant-garde débouchait sur la Meuse, et après le passage de celle-ci, il prenait la direction de Vivier-au-Court. Le XI° corps, parti à trois heures de Ghevenges, se trouvait, à cinq heures un ipiarl, formé eu entier au nord de Donchery, et se dirigeait, en trois colonnes', vers \ rigne-aux-Bois,

1. '['oulctois, dit la Relation allemande, comme il était possible que des à-coups se pi'oduisissent au cours de cette marche de nuit à travers une région assez bois.ée, et que les l'ractions duXI"^ corps les plus éloignées n'atteignissent peut-être la Meuse que postérieurement au V", il était convenu entre les deux généraux de Kirchbach et de Gersdorll que le V» corps pourrait lairo usage du pont de Doncliery.

Page 1