B). ETATS DU SUD
Mais là ne se bornaient pas encore les forces dont la Prusse allait pouvoir disposer contre nous. On a vu que des conventions antérieurement conclues avec les États de l'Allemagne du Sud, Bavière, Wurtemberg et grand-duché de Bade, avaient reçu, grâce aux torts apparents de la France, une exécution immédiate. 11 faut donc faire entrer en ligne de compte les contingents que ces trois États devaient lui fournir.
L Royaume de Bavière. — Plus étendue et plus peuplée qu'aucun autre des États de l'Allemagne', la Bavière, que ses affinités de race et de religion ainsi que de nombreuses alliances de famille- tendaient à rapprocher beaucoup plus de l'Autriche que de la Prusse, avait opposé quelque résistance aux tentatives d'absorption de cette dernière puissance. Non qu'elle fût à un degré inférieur des autres pays accessilile à l'effet magique que produisait sur les esprits en général l'espoir d'une unification prochaine (la part qui lui revient dans la restauration de la couronne impériale serait, à défaut d'autre preuve, un témoignage éclatant de ses aspirations à cet égard); mais elle entendait conserver, dans l'Allemagne unifiée, sa nationalité et une indépendance relative dont les agissements de la chancellerie prussienne ne semblaient pas s'accommoder aisément. Il en résultait des tiraillements, des froissements dans les rapports des deux cours et des difficultés sérieuses dans l'application du règlement douanier; c'était là, comm(> on l'a vu, une des causes principales des tendances belliqueuses du cabinet prussien ^
Cependant la Bavière n'avait pas hésité à organiser, dès 1807, ses forces sur le modèle de l'armée fédérale, c'est-à-dire qu'elle avait adopté le système de. recrutement de réserves et de landwehr auquel la Prusse avait di'i ses succès. Mais elle conservait encore et elle a conservé jusqu'à ces derniers temps son uniforme, son règlement de maiid'uvre et jusqu'à- son armement parlieulier. Bien plus, elle n'adopta que dans les premiers mois de 1X70 la réparliti(ui territoriale de ses troupes en corps d'armée permanents ainsi que l'institution définitive du volontariat d'un an, et l'organisation de l'Intendance et di' l'arlillerie sur le modèle ])rnssien. (Juoi qu'il en soit, l'armée bavaroise complail, au uKimenl de la guerre, deux corps d'armée comjjosés des troupes suivantes :
l 10 bataillons de chasseurs à 1 compagnies; 11! rén-iments à t] bataillons.
Inlanlei'ie
"2 de cuirassiers;
ilO réninuuits à i escadrons i . , , ,.
"- { (. de chevau-legers ;
de guerre / , , , ,
" \ :i de uhlans.
1. Lii Bavière a une superficie de 79,800 kiioinélres ciirrcs ri nue |iii|iulMlicHi île 7 iiiillicui.-; d'Iiabitaiits, dont les deux tiers catholiques.