CliMiiitrc JI, i);iyc
2. Voir (lau.s le cliapilri' suivant les projets (roi»T:ilinii.
iiiiiiisUv lie la gueiTc. Les Jdurs siiivaiils, appel à l'aclivilé de la i^ardc nationale mobile, ordre de rhaliiller, armer et é(iuipei', Idiiiialioii de régiments de mobiles à obalaillons, organisation de régiments de marche avec les troisièmes et quatrièmes liataillons de ligne, organisation de compagnies de IVancs-tireurs volontaires'. »
(Juand on songe qu'une pareille besogne a dû être, tout eulière, laite au dernier moment, on se demande' comment il a été possible vraiment de [iroduire quelque chose, si imparfait que ce quelque chose ait été !
(Juni qu'il en soit, voici comment on a procédé en 1X70. 11 n'est pas inutile de le rappeler, ne serait-ce que pour constater l'énorraité des pi-ogrès accomplis".
L'ordre de rappel des réserves avait été, comme (m l'a vu, lancé télégraphiquement le 14 juillet, à 4 heures 40 minutes du soir. La mise en route des divers détachements commença le 18, quatre jours scndement après la promulgation de cet ordre, et ne se termina que le "28; elle jjortait sui' l();i,(V20 hommes, chiffre inférieur de 10,487 hommes à celui qu'accusait la situai ion établie au ministère, comme d'usage, "le [""juillet, et son exécution ne s'opéra pas sans de très grosses difficultés. Car non seulement l'entre-croisement des mouvements dont il a été question plus haut retarda l'arrivée des réserves dans les régiments, mais encore l'embarras des chemins de fer, débordés par-les transports de toute espèce, puis l'insuffisance d'approvisionnements dans les dépôts (entravèrent les résultais qu'on avait escomptés. En 15 jours, l'armée, immobilisée sur la frontière faute d'effectifs, ne reçut ipie 14-2 détachements, comptant en tout ;]8,()78 hommes; le 0 août, 22 jours ajjrès l'ordre d'appel et au moment même où conuneni^-aient les opérations décisives, la ujoitié à peine ries hommes portés sur les situations dofl'cctif lui était parvenue ! Tel était le Iriste résultat produit par notre système de mobilisation, si tant est qu'un ensemble de mesures aussi iiicoliérenies puisse recevoir la dénomination de système.
Passons maintenant à la concentration. Le jour même de la déclaration de guerre, le ministère avait envoyé ses ordres pour diriger sur des points désignés les corps de troupe, les généraux, les états-majors, les services, etc. Mais les unités devant être formées de troupes éparses sur tout le territoire, et qu'aucun lien lactique ou administratif ne reliait entre elles pendant la paix, il y eut, de ce fait, sur les lignes de chemins de fer, de nouveaux croisements et une confusion nouvelle (pii vint encore aggra\ci' le désordre et pi'olonger les retards. En outre, sauf quehpies exceptions, les Iroiipes reeurenl à leur lête des chefs inconnus pour elles', tandis que
1. Guiitiial Thocmas, Les Transformations de l'armée française, toino II, page .")l.j.
Z. Les détails qui vont suivre, ainsi que ceux qui se rapportent aux plans d'opéi'ation et à la con- .(■iitration des deux armées, sont empruntés en grande partie au remarquable ouvrage de M. le fféiiéral Derrécagaix, La Guerre moderne. La coniniunication des documents officiels a permis à rameur de tracer de toutes ces opérations, avant lui si mal connues, l'exposé à la fois le plus exact et le ])lus complet.
3. On essava bien de laisser aux troupes leurs cb,.|s snpéi'lcnrs du temps de paix : ainsi le maré- .lial de Ma.-Mahon, gouverneur général de l'Algérie, eut dans sim .•orps d'armée l'armée d'Alriqne. Le {,'énéral de Ladmirault, qui commandait à Lille, re.;ut les troupes en guiinson dans le Nord ; mais il n'était pas ,,osslble de généraliser <-i... i.u.snr,., ,.lant donne surlonl .(.le certains généraux
gq LA MOBILISATION
ceux-ci (Maient pourvus d" états-majors qu'ils ne connaissaient pas davantage, et dont ils ne pouvaient, sans expérience préalable, utiliser à leur place les capacités. Enfin, la désignation des points de concentration eux-mêmes ne fut pas exemjjte de l'incertitude qui présidait à tout ce travail, et se trouva modifiée au dernier moment. C'est ainsi que le "24 juillet, le 3'' corps, qui devait se former à Metz, reçut l'ordre de se réunir à Boulay; le 5" dut se porter de Bitche à Sarreguemines, la Garde impériale de Xancy à Metz.
C'est au point de concentration que les unités devaient recevoir leurs réserves et leur complément de matériel, de vivres et de munitions ; à proprement parler, cela s'appelle mettre la charrue avant les bœufs. D'ailleurs, les lettres de service expédiées aux officiers généraux, le 15 juillet, ne mentionnaient que les points arrêtés dès le principe, et ne donnaient aucun détail sur les emplacements des troupes. On peut juger des surprises et des récriminations qui se produisirent, de ce fait, surtout lorsque, après le '24, le seul renseignement que contenaient les lettres de service se trouva inexact '.
Ouant à la zone affectée à la concentration, elle allait de Thionville (4'" corjis) à Belfort ("'■ corps), s'étendant ainsi sur une ligne de "265 kilomètres, que le nombi'e des combattants ne suffisait pas à remplir, et dont la longueur exagérée mettait les corps d'armée dans l'impossibilité de se soutenir réciproquement, si l'un d'entre eux était alta([ué. En exposant, au prochain cliapitre, le plan des opérations projetées, nous expliquerons les causes de cette disposition de nos forces. Disons, dès maintenant, qu'elle était essentiellement vicieuse, contraire aux vrais principes de la guerre, et qu'elle ne tarda point à devenir funeste, ainsi que c'était à prévoir.
Quoi qu'il en soit, l'armée du Rhin se trouvait constituée, incomplètement, il est vrai, et dans un état de pénurie à tous égards que la gravité des circonstances rendait particulièrement dangereuse. Elle existait néanmoins, au moins comme composition générale, et comptait, ainsi qu'on l'a vu, la Garde impériale, 7 corps d'armée et une réserve générale. Ces unités avaient été constituées d'après les règles suivantes :
IjCS corps d'armée comprenaient 3 du 1 divisions d'infanterie, 1 division de cavalerie à 2 ou 3 brigades (ayant chacune 2 ou 3 régiments), une réserve d'artillci'ie composée de 2 batteries de 12, 2 batteries de 4 ol 2 ou 3 batteries à cheval, enlin une réserve du génie, de 1, 2 ou 2 couipaguics cl dcuiic
A chaque division d'infanterie, presque loujoiu's pourvue de 1 ])ataillon de chasseurs, étaient attachées 2 batteries montées de 4, 1 itatterie de mitrailleuses, I compagnie du génie et 1 détacliemcid du Irain des équi|)ages; à cha(|ue division de cavalerie étaient attachées 2 batteries à ( lii'\al.
La réserve générale se composait ilr '■'> di\isi(ius de cavalerie, de Kl batteries
|Muirvus do corps d'armée (généraux Frossard, Douiiy") n'oxorraicnt pas, avant la guon-o, <lo grand «•ommandoment territorial.
1. Le 21, le major général télégrapliiait au généi-al Douay : ■■ Où en ôtes-vous de votre fornialion ? Oïl sont vos riioisions '! l'Empereur vous recommande d'en liîiter |a formation pour être en mosuic do rallier Mac-^Ialion le plus t6t possible dans le déparlement du Bas-Rhin. »
montées (X de chaque calibre), et de 4 compagnies ilu génie (1 de sapeurs, 1 de mineurs, 1 dite des chemins de fer, et 1 de télégraphistes).
Enfin 1(> train des équipages, les troupes d'administration, les infirmiers et les ouvriers étaient réjiartis dans les diverses uuiiés. sans règles fixes, et d'après les besoins supposés du service.
En fait, beaucoup de ces éléments ne pui'cut içjniiidrc, d cciu» organisation Ihéorique ne lut pas, <à beaueoiq) près, mise partout eu vigueur '.
(ianlc iiiipriiiilc. — (i'élait, avec les troupes du cauq) île (lliàlons, la .<eule unité couslituée dès le temps de paix. Elle comj)tait "2 divisions d'iuraufcrie, li 1 division de cavalei'ie à o brigades. Partie de Paris et eiivirous le 21, clic aiiixa le 25 à Nancy ; puis se rrudil pai' l'I api 's sous Metz, où clic ciunpa le 2X juilicl. Ses réserves, moins nombreuses que celles des autres corps, cl ses sei'viccs ailniiuistralirs la rejoignirent le .">(), cl ])ortèrent son elïectil' à
l.OiT ollicicrs,
21,()2X bonnncs,
7,r!()1 chevaux.
Elle coinpliiil -ii balaillons dloid I de chasseui'.'^), ;îl) csi'iiilnius, 12 baltcri(>s (dont 2 de uiilinilleuscsl, ;J couqiagnics du génie, cl I escaili-oii du Iraiu. ."-^on comiiiainlaul eu clicf élail le géiiéi'al de di\isiou I'.iiurl)aki.
1" Corps. — Composé des troupes d'.Mgérie, des régiments stationnés dans l'Est et de ipielques autres venus du Xru'd cl du Midi, il avait pour mission de couvrir l'Alsace. Dès le 26, sa première division (I)ucrol) était envoyée sur la frontière de la Laiitcr, près de Frœschwiller, n'ayant encore ni ses réserves ni ses services admiuistralifs. f)e même, les trois autres divisions durent prendre leurs positions ~;uis Jivoii' ivi;u uièuic leur ai'lillerie. (l'esl nu boul de dix-huit ,joui-s seulement, le 1 ' aoiil, que je 1"' corps fui com])lètemeut eousiilué. Il coiuplaiL alors :
1, ().")! nfliciers,
40, 1(15 hounnes,
X, 1 \:\ (dievaux,
réparlis eu 52 balaillons (ibuil 4 de chasseurs), 21") escadrons, 20 ballcries idoul i de luiti'aillciiscs), .") eoin[iagiiics cl deuiic du génie, et du Iraiu. Sou chel' élail le maiv- Chal de M;ic-M;dlou.
2" Corps. — Au miimcul de la di^claraliou de guei'iv, le -l'uéral Frossard, aide de cauq) de j'Empercur. couiuiaiiiliiit les troupes du cauip de Chàlons, (|ui formaient im corps d'iinuée. Il u'eiil doue qu'à les ti'alisportcr sur la frontière ; mais il leur manquait laul de cho.ses qu'il fallu! quinze Jours pour qu'elles bissenl à peu près en état.