‹ Les combattants de 1870-71Chapitre 33 sur 262 · Voir pièce n» 1, Orr/re de bataille de /'armée du Rhin · texte numérisé non relu

Voir pièce n» 1, Orr/re de bataille de /'armée du Rhin

94 I.A MoniijsAriox

Tnulcrois, le 1!) nu matin, les S ilivisJDns arrivaient à Saint-Avold el Forbaoli, liien entendu sans leurs réservistes et sans leurs services administratifs. L\'fiectit au l"' août était de :

1,1 7"2 ol'liciers,

-27,956 hommes,

5,016 chevaux,

répartis entre 39 bataillons (dont 3 de chasseursi, 18 escadrons, 13 batteries (dont 3 de mitrailleuses), 4 compagnies du génie.

S" (lorps. — Il était formé des divisions de Paris et des troupes de Metz et de Nancy. Or, les divisions de Paris n'avaient en temps normal que leurs 4 régiments, el il fallut les doter, tout comme si elles n'avaient pas été groupées déjà, de tous leiu-s services accessoires, ainsi que de leur artillerie. Quant aux autres éléments de corps d'armée, ils venaient naturellement d'un peu partout, même d'Auch (cavalerie).

Le 23 juillet, le "2" corps se réunit à Boulay, et par des arrivées successives atleignit, le (! aoi'd, les effectifs suivants :

1,704 officiers,

41,574 hommes,

9,810 chevaux,

répartis en 52 bataillons (dont 4 de chasseurs), 31 escadrons, 20 batteries (dont 4 de mitrailleuses), 5 compagnies et demie du génie e[ du train.

Son commandant en chef fut jusqu'au 12 août le maréchal Bazaine ; du 12 au 14, le général Decaen, mortellement blessé à Horny ; puis, jusqu'à la capitulalion de Metz, le maréchal Le Bœuf.

■T Corps. — Formé à Thionxille axcc les gai-nisons du Xord et du Xord-Kst, il se constitua le 23 juillet : le lendeniain,*sui' l'iinlre du major général, il <'nv(iyail sa r° division (de (lisseyi el la brigade légèic de la dixisioii de cavalerie (Legrand) à Sierck, pour surveiller la frontière. Cependaiil c'esl le 1" août seulement qu'il fut pdurvu de ses éléments priiu'ijiaux, el le IrJ ipi'il pu! enliii se compléter '. SdU effectif ('lail de :

1,21)8 (illiciers,

27,702 honunes,

5,536 clie\aux,

répartis eu 39 halailKiiis (doiil 3 de chasseursl, 18 escadrons, 15 liallei'ies (dont 3 de untrailleuses), el \ cdmijagnies du génie.

il a\ail pdur coiuinandaul en chef le général île 1 .adiuii'aidl.

1. Ainsi cf cor|i.>! d'année, formi' (l'éiénicnts r('l:itiv(Mn(Mil i.ipiiriiclii's, avait mis six jinirs pour riMiriir sos roginieiits, tels quels, ol vingt-sept jours pour èlie cm'Iii sui' le pieil ili' guerre. Triste preuve des vices irréinédialiles de notre orj^'anisaliiiii mililaire !

F.A XOHII.ISA I ION 95

.j° Corps. — Ce corps était formé de l'armét' do Lyon et avait |ioiir pniiit de rassciubloiiu'iit Bitche et Hagucnau. Le 24, d'après les ordres du major f^vnéral, il dut porter ses 2 premières divisions de Bitche sur Sarregucmines, sa t!° de Ilaguenau sur Bitelie. Ce chassé-croisé s'effeclua avant toute espèce de constitution régulièie.

Le 1" août, il avait reçu la majeure partie de ses complémi'uts et ((unplait les elïectifs suivants :

1,174 ol'liciers,

"20, "24^5 hommes,

5,527 chevaux,

ayant la même réparlilion ([uaii i" eoriis.

S(ui commaudanl en chef était le général de l'"ailly, aide de camp de rKiupereur.

G" Corps. — Contié au maréchal Caiiroheil, et coni|DOsé de 4 divisions diiifanlerie, le 6" corps avait été primitivement destiné à servir de réserve : par suite, ses divisions, formées à Chàlons, Soissons et Paris de troupes proven.ant d'an |)eu partout, devaient se concentrer au camp de (ihiihuis.

Le 6 août, il était encore fort incomplet, (piand il l'eeiit ihi major général l'iudre de se porter sur Nancy, par étapes : mais, dés le 7, les nouvelles des premiers désastres et de la retraite générale qui en était la conséquence, rohligéreiil à rétrograder. 11 rentra donc au camp de Chàlons, et nvn repartit (pie le 5 par voies ferrées, laissant en arriére sa division de cav;Uei'ie qui ne le rejoignit plus jamais. Le 12, il réunissait à Metz ses 1" , ,"f et 4'" divisions, veinies jiai- des trains distincts : ipiant à la 2", elle avait trouvé la voie déjà coupée ]iar l'eimemi entre Nancy et Metz, et restait tout entière en arriére, sauf un régiment, le H' de ligne, et le général Bisson qui la commandait. Semblal)le mésaventure priva le 1!° cor|)s di' ses services administratifs, de sa réserve d'artillerie et de son personnel du génie, et le laissa avec 81) bataillons (dont 3 de chasseurs) et 12 batteries (dont 4 de mitrailleuses).

(Juelques jours plus tard, après les batailles de Bezonville et de Saint-Privat, on le ré(Uganisa tant liien qiu' mal, au niuyen de |)réléveuients opérés sui- le reste de l'armée : c'est ainsi rpi'il ivcul, le 17, une bi'igade de la l'"' division de ea\alerie (le la réserve (général du iiaraih, et le IH, 1 bnlteries de 12 ipie lui dnima lu l'eserve générale; mais il resia hnijours au-dessniis du eninplel. Sou elTeetif, au 1" Udùi, était de :

1,474 olliciers,

3S,94() hommes,

5,534 chevaux,

(lui, par les prélèvements d<mt il vient d'étiv (pieslion, s'élevèi'eut plus laid d'euvii'on 4,2(10 houuues et 470 chevaux.

7" (^nrps. — i)e tous les corps de TaiMuée du liliiu, le 7" est certaiiu'menl celui fpii eut le jilus de n)al à s'organiser. Ses deux points de coucentration étaient P.elIVu-t et Colmar, et il devait comprendre des troupes vernies du Sud-Lst, de Cleruioul-

Ferrand, de Perpignan, voire même de (ilivita-Vecchia. On comprend que réunir des éléments aussi épars ne pouvait être l'ceuvre d'un jour : en el'fel, les "2 premières divisions ne furent constituées que le 4 août; la 'S\ retenue momentanément à Lyon pour y remplacer les troupes parties à la frontière \ ne joignit Belfort que le 18; encore n'avait-elle que S régiments sur 4. De même la division de cavalerie se trouva réduite à une seule brigade, toujours ])ar crainte de lroul)les à Lymi : sa '!" brigade ne le rejoignit jamais. Euliu, les services accessoires du corps d'année faisaient absolument défaut.

(l'est dans de pari'illes cdiiditiinis, cl sans axnir l'cru ses rései'visles, que le 7" corps dut, après la bataille de ^\'(erlll, évaciiei' l'Alsace à la suite du curps il'armée du maréchal de Mac-Malion, et se rcndn' precipilainiuiMil au cauqi de ( lliàlous, où il finit par se conq)léter à peu prés.

Son effectif, au 1''' août, était iU' :

! ,()ir! (itliciers,

-l;iAi~ bninmes,

ô.tJUli chi'\au\.

11 était conuuandé [tar le général de ilivision Félix Douay, aide île caiu[( de l'Empereur.

Et:sej-vc's f/é/iénilrs. — Kn principe, la /■/■serve (^('■iienilr <lc cavnli'ria devait comprendre ."] divisions à "2 bi'igadcs, pourvues chacune de "1 batteries à dicval ; niais '1 seulement pur^'ut s'iu'ganiscr. La l'", en efh't, composée des i régiments de cliasseurs d'Afri(|ue. n'en l'rcut jamais i|ue l}, et bit dislo([née avant sa cdiiceutration. Le 16 août, la 1" brigade (Margucriltei ai'i'ivait à \'crdnn, escorlant rFiupci-eur qui avait quitté Metz le malin. Le lendemain, 17, son g(''néral recevait \\n teh'granuue du maréchal de Mac-Mahon, lui ordonnant de rejoindre à Sainte-Mcnelioidd la I'" brigade de la division de Fénclon (affectée au (>' corps et si'paree de lui, comme ou l'a vu plus liaul) pour former avec elle nue division nouxclle; sans l'tat-major et sans artillerie, c't'st cette division (|ui fournira, \v I"' seplendu-e. les charges innuorlelles de Ca/.al et de i''loing.

(Juaid aux deux aulres di\ isious de la réserve générale, l'une, la '2", tout entière de cuirassiers, arriva le ô août ;i Fi'ir'schv\ illcr, juslc ;i lciiqi> iiour s'ycouxi'ir de gloire. L'autre rejoignit le nié'ine joiu' l'armée de Mel/. ii Faulqunnonl.

Les ri divisions coiujireuaieiil ensemble, a la ilate du 1" aofd :

ICil officiers, G,;3()() hommes, 6,tJ21 chevaux.

1. Cet exoiii|iic prouve coiiiliion otuil rcgrellabic l'aliainlon (U'i i'iui Mvnil laisse l'eruaiiis.ilinii île la ;j;arde mobile. Grâce à la landwolir, les AUemaiuls avaioiil, ;iu ednuaire, des Ui)ii]ics de gainiscm en quantité sulTisanlo ]>our rendre disponible, dès !<■ premier imii-, l'aiiiK'e aetive iciul eiiliOre.

I . r'iénéral de Palikao. — 2. Général Frossard. — : 4. Général Bourbaki.

Général ChanirarnioM-.

Combattants

98 LA .MOHII.ISAIION

La réserve (ifinérale (Ifirlilh'vie, forniro à Nancy, arriva à Metz les 8 et 9 aoûl : elle comptai 1 :

87 ot'ticiers, "2,675 hommes, -2,725 chevaux.

\j\ réserve f/énérale du f/énie, de 4 compagnies, comptait lIc son côté :

13 officiers, 459 hommes, 19(i chevaux.

Quant aux gramls parcs, on sait qu'ils n'avaient point été organisés.

Telles étaient les forces chargées de défendre le sol français, menacé déjà d'une invasion très prochaine. Si inférieures qu'elles fussent à celles de l'ennemi, elles n'en représentaient pas moins tout ce que la France, dans son organisation bâtarde, pouvait pour le moment mettre sur pied, car il ne restait à l'intérieur que des dépôts et quelques régiments encore disponibles dont l'effectif ne constituait pas même la valeur d'un corps d'armée \ Bien plus, ces forces, disséminées sur la frontière dans un ordre vicieux, n'avaient pas, tant s'en fallait, terminé leur mobilisation ; elles allaient donc essuyer les premiers chocs de l'adversaire sans être pourvues de tous leurs éléments, et sans posséder plus de 22'2,242 hommes '. Plus tard, après le 6 août, cet effectif s'accroîtra de 10,700 hommes par l'arrivée de plusieurs groupes de renfort. Mais, à ce moment, les terribles défaites de Wissembourg, de Spicheren et de Frœschwiller auront déjà ouvert le territoire au flot des ennemis qui se pressent à nos jjoi'tes : .i corps d'armée (les V, 5" et 7°) seront désorganisés, le "2° sera entamé fortemeni, et la mobilisation, i[ui n'est pas encore achevée, subira, de ce l'ail, une pcrturliation j)rofonde, qui l'anvlera presque complètement.

(Jette leçon cruelle, notre malheureux pays se l'était attirée par son insouciance et son aveuglement fatal. Du moins, nous pouvons affirmer qu'elle n'a point été inutile, et (jue les sacrifices librement consenlis par la nation tout entière poui' sa régénération et la reconstitution de ses forces nous gardent à jamais du retour d'aussi amères déceptions.

1. Les seuls corps restés à l'iuUM'ieui- claienl les 22'', 34", 58", 72° de ligne et le l'"'' i-éginienl de eliasseurs à dieval. En outre, la lirigade d'occupation de Rome comprenait le (>" bataillon de cliasseurs, les 35" et 42" de ligne, 2 escadrons du 7" chasseurs ii cheval et 3 batteries d'artillerie.

2. l'^n totalisant les chiffres donnés précédemment pour chaque corps d'armée, on obtient 204, 4!W officiers ou hommes de troupe et 03,018 chevaux, y compris le grand quartier général et la maison de l'Empei^enr (207 officiers, 1,.500 liumnics, 1,010 rhovaux). Mais le 1'''' août, ni le 0» corps, ni une forte partie du "'' u'ctaicul ciicnrc a i.i IVontici c ; \r ihhiiImc des i'ouili;itl,-iiils se Irouvail donc diminué d'autant.

Chose étrange, et qui montre bien le désordre général, le 1" août, le ministère de la guerre comptait, comme existant à l'armée du Rhin, 24,844 hommes de plus que cette armée n'avait réelh»raont; il croyait appareumionl (pu' tous les détachements avaient rejoint déjà. C'était vraimi'iit ti'op d'optimisme, en présence du chaos qu'il fallait au préalable débrou'iller.

Page 1