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« A l'armée !
« Mue par un sentiment unanime, l'Allemagne entière se lève en armes contre un État voisin qui nous a déclaré inopinément une guerre sans motifs. Il s'agit de défendre notre patrie menacée, notre honneur, nos foyers. Je prends, à dater d'aujourd'hui, le commandement en chef de toutes les armées et j'engage avec assurance cette lutte que jadis nos pères ont également soutenue.
« Comme moi, la patrie entière met en vous une pleine contiance. Dieu sera avec notre juste cause.
« Quartier général de Mayence, le "2 août 1X70.
« Signé : Guillaume. »
Huit jours avant, le ^S juillet, l'empereur Napoléon III avait, lui aussi, adressé au peuple français une longue proclamation', où il exposait les causes de la guerre, et les expliquait autant par l'attitude arrogante du gouvernement prussien que par les dangers dont son ambition menaçait l'Europe. Rien de tout cela ne se pouvait contester. Mais était-ce bien une raison pour que la France dût, coûte que coûte, se lancer dans une lutte sanglante et colossale, contre un adversaire dont les puissants moyens d'action étaient connus, et cela, dans un moment où ses propres forces, amoindries par des expéditions lointaines et ruineuses, n'avaient pas encore eu le temps de se reconstituer? Cette question, l'Empereur n'avait garde de la poser à la nation, peut-être parce qu'il se l'était déjà posée à lui-même. Mais il croyait devoir protester de la loyauté de ses intentions, et faire des vœux pour les destinées de la grande nationalité germanique ! Étrange aben-ation d'un esprit généreux, malheureusement hanté d'idéologie et de chimères !
Le 28 juillet, il se rendait à l'armée, avec le prince iin[iérial, et |)Penail possession du commandement suprême par cet ordre du jour:
« Soldats,
« Je viinis me nietlrc à votre têle pour (h'-fcndrc riidiiiiciu' et le S(d de la pairie.
« Vous allez combattre une ries meilleures armées de l'Europe; mais d'autres, qui valaient autant qu'elle, n'ont pu résister à votre bravoure. Il en sera dc^ même aujourd'hui.
« La guerre qui commence sera longue et pénible, car elle aura pour théâtre des lieux hérissés d'obstacles et dr^ forteresses ; mais rien n'est au-dessus des efforts persévérants des soldats d'Afrique, de Crimée, de Cliiiie, d'Italie cl du Mexique. Vous prouverez une fois de plus ce que peut nue nriiii'c fi'ançaisi' aiiiim'c du sentiment du devoir, maintenue par la discipline, eutlamuiée par l'anuiur de la patrie.
« Quel que soit le chemin que nous prenions hors de nos frontières, nous y trouverons les traces glorieuses de nos pères. Nous nous montrerons dignes d'eux.