Général Derrécagai.x, loc. cit., tome I", page 47(j
qu'il s'occupe toujours de faire surveiller le haut Rhin, que personne ne songe à franchir, au lieu de mettre toutes les forces disponibles derrière la Lauter, contre laquelle l'ennemi s'avance -en rangs pressés et compacts ! A quoi donc servaient ces trois brigades de cavalerie, qui, depuis quinze jours, s'enlizaient dans la plus déplorable inacti-on? Quel oubli des vrais principes de la guerre, dont le maître par excellence, Napoléon, était pourtant sorti de nos rangs ! Que d'erreurs et que de fautes accumulées en si peu de temps, quand il n'en faut parfois qu'une seule pour arracher la victoire des mains des plus vaillants ! Le 4 août au matin, l'Alsace était d'ores et déjà perdue, et il suffit, pour s'en convaincre, de lire cet exposé douloureux que M. le général Derrécagaix a tracé de notre situation si critique :
« En face de notre frontière, une armée de 170,000 hommes (le VI° corps et la -2° division de cavalerie n'avaient pas encore rejoint) concentrée, prête à combattre, ses avant-postes à 1,500 mètres de notre territoire, bien renseignée par sa cavalerie, au courant de notre infériorité numérique et de l'impossibilité où nous étions d'agir efficacement, en état, le lendemain, de prendre résolument l'initiative des mouvements.
« De notre côté, une division de 0,600 rationnaires ', ignorant la présence de l'ennemi, ne se doutant pas de ses projets, convaincue qu'elle n'avait qu'une mission de surveillance, et gardée seulement par deux ou trois grand'gardes d'infanterie, tandis que la cavalerie dont elle disposait bivouaquait sur ses derrières'. »
Ajoutons qu'une seule des autres fractions du 1" corps pouvait lui porter secours : c'était' la première brigade de la division Ducrot, campée à Lembach (13 kilom.) et à Climbach (8 kilom.). Aucun ordre ne lui ayant été donné, elle ne bougea pas.
Début du combat. — Arrivons maintenant au récit du combat. Le 4, dès la pointe du jour, le général Douay, mis en éveil par les récits des paysans qui signalaient de forts rassemblements de troupes aux environs, envoya vers le nord une reconnaissance composée de deux escadrons du IT chasseurs, un bataillon du 1" tirailleurs et deux pièces, le tout sous les ordres du colonel d'Aslugue, du ir chasseurs. (Vêtait le moment même où les colonnes allemandes, obéissant aux ordres du Prince royal, quittaient leurs cantonnements pour gagner la Lauler, el où le 78° se mettait en route vers Climbach, pour y relever le 90°.
Le colonel d'Astugue fit prendre position à ses troupes d'inranicric (i d'arlillcM-ie au sud d'Altenstadt, puis, avec ses deux escadrons, prit la roule de Landau, poussa à quelques kilomètres^ au delà de la frontière, et revint i)ar la roule de Spire, à 7 heures et demie, n'ayant aperçu, ce qui est à peine croyable, que quel([ues êclaireurs ennemis. T^e généi-al Douay n'était donc ])as plus renseigné qu'avant, ('ependaiil le maréchal, (|iii, dans la niiililii ."{an 1, a\ail reçu, à Sti'asbonrg, mie d('|)èclie du
1. La division Douiiy coinpliiil nN:i'i('t<>inoiil, suf le r|iaiii|i i\i} liat.-illle do Wissemlioui'y, .'iOiii iiflifiors, 6,61)3 hoiiinies, 1,296 cliovaux, 18 pièces.