Colonel CANONfii:, toc. cit., page .5.'i
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CIIAI'ITKK II
Concentration du /"' corps. — \a\ concciilriilinii du 1 ' corps, l'xri'iilrc d'aprùs les ordres du maréchal dans la nuiL du 4 au 5 et daus la J(iuru('c du 5, s'oiirra sans encombre. La 4° division de cavalerie prussicuiic, (pii, ainsi (pToii l'a vu, avait été, dans la marche sur Wissembonrg, laissée en deuxiénie li.i^ne, n'airixa pas à temps pour l'entraver, et, de l'aveu môme des Allemands, Farmée viclorieuse perdit, dés le soir du 4 août, louL contact avec les régiments battus. Quatre escadrons de dragons purent seuls se porter, dans l'après-midi du i, de la Wv\w (hi Si ludliusch surSnultz, à la recherche de la division Douay. Reçus à coups de lusil |iar le .iC", de la division Haoult, ([ui occupai! encore ce dernier village, ils louinérrul luidc iinmédialement, et vinrent rendre cnmpte (pie la retraite ne .s'dTccliuul pas de ce celé. Le mouvement terminé, le 1" corps occupait les pusilions suivaides: r° division (Ducrot), entre .Xeeliwillcr et Kncscliwiller, l'ace à la Corel Av Langcnsulzliacli '.
1. Le 1" balailldii du I".", 6tal)ti ù .lœgorlli.'il, niari'rlKil l'scoiniitail l'arrivùo à lircf délai..
.■vait rtaldlr la llaisdii avec le .V' coi'iis, ilniil lo
2' division (Douay) et brigade de cavalerie de Septeuil, derrière Elsasshausen, entre ce village et le Grosser-Wald.
3' division (Raoult), sur le plateau entre Frœschwiller et Wcerth.
4" division (de Lartigue), en avant d'Eberbach, et couronnant les crêtes depuis le saillant N.-E. du Niederwald jusqu'en face du Bruck-Miihle '.
La division Conseil-Dumesnil ( 1" division du 1' corps), appelée de Strasbourg, avait ses deux brigades séparées: la 1" (général Nicolaï) campait à l'ouest et près d'Elsasshausen ; la "2° (général Maire), à Reichshoffen. L'artillerie de cette division, retardée à Haguenau par l'encombrement de la gare, avait dû rester en arrière, ainsi que le bataillon qui lui était donné comme soutien. Elle ne parut pas sur le champ de bataille du 6 août.
La brigade de grosse cavalerie Michel campait auprès d'Eberbach. La division de Bonnemain (2" de réserve), mise à la disposition du maréchal et arrivée le 4 de Phalsbourg et Saverne, était établie au sud-ouest de Frceschwiller, entre Reichshoffen et le Grosser-Wald. La brigade de Nansouty avait été fractionnée en cavalerie divisionnaire. Enfin, la réserve d'artillerie avait formé son parc entre les deux brigades de la division Raoult.
Le maréchal de Mac-Mahon était résolu à attendre l'ennemi sur ces positions et à lui livrer bataille, comme le prouve la dépêche suivante, adressée le 5 au général commandant la division militaire de Strasbourg :
« J'ai été obligé de me replier cette nuit sur les positions de Frœschwiller que Je compte défendre ; mais comme l'ennemi veut couper le chemin de 1er entre Haguenau et Reichshoffen, je vous prie de donner l'ordre à l'inteiidant du 1'' corps, ou R tout autre, de nous envoyer par un convoi le plus de vivi-es iiossible, Av l" division n'ayant déjà plus de pain. »
Mais il comptait pouvoir n'accepter la lutte qu'après avoir reçu les renforts qu'il avait demandés à l'Empereur, qiii lui avaient été annoncés le 5, et qui consistaient dans le 5" corps (général de Failly), mis ce même jour sous ses ordres. Le maréchal disposait donc, désormais, de trois corps d'armée, dont un, le 7", était encore malheureusement si incomplet qu'une seule de ses divisions pouvait répondre à son appel ''.
Mouvement du ù' coi-/)s. — .\ussitùt investi du eomniandemiMit supérieur du b' corps, le maréchal de Mac-Mahmi invita celui-ci à le rejoindre le plus vite possible. De son côté, le major général avait incsciit au général de Failly de concentrer au plus tôt à liitche les diMix divisions ipiil avait à Sarreguemines et à (Iross-
l 'liediTsiloi'l'. Ca' nimixcnienl cimuncni-a le .") drs II' matin, mais |iar suite de l'ignnrance m'i l'on était des pusitioiis de IVnncmi et par ci-ainlc d'nnc attaipie imprévue, il s'exécuta avec nue l'xti'iMnc li'iilcui'. La (li\isi(iii (in/c n'atteignit llitriic (|ne le
1. La divisiiin de Lai'llgiio aviiil laissi:' a .Slrasboury: le 87'' imiir t'ornicr la ganiisiui de la [dai'O.
2. Far ordre do l'Eriiporeui', deux de ses divisions devaient d'ailleurs rester en Alsace, pour couvrir le liant Rhin. Cette décision avait été prise à la suite dé l'apparition de détacliements allemands SU'' la live drditc du ilenvo.
BATAILIE DE FROESCHWILLER 157
soir; la division de l'Abadie d'Aydren ne dépassa pas Rohrhuch. Aussi le général de Failly, recevant vers cinq heures une- nouvelle dépèche qui lui prescrivait de faire occuper d'urgence Lemberg, point situé en arrière de la ligne Bitche-Reichshoffen, et nullement exposé pour le moment, répondit-il par cet aveu d'impuissance :
« Je ne peux disposer, en ce moment, que d'un régiment d'infanterie et d'un régiment de cavalerie. Qui dois-je envoyer à Lemberg? »
Un peu plus tard cependant, le général de Failly faisait espérer ((u"il cnviM'rail, le lendemain 6, ses trois divisions au maréchal, au fur et à mesure de leur arrivée à Bitche. Puis, à 9 heures du soir, aiirès une reconnaissance infructueuse sur Lemberg, il télégraphiait encore :
« Renseignements pris, j'ai lieu de penser que ce n'csl pus le poste do Lonibcrff, gare de chemin de fer au sud de Bitche, qu'il s'agit d'occuper. Il n'y a rien d'anormal dans cette direction. II doit s'agir de Leinbach, à 32 kilomètres est de Bitche. Faites-moi connaître l'effectif des troupes à y envoyer. Demain, à iO heures seulement, je pourrai, par suite du mouvement de concentration qui s'opère sur Bitche, disposer, en cas de dépari, de la division de LespartV La réserve d'artillerie devra-t-elle marcher, ainsi i[nv le convoi auxiliaire? Il est impossii)le à la division de Lespart de faire S'2 kilomètres dans la journée, si l'IIc doit marcher militairement. Je viens d'en faire deux fois l'expérience. «
Cependant les appels du maréchal continuaient, plus impérieux et plus pressants : « Venez à Reichshoffen, télégraphiait-il, à <S heures 10 du soir', avec tout votre corps d'armée, le plus tôt possible. Nous manquons de vivres, et si vous avez à Bitche des approvisionnements, formez un conNoi spécial de vivres de toute nature, que vous mettrez au chemin de fer et qui arrivera cette nuit. \'os troupes viendront par la grande route et j'espère ([ue vous me rallierez dans la journée de demain. Accusez réception. »
Et le général de Failly, malgré tout son désir de donner satisfaction à cette instante prière, était forcé de répondre, dans la nuit :
« Je ne puis disposer que d'une division, je la réunis et la dirige sur Reichshoffen. Il est possible qu'elle soit obligée de s'arrêter à Niederbronn ; je vous envoie, faute d'approvisionnements, la réserve de la 3" division par le clieiniii de fer; elle partira seulement demain. Je donne des ordres pour former un second convoi. Bliesbriicken est occupé par reiiuenii. Le télégraphe de Sarreguemines est
coupé'. »
La division Guyot de Lespart partit, en effet, de Bitche un peu avant six heures du malin, le 6, pour se diriger sur Niederbronn et de là sur Reichshoffen. A |)ein(> était-elle en route, que les sourds grondements du canon de Frœschwiller, répercutés par les échos des Vosges, se tirent entendre à Bitche, où se trouvait le général de Failly. Celui-ci k partit au iielil galoj), rejoignit le général Cuyot île Lespart