Déppche arrivée u Bitclic a 11 heures du soir
.3. Opérations et mare/ies du .5» corps, par le frcnéial de Failly, pnssim. - Higtorirjue du .^^ corps. par le colonel Clémaur.
158 BATAILLE DE FROESmwilLLER
et dit à son vieux camarade : — Tu entends le canon; communique toujours avec le maréchal, ne te laisse pas surprendre dans les défilés de la route, éclaire-toi sérieusement, et cependant marche le plus vite possible. Quant à moi, je vais attendre les ordres qui vont sans doute me parvenir.
(c Et les deux généraux se séparèrent en se donnant la main'. »
Ces ordres arrivèrent enfin ; ils émanaient à la fois du grand quartier général et du maréchal de Mac-Mahon, et leur divergence eut pour résultat d'augmenter encore la perplexité du commandant du 5'' corps. Le major général télégraphiait à "2 h. "20 du soir :
« Le chemin de fer est coupé entre Sarreguemines et Bitche. C'est à Strasbourg que les troupes d'Alsace doivent se réapprovisionner. Le général Frossard et le maréchal Bazaine sont attaqués. Tenez-vous sur vos gardes. »
Puis, vers trois lieures, le commandant du génie MoU apportait une lettre, écrite par le maréchal à 5 h. 12 du malin, et fjui prescrivait an 5" corps d'envoyer une division coucher le soir à Piiilippsltourg, d'entrer à Leniberg avec une brigade et de se préparer à combattre, le lendemain 7, de concert avec le 1" corps-.
En conséquence, la division Cozc fut dirigée sur Philippsbourg, et la brigade de Maussion (2" de la 2° division) sur Lemberg, avec la réserve d'artillerie. La brigade Lapasset (l" de cette même division) fut maintenue à Sarreguemines pour y garder le convoi jusqu'à ce que des troupes du 3' corps vinssent la relever; mais elle dut, malgré l'arrivée de celles-ci, rester sur place. Une forte reconnaissance allemande, composée de 2 bataillons, 3 régiments de cavalerie et une batterie s'était, en effet, montrée le 6 au matin sur la route de Bitche, et le général Montaudon, qui venait remplacer la brigade Lapasset, ne jugea pas prudent de la laisser partir. Par suite, cette brigade, coupée le lendemain de son corps d'armée, ne put jamais le l'ejoindre, et fut, quelques jours après, rattachée au 3" corps avec le 3" lanciers qui l'accompagnait.
En outre, la jonction des 5° et 1" corps sembla désormais irréalisable au général de Failly, tiraillé entre le désir de se rendre aux appels du maréchal, et la nécessité de ne pas laisser découvertes les routes de Pirmasens et de Deux-Ponts, par lesquelles arrivaient des masses épaisses, dont l'approche était signalée de partout. Menacé sur son front, appelé à droite par son chef direct, à gauche par les instructions du major général, le malheureux commandant du 5° corps flottait dans une indécision d'autant plus pénible que le maréchal, bien que relié à lui par le télégraphe, ne donnait plus signe de vie.
« Tous les avis arrivés de la veille et pendant la nuit, a écrit le général de Failly, avaient signalé la présence de l'ennemi du cùté de Rohrbach, de "Volmiinster et au nord de Bitche, par la route de Deux-Ponts et de Pirmasens.
'( Pour rester en communication, autant que possible, avec le "2" corps, ainsi qu'il en avait reçu l'ordre formel, le général de Failly, tout en cherchant à se conformer aux iiisti'iictious du iiiarérhal de Mac-Mahon. (M-oyait ipTil élnit i\r son
1. .\. l)i:',.iET, Frirsctitrillcr, C/ui/ons, Se/an, inigc O.S.