‹ Les combattants de 1870-71Chapitre 60 sur 262 · Historique du ô'' corpa · texte numérisé non relu

Historique du ô'' corpa

2. L'Iùnporeur, on sr-indant le .5 aniil rariiu.'c ilii Hliiii en ilcii'x groupes c-c.iiru's l'un au uiaivrluil (le Mac-iMalion (l""-, .5° et 7« corps), l'autre au uian'rlial Ba/.aine (2», 3° et l* corps), n'avait donné à .■ette mesure qu'un caractère transitoire cl limité. Aucun de ces deux groupes ne fut doté d'un élat-niajor spécial, les doux niaréctiaux conservèrent le eonnuandenient de leur corps d'année, ev ne durent (,'xoreer leur autorité supérieure que « pour les opérations militaires seulement -, sans recevoir d'instructions de principe. Enfin, ri'lmpereur se réserva lo commandement direct de la Garde et des réserves. Les deux maréchaux se trouvaient, de t'ait, roduits au rôle d'agents de transmission.

ses ordres s'en seraient probablement trouvés plus fermes et plus nets, et n'auraient pas, en tout cas, été contrecarrés par des instructions venues d'ailleurs, comme celles auxquelles le commandant du 5" corps s'est vu obligé de déférer. Éclairé sur la force de ses adversaires et maître de ses mouvements, le maréchal se fût concentré dès le 5, ainsi qu'il a cherché à le faire le 6, e( aurait alors livré bataille à armes à peu près égales. L'Alsace eût été couverte, très probablement conservée, et le désastre de Frœschwiller, qui a pesé d'un poids si lourd sur le reste de la campagne, certainement évité. Tant l'oubli des règles imprescriptibles de la guerre laisse le champ libre à toutes les surprises et à toutes les déceptions.

Projets du maréchal de Mac-Mahon. — (Juoi qu'il en soil, la lettre écrite parle maréchal au général de Failly prouve que, le 6 au matin, il ne comptait plus sur la totalité du o" corps, mais seulement sur la division Guyot de Lespart dont le dépari pour Xiederbroun lui avait été annoncé. Il se croyait encore en état, avec son aide, de reprendre l'offensive le 7, et de tomber sur le flanc de l'ennemi, si celui-ci se dirigeait vers Strasbourg; si, au conti'aire, le Prince royal faisait mine de descendre vers la Sarre pour y rejoindre la IL' armée, alors, comme il l'écrivait au commandant du 5° corps, il espérait pouvoir l'envelopper vers Ober-Sleinbach. Erreur bien explicable si l'on réfléchit que toute sa cavalerie, au lieu de surveiller l'ennemi, se portait ce jour-là, en colonnes de route, sur la position de Frœschwiller, et que seuls deux escadrons du G" lanciers, envoyés en reconnaissance vers la forêt de Maguenau, signalaient d'épais rassend)lements de troupes au nord de cette forêt, mais sans pouvoir toutefois recueillir aucun indice sur leurs projets du lendemain.

MoiivcjiJi-n/s du la III' arnicc allemande. — Du cùlé des Allemands, on n'était, il faut [lieu le dire, pas plus au courant des nôtres. Le contact avec la division I)ouay avait été, nous l'avons vu, perdu après Wissembourg, et on en était réduit aux suppositions. Le Prince royal ne voulut pas rester plus longtemps dans l'iticerlilude cl laiira sa cavalerie en avant pour se renseigner.

La 4° division de cavalerie se mil doiu' en marche dès cinq heures du matin, le 5. Elle devait s'avancer sur la route de Haguenau pour rechercher l'adversaire el siirltiul jKiiii- rrlaircr le pays : un régiment était dirigé d'aliord sui' StiuKz, (]ue l'un savait occupé', el devait marcher ensuite sur W(erth, eu éclairaul le pays jus(iu"à I-teielishoffen. (Juaul aux différeuls corps d'armée, ils élaieul dirigés vers Strasbourg, protégés sur le flanc droit \\\w le IL corps bavai'ois et gardant pour réserve le 1" coi'|)S bavarois. Ordre était donne de delmire h's voies ferrées aboutissant à Ilagiiemui el à HeiehsholTeu.

La joui'née ne se passa pas sans ([ue luis caïupemeuls, ([u'auemi avaid-jioste ne coiivrail, eiissenl éh' déconvei'is pai' les cclaireurs de la V dixision ; repoussés de Haguenau, oii ils ne piuvul p('uélrei-, ceux-ci l'enianpièreni ceiiendaid les mouvements de trouites (pii s'exèculaienl de ce point dans la direelion de Wierth. Vers

1. On savait Soullz occupe' gi'âce il la. rucoiiuaissaiice oxùcutoe le 4 au soir et ijui s'était lieuitcc à des troupes de lu division Raoull.

Suidais iriuranu-ric '\r liiriu

COMIIAITAN i>

onze heures, un escadron de uhlans franchit la Sauer à Gunstett, charg-ea des lanciers français, mais dut se replier devant une salve de mousqueterie qui lui avait tué 1 homme et abattu 8 chevaux. En même temps, deux escadrons de hussards allaient patrouiller jusqu'à Wœrth et en rapportaient des renseignements précieux. Entin, les corps d'armée eux-mêmes retrouvaient les traces de la division battue à W'issembourg et pouvaient les suivre jusqu'à ses positions de la Sauer. L'état-major allemand était désormais fixé : il savait que l'armée française avait pris position sur la rive droite de cette rivière el il était à même de baser ses cnmliinaisons sur une certitude.

Le Prince royal décida donc que ses corps d'armée, au lieu de continuer à marcher vers le sud, se tourneraient face à l'ouest et que le I' corps liavarois cl le corps wurtembergeois-badois (AVerden, encore un peu loin en arrière, seraient rappelés plus près. Le prince comptait donner à ses troupes la journée du G pour se reposer, mais il voulait qu'elles fussent assez rapprochées de l'armée de Mac-Mahon pour la tenir en arrêt et l'empêcher de se dérober vers l'ouest, si, reconnaissant trop tard son infériorité numérique, celle-ci tentait d'esquiver le combat. Il donna, en conséquence, le 5, dans l'après-midi, l'ordre à son armée d'exécuter, le lendemain matin, un changement de front, tout en demeurant concentrée autour de Soultz.

Le I" corps, bivouaqué à Preuschdorf, y restait ; le IP bavarois, arrivé à Lembach, y restait également.

Le XP corps, conversant à droite, devait se porter de Soultz sur Hœlschlack, lancer ses avant-postes vers la Sauer, occuper Surbourg et garder la route de Haguenau.

Le P' corps bavarois devait se porter de Lembach à Lobsann et Lampertsloch, poussant ses avant-postes à travers le Hochwald, vers la Sauer.

La 4' division de cavalerie restait dans ses bivouacs, mais faisait face à l'ouest.

Le corps Werder allait occuper Reimerswiller, face au sud.

Pour pouvoir prévenir si l'adversaire se dérobail, le IP corps bavarois rect'vait la mission d'observer la route de Bitche et les environs de Langcnsulzbach; il devait en nuire, au cas où le \' corps, h' jilus raijproché de nous, serait assailli brusquement, lancer immédiattement une de ses divisions sur Langelsnl/.liaeh, aliii de prendre en flanc notre attaque.

Enlin, le VP corps, arrivé le matin à Landau, recevait l'ordre de porter une de SCS divisions dans la direction de Bitche cl de Pirmasens, en faisant occuper Wissembourg par -2 bataillons. On assurait ainsi le Hanc droit du M'' corps bavarois.

Ce*^ deux dernières dispositions n'étaient pas inutiles, car le IT' corps bavarois, laissé, contrairement aux habitudes allemandes, passablement en l'air à Lembach, eût couru de gros riscpies si le n*" corps el la droile du 1" s'étaient jetés sur lui à la fois. Mallieuivusenienl. le génei'al de I-'ailly, loni à ses préoceuiialions el à .ses incertitudes, ne poiixail pas songer à l'atlaipier, iiii'iuc s'il enl coiiini sa position aventurée. (Juan! au uiarérlial, il attendait toujours Tarrisét' de la division (iuyot de Les[iaii pour livrer lialaille, el ne complaît preudiv l'offensive que le 7. Pour lui connue \u)\w \r Prince l'oyal, cette journée du C, qui vil répandre huit de .sang.

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devait être consacrée au repos, et sa pensée, tout entière aux projets du lendemain, ne se portait pas au delà des dispositions préparatoires ([u'il avait cru devoir prescrire en vue d'un mouvement offensif.

Position de Frœschwiller. — Il est temps maintenant de décrire avec quelque détail cette position célèbre que le maréchal avait choisie, sur la foi des auteurs, pour y attendre, en toute sécurité, du moins le pensait-il, des renforts qui ne lui arrivèrent pas. Elle s'étendait sur une longueur de 7 kilomètres en ligne droite, du village de Xeehwiller au village de Morsbronn, et était assise sur un plateau couvert de vignes et de bois, que projettent les Vosges entre les deux petites rivières de l'Eberbach et de la Sauer. Ce dernier cours d'eau, qui la couvrait à l'est, est difficilement franchissable autrement que sur les ponts, et bordé, sur une largeur moyenne de 800 mètres, par des prairies qui, « forçant l'assaillant à s'avancer à découvert, permettaient à l'infanterie française de tirer tout le parti possible de la supériorité de son armement'. » Au centre, le gros village de Wœrth et, plus au sud, ceux de Spachhach et de (iunstett étaient les seuls points de passage de la rivière, et celle-ci une fois franchie, il fallait, pour aborder l'armée française, gravir des pentes raides, montant jusqu'à (50 ou 80 mètres d'élévation, et couvertes de houblonnières, de vignes, d'arbres et de vergers.

Au haut des pentes, le plateau s'étale vers l'ouest, coupé çà et là pai' des bois et des taillis profonds. C'est d'aiiord le Xicdcrwalcl, desceinlaiit à l'est jusqu'à la njute de Haguenau, à l'ouest juscpi'au cours de l'Eberliacli, el délachant vers Elsasshausen un bouquet d'arbres dit le Petit-Bois. Puis, au nord-est de Fni'schwiller, le bois du même nom et la forêt de Laivjensulzbach couvraient de leur masse sombre l'aile gauche du I" corps, masquant ainsi les approches des Bavarois. Enfin, à l'ouest, sur le revers du plateau, le Grosser-Waid éteiulail ses futaies majestueuses sur une longueur pres(pie égale à celle du champ de bataille et bordait les deux côtés de la route de Reichsoffen à Frœschwiller, clef de tonte la position.

« Les sommets occupés (par nos troupes) étaient à 2,700 mètres environ des crêtes de la rive gauche, par conséipient à bonne distance pour être balayés par l'artillerie prussienne, tandis que nos pièces, d'une portée moindre, ne pouvaient riposter que faiblement. Le front était couvert par la Sauer. Mais, pour tirer parti de la protection qu'offrait ce cours d'eau, il eût fallu détruire les pouls, conunandiMles points de passage et préparer des tirs efficaces contre les abris ipii se trouvaient sur les abords; les croupes de la rive droite qui dominaient les débouchés de Gunstett, Spachbach et Wœrth auraient dû être organisées défensivement. Entiu les lianes de la position étaient en l'air.

(( Le flanc gauche pouvait èlrc loiinié |iar les bois, ce i|iii diiniiiuail la loindu point de Xeelnviller. Le liane droil n'avail d'auire appui (pie h- villa-i- de Morsbronn, dominé à l'ouest par le dernier mamelon des liauteiu's de Kro'scliwillcr. Il aurait donc été avantageux de couronner ce mamelon par lui ouvi'age cl d'occnpci' le \illagc de F(.irstliciin, ([iii conniiauiliiil le \;illou d'l''>licili;icli, par Ici

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