G6néral Derrécagaix, loc. cit., tome II, page
Iléroïcjuc charge des Cuiras.sier.s à Morsbronn.
escadrons de hussards de la colonne chargée d'enlever Morsbronn. On s'aborde, on se bat corps à corps, et nos cavaliers soutiennent ce nouvel assaut avec un courage que rien n'ébranle. Mais leurs chevaux n'en peuvent plus : à bout de souffle et de force, ils chancellent, s'arrêtent, et les quelques hommes qui restent encore en selle sont abattus tant par les sabres des hussards que par les décharges meurtrières de l'infanterie qui inonde la plaine tout autour d'eux !...
« La brigade Michel pouvait être regardée comme anéantie, ainsi que le 6° régiment de lanciers; bien peu de cavaliers dui^ent rejoindre l'armée sains et saufs'. »
Les pertes causées à l'adversaire par cette charge héroïque, dont le souvenir se perpétue dans nos jeunes générations avec son auréole brillante de dévouement et de grandeur, se bornaient à quelques hommes ; mais cependant le sacrifice de nos braves n'avait pas été stérile, car il venait de sauver le 56', de briser pour un moment l'offensive ennemie, et de permettre à la division de Lartigue d'effectuer une retraite qui fût devenue un désastre sans lui. Il avait môme ranimé par son exemple l'élan de nos fantassins épuisés, car tandis que la brigade Michel se faisait ainsi écharper, deux compagnies du 3° zouaves, renforcées d'hommes recueillis un peu partout, avaient tenté d'elles-mêmes un retour offensif sur l'Albrechtshauserdorf, et refoulé pour un moment les Prussiens. Il fallut que ceux-ci revinssent en nombre pour triompher de ces soldats énergiques, qui ne voulurent cependant reculer que lorsqu'ils se virent presque entoures et privés de leur vaillant chef, le commandant Charmes, mortellement atteint par une balle.
Attaque du Niederwald. — Retraite de la division de Lartigue. — Mais il aurait fallu désormais, pour arrêter la marche en avant des colonnes prussiennes, autre chose que des efforts partiels. L'entrée en ligne de troupes fraîches pouvait seule sauver l'armée du maréchal, et il ne restait pas à celui-ci une compagnie qui ne fût déjà engagée quelque part. L'ennemi, sûr au contraire d'être encore renforcé l)ientôt, et nous voyant plier partout, reprit donc son offensive avec une énergie nouvelle. Bientôt son attaque se dessina à la fois contre le Niederwald. et les hauteurs d'Eberbach ; le bCf, qui formait arrière-garde, essaya, au prix de perles énormes, de lui tenir tète vers ce dernier point. Mais criblé de projectiles, écrasé par les batteries de (iimslett et privé de son chef, le colonel Mena, qu'une balle venait de renverser, il dut, à la tin, céder le terraui. Les régiments de la division de Lartigue, désunis par celle longue et terrible lutte, élai(!nt tous, à ce moment, dans une confusion inexprimable, et il fallait à tout prix, sous peine de voir la retraite se changer en déroute, remettre un iieu d'ordre dans leurs rangs mélangés. Généraux et colonels s'occupaient donc à celte besogne, (piand lout à coup de nouvelles têtes de colonnes ennemies se monlrcMit derrière notre droite, du côté de Forslhcim. Cette fois, la malheureuse division de Lartigue est à deux doigts de sa piu'le totale; il faut encore que qiu'li|u'iiii se (Itmiiic pour la saiivci'... ( '.'csl li' liciilciiaiil-colonel Barriié, du T tirailleurs, (|iii iviinil eu liàlc .M)0 ou (il)0 lnuuuics cl lieu! lèlc, quelques mi-