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Ces ordres n'étaient pas parvenus à destination

4. Le dernier train de malades et.de blessés p:iiiii <\<- S:irr,'l.i>.ii- If 11 Mmn, il m .,,mt\, /oc, cil., [.;i-o 132.)

La première, formée des divisions Goze et l'Abadie d'Aydren', de la réserve d'artillerie et des ambulances, marcherait sur Lunéville par Réchicourt ; la seconde, formée du 1" corps et de la division Conscil-Dumesnil, se porterait également sur Lunéville par Blamont ; enfin, la troisième, composée des divisions Guyot de Lespart et Brahaut, s'écoulerait par Cirey et Baccarat. Quant aux d^ux divisions de cavalerie Duhesme et de Bonnemain, elles devaient précéder à une journée de marche la colonne du centre (l" corps) sur la route de Blamont.

De pareilles dispositions sont faites pour surprendre. Que la nécessité de fractionner pour vivre s'imposât, rien de plus certain. Mais pourquoi les deux colonnes du 5'' corps étaient-elles séparées par celle du 1"? Pourquoi aussi les deux divisions de cavalerie Duhesme et de Bonnemain, qui, dans ses mouvements sur la frontière, étaient toujours restées en arrière, marchaient-elles en avant, maintenant qu'on battait en retraite? Leur rôle était, non pas de précéder les colonnes, puisqu'on exécutait une marche rétrograde, mais de protéger au contraire les derrières et les flancs menacés de celles-ci. Un oubli aussi complet des règles les plus élémentaires de la guerre ne se peut réellement expliquer.

Retraite sur la Moselle et la Meuse. — Quoi qu'il en soit, le mouvement commença le 8 pour la cavalerie du 1" corps, et le 9 pour les autres troupes: mais dans quel désordre affreux !

« 11 pleuvait à verse, a écrit un témoin oculaire. Sur toute la roule, spectacle de plus en plus triste. Artillerie, cavalei'ic, inranteiie, tout était pèle-mèle ; les hommes marchaient, les uns isolément, les autres par groupes; ils n'avaient pas reçu de vivres, aussi quelques-uns se livraient à la maraude ou plutôt au pillage dans les villages près de la route. On en vuyait étendus inertes dans les fossés pleins d'eau, rompus de fatigue et ne voulant plus suivre. Au milieu de celte agglomération de pauvres diables marchant sans effets, sans souliers, circulaient lentement, péniblement, cpielques voilures de bagages eld'éclopés^ «

Ainsi, il est vraiment pénible d'a\oir à le constater, la déltandade et l'indisciiiline comnieu(;aieut à pénétrer dans les rangs de ces soldats si braves l'avanlveille, et inarcliaul inainti;nant comme un li'oupciui. (l'esl, hélas! (|ue personne n'était prépaiv à l'idée d'un revers et ipu', dans ct's eii'CDnslanres douloureuses, le conunandement lui aussi fléchissail. ('-elle relrailc ipic la \aleur di'S ii'oupes ei'd certainement |jermis d'exécuter avec ordre et niélliode, se lit, il laui bien l'avoui'r, dans des conditions déplorables, et l'absence de joule mesure d'eiiseudile, ipie l'arrolemenl général til uéyliger, liuil par lui iinpriiucr le eai-aclère d'une déi'out<\ Le même oflieici' auipiel nous avons empruiili' les ligues citées plus haut a Iraee de ce désari'oi un lableau navrant: « Le dé>oi'(lie élail, dil-il, au (-(unliic dans les élats-majors ; pei'SDune ne ronimandail, au->i pcrsoinie ne saxail ce (|u il devait faire Mabiiuelleniciil, elia(jue jour il y a un rapport, cl tout le monde se leud a la

1. Ri'diiilc à une brigade depuis que la Itrigade Lapassct en avait' été coupée.

2. De FrœnchciUer à Sedan, journal d'un olticier du l"' curps, p. ;W et 44.

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L'aniiéu uUoniuiidc : Les hu.s.sai-ils de lu mort.

Combattants

réunion pour prendre les ordres. Depuis la bataille du G, il n'a plus été question de rapport ' . »

Le pis est qu'une confusion extraordinaire dans les instructions reçues du quartier impérial augmentait encore le désarroi. Ainsi le 9, à sept heures du soir, le général de Failly venait d'arriver à Réchicourt, quand il reçut de l'Empereur l'ordre de se rendre immédiatement à Nancy. Ne pouvant parcourir d'une seule traite le lendemain la distance qui sépare ces deux points, il arrêta le 10, à Lunéville, sa colonne de droite, et à Baccarat sa colonne de gauche, avec l'intention de les diriger le 11 sur leur nouvelle destination. Mais à Lunéville on apprit que l'ennemi s'avançait rapidement vers la Meurthe et que ses avant-gardes avaient atteint déjà la ligne de la Seille, à Dieuze, Marsal et Château-Salins. Le commandant du b" corps se trouvait donc dans un embarras cruel, et d'autant plus pénible que le maréchal de Mac Mahon, arrivé également le 10 à Lunéville avec le 1" corps auquel l'ordre impératif de se rendre à Nancy ne s'appliquait pas, avait jugé prudent, pour éviter toute rencontre avec l'ennemi, d'appuyer vers le sud et de marcher le 11 sur Bayon, point vers lequel sa cavalerie était déjà en route.

Le général de Failly alla exposer ses perplexités au maréchal; mais celui-ci, ne se considérant plus comme commandant supérieur du 5' corps, puisque le quartier impérial envoyait à celui-ci ses ordres directement, se borna à répondre que, pour son compte personnel, il abandonnait la direction de Nancy, considérée par lui comme trop dangereuse, et que même il avait envoyé au général Ladreit de la Charrière, commandant la subdivision de Nancy, l'ordre de faire sauter les ponts. Le général de Failly, pas plus avancé qu'auparavant, quitta alors le maréchal, en le priant d'envoyer de nouvelles instructions au général de la Charrière pour qu'il attendît l'arrivée du 5° corps avant de faire sauter les ponts', et s'en alla donner les ordres de départ. Mais voici qu'à dix heures du soir, au moment où les troupes allaient se mettre en route, arrivait un officier du grand état-major général, porteur d'une nouvelle dépêche :

« Dans le cas où vous vous verriez devancé à Nancy par l'ennemi, pour ne pas vous mettre dans la nécessité de lutter contre des forces supérieures, vous devriez, tout en continuant votre marche, prendre une direction plus à gauche, vers Langres, par exemple; cette éventualité venant à se réaliser, vous auriez à la faire connaître à l'Empereur. De Nancy, l'Empereur vous appellera à Metz ou vous indiquera votre retraite soit sur Chàlons, soit sur Paris. )>

La situation changeait du tout au tout, et le 5° corps n'avait plus évidemment d'autre parti à prendre que d'imiter le 1". Le 11, il se dirigea donc sur Charmes, où le rejoignit la colonne qui était à Baccarat. Ce même jour, le 1" corps arrivait à Bayon, où un convoi de munitions, fort de 30 caissons, lui était amené par le capitaine d'artillerie Anfrye.

Cependant, dès la veille, le maréchal avait prévenu télcgraphi(picment le général

1. De Frceachiciller à Sedan, journal d'un nlficicM- du l" corps, \rà\iii 38. -i. Opérations et marches du 5° corps, page iio.

de la Charrière, à Nancy, que le mouvement de retraite s'effectuerait sur Bar-le-Duc, en évitant Nancy et Toul, et que tout ce qui se trouvait à Nancy et à Lunéville devait être évacué sans délai sur Chàlons. «. Les hommes des 1" et 5° corps, disait le télégramme, et tous les convois qui seraient envoyés à leur destination, devront rétrograder sur Chàlons d"où on les rappellera au besoin. Les employés du télégraphe devront continuer leur service jusqu'à l'arrivée de l'ennemi; alors seulement ils devront emporter ou briser leurs appareils. » Le général de la Charrière quitta, en conséquence, Nancy dans la matinée du 11, après avoir communiqué les instructions du maréchal à la Compagnie de l'Est, et celle-ci se trouva réduite à sa seule ingéniosité pour ramener en arrière tout le personnel et l'immense matériel roulant que les transports de troupes avaient, depuis le 18 juillet, disséminés sur la ligne principale et ses embranchements divers. Rien qu'à Nancy se trouvaient plus de cent machines locomotives et une immense quantité de voitures et de trucs.

Un homme, dont le nom ne doit pas être oublié, un ingénieur émérite doublé d'un courageux citoyen, M. Jacqmin, mort il y a quelques années directeur de la Compagnie de l'Est, trouva dans son dévouement et celui de ses agents le moyen de sauver des mains de l'ennemi tout cet immense et précieux matériel. Dès le 11 août, à huit heures du matin, l'évacuation avait commencé; le 13, elle était terminée, et les Allemands, en entrant ce même jour à Nancy, n'y trouvèrent qu'une machine de gare hors de service '.

Donc, le 1^2, le 1" corps se remit en route et vint camper à Haroué, sur le Madon. Quant au 5°, il n'avait pas encore quitté Charmes, lorsque parvint à son chef, vers huit heures du matin, une dépèche du quartier impérial lui enjoignant de « marcher sur Toul aussi vite que possible ». Mais la rapidité des mouvements n'était point chose aisée dans ce moment : le 5' corps ne put pas repartir immédiatement, et bien lui en prit, car à trois heures trente-cinq du soir arrivait un nouveau télégramme, absolument contradictoire du précédent : « Vous avez reçu ce matin, disait le major général, l'ordre de vous diriger sur Toul ; l'Empereur annule cet ordre et vous prescrit de vous diriger sur Paris en suivant la route qui vous parait la plus convenable. Accusez réception. » C'était positivement à n'y plus rien comprendre; le général, décidément livré à lui-même, prit le parti de se séparer du 1" corps dont le contact provoquait la démoralisation de ses troupes et augmentait leurs privations, et se dirigea sur Mirecourt, pour gagner de là Lamarche et Chaumont. Il eut la sage précaution, en se retirant, de faire détruire les ponts de la Moselle par la division Brahaut et des détachements du génie transportés en voilure *, puis il avisa le quartier impérial de la direction qu'il venait de choisir.

Arrivée du 1" corps au camp de Châluns. — Pendant ce temps, le 1" corps continuait sa pénible retraite. Arrivé le 14 àNeurchàteau, son chef fit domand.'r par télégramme au siège de la Compagnie, à Paris, de transporter à Chàlons, soit à une

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