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tère du départ de l'armée de Chàlons, un télégramme changea la destination des convois; ceux qui étaient déjà en route furent dirigés sur Reims par Éi>ernay; les autres gagnèrent Reims par Soissons.
Ainsi ce transport de 50,000 hommes, 12,000 chevaux et 1,300 pièces ou voilures était terminé sans encombre : 108 trains, de 50 à 60 wagons chacun, avaient sillonné les lignes de l'Est, de Lyon et du Nord, se succédant parfois à quelques minutes d'intervalle, et opéré à Reims la concentration des trois corps d'armée que le désastre de Frœschwillcr condamnait à abandonner l'Alsace. C'est là un tour de force véritable qu'ont accompli les compagnies de ciiemins de fer, et les Allemands eux-mêmes l'ont signalé comme dépassant ce qui a été fait sur leurs propres lignes, où la préparation passait cependant pour si complète et si minutieusement réglée \
Par suite de ces mouvements, les 1", 5° et 1" corps se trouvaient enlin, le ^^ août, réunis ensemble. C'était la première fois, depuis le 5, jour où ils avaient été placés sous le commandement du maréchal de Mac Mahon, que cette jonction pouvait s'opérer.
III. Marche de la HT armée allemande vers la Meuse. — Pendant la journée du 7 août, le prince royal de Prusse laissa reposer ses troupes sur les emplacements où elles avaient livré, la veille, un si dur combat. Toutefois la division badoise, qui devait être dirigée sur Strasbourg pour en faire le siège, fut envoyée à Ilaguenau ; la 2° division bavaroise gagna Oberbronn, et le 11° corps bavarois se rassembla à Niederbronn.
Le 8, l'armée tout entière se mit en mouvement pour franchir les Vosges. A droite marchaient les deux corps bavarois, flanqués à quelque distance par la i2° division (du VP corps)-; au centre, la division wurtembergeoise formait l'avant-garde du V" corps ; à gauche, le XI' corps précédait la 4° division de cavalerie, qui ne devait s'engager dans les défilés qu'après lui. Enlin la division badoise gagnait Brumath, où elle s'établissait en observation devant Strasbourg. La IP division et l'artillerie du VP corps, ainsi que la 2° division de cavalerie, n'ayant pas encore rejoint, arrivaient en arrière. Les convois y étaient laissés également, et ne devaient suivre qu'à deux journées de marche; par suite, les troupes emportaient avec elles trois jours de vivres de réserve, c'est-à-dire de pain ou biscuit, de riz, d'orge mondé ou gruau, de sel et de café.
Échec devant Ditche. — Dès ce même jour, le II" corps bavarois et la 12" division, passant à portée de la place de Bitche, étaient accueillis par un feu très vif, que les canons de la place dirigeaient sur leurs avant-gardes. Une batterie bavaroise essaya d'y répondre, sans succès, et se retira avec quelques pertes.