‹ Les combattants de 1870-71Chapitre 83 sur 262 · Jacqmin, loe. cit., page · texte numérisé non relu

Jacqmin, loe. cit., page

2. La 12° division avait pour mission, non sculcuicnl do llamiuer la 111" armée, mais do prêter assistance à la 11°, si cela était nécessaire. Ci'oyant en eO'et que lo maréchal s'était retiré par Bitche, M. de Moltke avait prescrit au prince Frédéric-Charles d'envoyer ù Rohrhach une division do cavalerie et le IV» corps, pour nous couper la retraite. On voit quel danj^or monai;ait le maréchal s'il s'était retiré par le nord.

L'état-major bavarois, reconnaissant alors que ses efforts seraient vains, se décida à tourner la forteresse en laissant devant elle un bataillon et un escadron ; au prix de grandes diftlcultés et par un détour considérable, il y parvint, tandis que la 12" division en faisait autant de son côté ; puis les deux troupes continuèrent leur route.

Prise de Lichtenherg. — Cependant la division wurtcmbergeoise, remontant l'étroite vallée du Zinstel, s'était heurtée à son tour à la petite place de Lichtenberg, qui lui barrait la route. Le 9 août, le général d'Obernitz détacha contre celle-ci, avec mission de l'attaquer, deux bataillons de chasseurs, un demi-escadron, deux batteries légères et un détachement de pionniers, le tout sous les ordres du général de Hiigel.

Les deux batteries ouvrirent le feu immédiatement, d'abord à 1,800 mètres, puis à 1,000 mètres; on essaya même d'utiliser une mitrailleuse capturée à Wœrth, mais celle-ci refusa bientôt le service. Le fort, pendant ce temps, ripostait avec énergie. Sous la protection de l'artillerie, l'infanterie essaya alors de brusquer l'assaut; mais la place était en bon état, et l'artillerie de campagne impuissante à y faire une brèche; tout ce que purent les chasseurs fut de venir s'embusquer à 100 mètres des remparts. Quant aux pièces allemandes, laissant les murailles sur lesquelles elles n'avaient produit aucun effet, elles tirèrent désormais dans la ville, pour l'incendier.

Le général d'Obernitz, informé de ce piètre résultat, envoya vers midi une batterie lourde, qui parvint à allumer. l'incendie. « La garnison continuait cependant à ne montrer aucun signe de découragement; un parlementaire, envoyé pour la sommer de capituler, était reçu à coups de fusil'. » Le général d'Obernitz se décida alors à la retraite, ordonna de cesser le feu, et, vers quatre heures du soir, la division wurtembergeoise reprit sa route, laissant pour bloquer la petite place le 1"' ])ataillon de chasseurs, dont le chef, le lieutenant-colonel de Sieigel, était tué raide, au moment oii il s'établissait dans ses positions de blocus.

Mais, pour se retirer, les autres troupes subissaient de fortes ])ertes. En dépit des canons qui tiraient sans relâche, les défenseurs leur envoyaient salve sur salve « et, tout entiers à l'action, ne semblaient pas se préoccuper d'éteindre l'incendie" ». Celui-ci prenait cependant des proportions effrayantes; bientôt la liatterie lourde, déjà en retraite, revint prendre position pour l'activer eneitre et lit écrouler sous ses projectiles le pavillon principal. La position n'était plus ti'iiable. Une fumée noire et épaisse aveuglait la garnison que les murs, en s'abattanl, ensevelissaient sous leurs décombres. Le fort n'était plus qu'un immense brasier, jetant au loin des gerbes d'étincelles... .\ huit heures du soir, le sous-lieutenant .\rclier, du !)(')" de ligne, qui cniiiiiiiiiiihiit l;i pliicc, iliiiuia l'dnlrc de drliMiire l(iut le matériel, de noyer ce qui restait de jxjinhv cl d'eiielouer les canons. Il disliilma à ses hommes le reli(iuat des

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