‹ Les combattants de 1870-71Chapitre 85 sur 262 · La Guerre franco-allemande, jiagc · texte numérisé non relu

La Guerre franco-allemande, jiagc

: 3. Essayer do démolir dos marailles on bon élal, et abritant des dél'enseurs résolus, avec de l'artillerie de campagne, constituait une tentative assez insolite, que l'état-major allemand s'est cru obligé de justifier. D'après lui, l'ordre envoyé au général de Gersdorff aurait dû porterie mot einsehiessen (bloquer), tandis que, par une erreur do copie, il portait le mol cinsehliesaen (lioniliarder). {La Guerre franco-allemande, page 384, notes.)

4. Le maire de Lunéville eut la faiblesse, pour no pas dire plus, de rcmcttro au capilaino conunatidant l'escadron du 2"= hussards qui so présenta devant ses murs, les clefs d'or do la ville, avec une lettre adressée au l'i'inco royal, par laquelle il s'engageait à faire droit à toutes les demandes des

taire, qui d'ailleurs fut reçu à coups de fusil, sommer la place de Marsal, située à proximité, de se rendre. Enfin, la 11° division (du Vl° corps), toujours en arrière, arrivait à lngwiller\

Investissement de Strasbourg et de Phalshourg. — Pendant ce temps, la division badoise s'était, dès le 8, portée de Brumath vers Strasbourg ; sa cavalerie, suivie de six compagnies d'infanterie montées en voiture, avait paru sur les glacis et échangé des coups de feu avec la garnison, qui semblait très peu disposée à capituler sur simple sommation ; il avait donc fallu se borner à couper la voie ferrée de Strasbourg à Lyon, ainsi que les télégraphes. Cependant, le 10, M. de Moltke adressait au général de Berger un télégramme lui enjoignant de s'opposer à tout ravitaillement de la place, et lui annonçant des renforts pour un blocus complet, qui paraissait la seule solution possible. En conséquence, la division badoise fut détachée de la IIP armée et s'installa autour de la ville, dans des posilions que nous étudierons plus loin, en détail.

Deux jours plus tard, le 12, la 11' division, enfin arrivée d'IIaguenau avec l'artillerie du VI" corps, se présentait devant Phalshourg pour l'investir. Le généralmajor d'Eckartsberg, avec un bataillon de chasseurs, un régiment d'infanterie, un escadron et une batterie de 6, entourait la place, poussait ses avant-postes jusqu'aux abords des glacis, et sommait, pour la seconde fois, le commandant Taillant, qui refusait encore de capituler ^ Au feu de la batterie prussienne, qui tire sur les parties des remparts où elle aperçoit des travailleurs, la place riposte sans tarder, et fait subir aux avant-postes ennemis une perte de 18 hommes, dont 5 tués. En vain le général de Tumpling, qui veut en finir, fait-il avancer un régiment nouveau avec toute l'artillerie de corps et diriger le lendemain sur la forteresse, complètement investie, le feu de dix batteries postées à une distance moyenne de 3,000 mètres; en vain allume-t-il des incendies dans la ville, qui, de sept heures et demie du matin à cinq heures du soir, reçoit 1,800 projectiles: le commandant Taillant -oppose une invincible énergie à toutes ces tentatives et une fin de nonrecevoir absolue aux offres de capitulation qui lui sont faites. Le général de Tumpling est oldigé de reconnaître qu'il ne viendra pas à bout de la place avec des pièces de campagne^ et reprend, dès le soir du 14, son mouvement sur Sarrebourg. Deux bataillons et un escadron sont laisses pour observer la forteresse, et y restent jusqu'au -21, date où ils sont remplacés par des troupes de la laudwehr. Nous verrons plus tard co qu'il advint de cette courageuse ville et de son glorieux défenseur.

troupes allemandes et sollicitait, en échange, protection pour la cité et ses habitants. Do semblables défaillances, heureusement rares, sont douloureuses à relater ; mais il serait indigne de l'histoire do les taire, et surtout de ne pas les stigmatiser.

1. Un régiment de cette division, le 5" dragons, laissé pondant la période de concGiitratlon dans le Palatinat pour éclairer la frontière, rejoignait ce môme jour, 12 août, la III- armée. Apprenant en route les résultats do la bataille de Frœschwillcr, il eut la malencontreuse idée de se porter vers Bitclie, pour essayer d'y rencontrer des troupes en rcti'aito. Il no rencontra personne, mais reeut de la place une salve de mousi|Uêtcrie qui lui abattit 9 hommes, dont l tués sur le coup.

Page 1