Ibid., page a
Marche vers la Moselle. — Dans l'après-midi du 12, le Prince royal donna l'ordre de continuer la marche vers la Moselle et, quelques heures plus tard, une dépêche émanant du grand quartier général et datée de Saint-Avold indiquait comme objectif de la IIP armée la ligne Lunéville-Nancy. On se remit donc immédiatement en route, tandis qu'un escadron de la 4' division établissait, à Château- Salins, la liaison avec la II" armée et que l'avant-garde de cette division investissait Marsal, sommait le capitaine Leroy, commandant de cette place, de se rendre, et éprouvait un refus formel.
Le prince Albrecht fit alors avancer ses deux batteries à cheval et tirer sur la ville 87 obus, auxquels on ne put répondre que par un seul coup de canon, la o-arnison ne comprenant pas un artilleur; mais comme des détachements s'étaient aventurés jusque sur les glacis, ils furent accueillis à coujjs de fusil, et, devant la persistance de la garnison à refuser toute capitulation, la division dut se résoudre à abandonner la partie, laissant devant Marsal quatre escadrons que releva bientôt l'avant-garde du IP corps bavarois.
Occupation de Nancy. — Le lendemain, 14 août, la 4' division atteignait Nancy et occupait la ville sans coup férir. Un de ses régiments, lancé plus en avant encore, capturait des correspondances françaises datées de Metz qui signalaient l'arrivée sous les murs de la place de l'armée de Bazaine, et la formation de l'armée de Ghàlons. En même temps, la cavalerie reconnaissait, non sans grande satisfaction, que l'armée française en retraite avait négligé de faire sauter les ponts de la Moselle à Frouard et à Pont-Saint-Vincent, et que le seul pont détruit était celui de la Basse-Flavigny, situé en amont. Elle avisait de ce fait la IIP armée qui atteignait, ce jour-là, la ligne Moyenvic-Lunéville et s'emparait, dans celte dernière localité, d'approvisionnements considérables, en avoine surtout. Enfin on apprenait que le maréchal de Mac Mahon s'était replié sur ( Ihàlons, tandis que de fausses rumeurs signalaient le général de Failly comme ayant jtris position dans les Vosges méridionales.
Prise de Marsal. — Pendant ce temps, la 7" brigade l)a^■aroise (11' corps), aidée de la brigade de uhlans et de 7 batteries de la réserve d'arlillerie, investissait Marsal. Le malheureux capitaine Leroy ne se crut pas en état, n\ec sa failde garnison et ses moyens insufhsants, de résister à ces forces imposantes, et, ajjrès un feu de quelques instants, il se décida, le 14, à signer la capitulation de la place. Les Bavarois s'emparèrent ainsi de 60 bouches à feu, 3,000 fusils, et d'approvisionnements considérables que le cajjitaine Leroy eut le tort de ne i»as délruire. Ce matériel devait malheureusement (Mre utilisé |ilus tard contre nous, nolainmcnl pendant le siège de Toul '.
1. Le capitaine Leroy il, pour ce lait, été sovèromoiit l)l;Viuo par lo conseil d'ciiiiiiclc pi'.'Milc par le maréchal Baraguey-d'Hilliers (voir le numéro du Journal officiel du 5 mai li>12).
RETRAITE SUR CHALOXS 215
Positions le 16 août. — Les deux journées suivantes furent employées iiar la HP armée à jjoursuivre son mouvement en avant. Le 16 au soir, au moment où linissait la bataille de Rezonville, elle occupait les positions que voici :
4" division de cavalerie, à Pont-Saint-\'incent, au confluent du Madon et de la
Moselle, avec ses avant-postes poussés en avant. Xr corps, à Bayon, sur la Moselle.
Il" corps bavarois, à Nancy.
V' corps, à Saint-Nicolas-du-Port.
Division wurtembergeoise, à Sommerwiller.
/" corps bavarois, à Einwiller.
Vr corps, à Blamont.
2° division de cavalerie (qui avait rejoint l'armée le 15), à Ogerviller et Montigny,
couvrant la gauche de l'armée \
Dans l'après-midi du 16, les escadrons d'avant-postes du 11° corps ])avarois, s'étant avancés vers Tout, furent témoins d'un engagement qui avait lieu sur la rive nord de la Moselle et du canal de la Marne. La brigade de uhlans se porta aussitôt à Dommartin, et, pour faire une diversion utile, lit ouvrir le feu contre la place par sa batterie à cheval. Mais cette démonstration ne parut pas produire grand effet, et le combat ayant bientôt cessé au nord, la cavalerie bavaroise se retira sur Gondreville. On apprit alors que le combat auquel elle venait d'assister avait été livré par l'aile gauche de la IP armée et qu'ainsi la jonction des deux forces, effectuée depuis quelques jours déjà, existait toujours.
Nous allons maintenant laisser l'armée du Prince royal continut'r son mouvement vers la Meuse. La situation des forces sur les différents théâtres d'upéralions impose un retour en arrière et nous oblige à ne pas retarder davantage le récit des opérations, pleines à la fois de gloire et de douleurs, qui se sont déroulées dans les vallées de la Sarre et de la Moselle. Nous nitrouverons plus tard les deux adversaires de Frœschwiller de nouveau face à face, et nous verrons leurs soldats encore une fois aux prises dans les champs si tristement célèbres de Beaumont et de Sedan.
1. Cette précaiifloii iMait |ii'iso |i:ir siiilo de la iicrsistaiico dos niiiieurs qui assii;iiaioiit au 5'' corps IVani-ais une position d'attente dans les Vosges méridionales.
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