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CHAPITRE PREMIER BATAILLE DE S PI Cil EH EN

Nous avons quitté les deux premières armées allemandes au moment où elles terminaient leur concentration, la T" arnu'e sur la Sanv, de son eonlliient à Sarrcbriick, la II" sur la ligne du Hliin.

Mnrdics de l;i IT urnirr nl/rniniidc dop/iis In SO jnillcl. — Le -2'.) Juillet, la IL armée, ddiil relïeclif allail liieuji'il alleiiidre les eliinVes de "237,"2(i() hommes, ",:\V.) ehevanx el 5i(i pièces', avait, en exécution des ordres du généralissime, franchi le fleuve el marché, sous la protection de la cavalerie, vers la frontière française. Déjà, à cette date, l'élal-major allenumd était rassuré sur les craintes d'une alliance eiilre l'Aulriche et la France, et fixé sur l'énorme supériorilé numé-

1. Ces effectifs sont ceux que la 11° arraée comiJta h la date du 3 aofit, quand les transports stratégiques furent complètement terminés.

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Cartes pour servir à l'intelligence de la Bataille de Spicheren.

28 COMUAÏTANTS

rique des forces dont il disposait ; il connaissait en outre les entraves qu'apportait à notre offensive la pénurie des effectifs. Néanmoins, le prince Frédéric-Charles ne fit exécuter la marche en avant qu'avec une extrême prudence et n'aventura sa cavalerie qu'en la soutenant d'assez près par de forts détachements d'infanterie. Il prit soin de rester constamment en liaison avec les I" et IIP armées, et avant d'ahorder la longue et dangereuse zone boisée qui s'étend à l'ouest de Kaiserslautern jusqu'au cours de la Sarre, il fit arrêter un moment ses troupes de première ligne sur une position défensive, formée par la Lauter, petit affluent de la Nahe.

C'est que, malgré leur connaissance exacte de notre faiblesse, les généraux allemands craignaient encore que l'immobilité persistante de nos corps ne cachât quelque piège. Ils ne s'expliquaient pas pourquoi on avait ainsi jeté ceux-ci sur la frontière, encore incomplets et dépourvus du strict nécessaire, si ce n'était pour risquer en Allemagne une irruption hardie, destinée, par sa soudaineté, à mettre la confusion dans leur propre concentration. Dans l'incohérence de notre dispositif sur un front disproportionné, ils ne parvenaient point encore à discerner des projets accusés et ils se méfiaient, malgré eux, de cette attitude strictement défensive qui leur paraissait si peu conforme au tempérament français. Aussi leur stratégie restait-elle assez indécise, et leur marche vers la frontière ne s'exécutait-elle qu'avec les plus grandes précautions. Des étapes courtes, une cavalerie poussée très loin et cherchant, par tous les moyens, à déchiffrer l'énigme d'une situation demeurée fort obscure, une activité plus grande imprimée aux débarquements qui n'étaient pas encore terminés, enfin des fronts de marche resserrés et des corps disposés de manière à pouvoir toujours, le cas échéant, se prêter un appui réciproque, telles sont, durant cette période, les caractéristiques des mouvements assurément fort judicieux de l'ennemi.

Cependant, le 3 août, l'horizon parut s'éclaircir. Ce jour-là, les avant-gardes de la 6° division de cavalerie, qui patrouillaient à une demi-journée de marche de la frontière française, à l'est de Neunkirchcn, furent avisées du combat qui s'était livré, la veille, à Sarrebruck. En même temps, un télégramme du grand quartier général donnait connaissance au prince Frédéric-Charles do notre démonstration sur ce point, en des termes qui semblaient y voir le prélude de l'offensive attendue chaque jour. Le prince répondit qu'il prenait des mesures pour la recevoir, mais lança néanmoins à la découverte des escadrons qui ne tardèrent pas à rétablir les choses sous leur vrai jour. Non seulement l'armée française ne marchait pas de l'avant, mais elle n'occupait même pas Sarrebruck, et ses reconnaissances ne dépassaient que fort peu la frontière, pour y rentrer aussitôt qu'elles apercevaient la cavalerie prussienne. Certes, ce n'étaient pas là les indices d'une offensive sérieuse, et les Allemands pouvaient désormais, sans crainte d'être brusquement attaqués, pousser à travci's un pays libre de tout ennemi jus(ju'à la Sarre et la Hlics, où se trouvairnl évidcmniciil les forces françaises.

Aussitôt, M. de Moilke prescrivit, par un télégraïunie <hi!r du même jour, de profiter immédiatement de ces circonstances lavoi'ables. — « L'ajournement du mouvement des Français, disait-ii, permet de compter que, pour le (» de ce mois.

la II" armée pourra se trouver déployée en avant de la zone boisée de Kaiserslautern.

La IIP armée franchit, demain, la fronliére h Wissembourg. Offensive générale

projetée sur toute la ligne. » En même temps, il envoyait l'ordre à la V armée de se porter, le 4, vers Tlioley, afin d'assurer à la 11° sa coopération pour la bataille probable. Toutefois, prévoyant encore le cas où il ne serait pas possible d'empêcher r ennemi de se porter rapidement en avant, il invitait le prince, si cette éventualité se produisait, à se concentrer derrière la Lauter, tandis que le général de Steinmetz viendrait alors grouper ses forces entre la Nahe et la Glan, formant ainsi avec lui une ligne en équerre contre laquelle se serait infailliblement brisée l'offensive française, si elle s'était produite à ce moment.

Mouvements de la I" armée. — Mais déjà l'Empereur et le major général avaient renoncé, par force, à toute tentative de ce genre, et les corps français s'usaient, comme nous allons le voir, en mouvements de navette qui n'aboutissaient à rien, sinon à révéler d'une manière trop claire l'irrésolution du commandement Les renseignements fournis par les reconnaissances allemandes, hardiment exécutées, confirmaient d'autre part les généraux en chef des deux premières armées dans cette idée qu'ils n'avaient rien à craindre ; quelques-unes même laissaient supposer que nous battions en retraite. Il n'y avait donc plus à hésiter. La 11° armée s'engagea dans la fameuse zone boisée, et atteignit le 6, par ses divisions de première ligne, le front Neunkirchen-Deux-Ponts. Mais il arriva que, pendant cette marche, les escadrons qui exploraient sur sa droite, durent, un moment, traverser les cantonnements de la I" armée. Un conflit menaça de s'élever entre les deux commandants en chef; le prince Frédéric-Charles adressa à son collègue un télégramme assez sec, oîi il lui disait d'appuyer à droite, pour éviter les collisions ; le général de Steinmetz s'empressa de n'en rien faire, et il fallut que M. de Moltke intervînt lui-même pour régler le différend. Il envoya, en consé- (pience, à la V armée l'ordre d'évacuer, dès le 6, la route Saint-Wendel-Tholey, htut en restant autour de ce dernier point. Mais ses instructions demeurèrent lettre morte, et voici comment :

Depuis le commencement de la campagne, le général de Steinmetz souliailait ardemment d'attirer sur lui les forces de l'adversaire, « ainsi qnil l'avait fait avec un plein succès à l'ouverture de ia campagne de 1860'. » Par suite, aussitôt la nouvelle du combat de Sarrcbruck connue, il avait formé le |n-{ijcl de se jeter en avant, et ne s'était conformé qu'à contre-cœur aux ordres du roi hii enjoignant de prendre position en arrière, à Tholey. Bien phis, craignant, s'il y restait, d'èire devancé sur la frontière par le prince Frédéric-Charles et de se trouver ainsi privé de l'honneur de frapper les premiers coups, il prit sur lui, le 5, de passer outre aux instructions de M. de; Moltke, et de dégager la II" armée, non pas en faisant appuyer la sienne à droite, comme on le lui ordonnait, mais bien en la ramenant sur la Sarre, par un mouvement général. Le résultat de cette marche imprévue fut la hataillc de

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