‹ Les combattants de 1870-71Chapitre 89 sur 262 · La (îiii'rro ffdnco-nllcmanilr, piigi · texte numérisé non relu

La (îiii'rro ffdnco-nllcmanilr, piigi

2. C'est à la suite de cette reeoiinaissauce que M. de Moltke donna l'ordie de faire le lendemain dos démonstrations qui inquiéteraient le général de Failly et l'empêcheraient de rejoindre le maréchal.

On sait .'i quel point il a réussi.

.'(. La Gncrrc franco-allemande, pa.ico Kll.

de son attaque ; si celle-ci réussissait, on jetterait alors sur la Sarre les r° et II' armées, en les faisant soutenir sur leur flanc gauche par la 111°. Mais, en attendant, on pouvait toujours, sans danger aucun, dégager les troupes du prince Frédéric-Charles de la zone montagneuse et boisée qui entravait leur dé]iloiement et les rapprocher encore davantage de notre frontière. En conséquence, le 4 août, le chef d'état-major général envoyait l'ordre à la IP armée de reprendre sa marche, atin de sortir des défilés, et de se déployer en avant d'eux, sur un front assez large pour lui peimettre à volonté, soit de pousser plus avant, soit de livrer bataille. Après le mouvement exécuté, elle aurait eu, en première ligne, un corps d'armée établi sur chacune des quatre grandes routes qui conduisent de la ligne Neunkirchen-Deux-Ponts sur la Sarre et la Blies'. Les deux divisions de cavalerie devaient continuer leur service en avant, et deux corps, les Xl° et Xir, former réserve. Eniin les gros bagages et une partie des trains restaieni provisoirement en arrière, pour ne pas gêner l'écoulement des troupes dans les défilés qu'elles avaient à Iraverser.

Dispositions adoptées pour aborder la Sarre. — Cet ordre fut mis à exécution le 5; or, ce jour-là même, le général de Steinmetz opérait de son côté le mouvement sur la Sarre dont il a été question plus haut. La 11° armée se trouva donc enchevêtrée dans les corps de la l'\ et les dispositions prescrites par M. de Moltke devinrent en partie inexécutables. Le conflit soulevé entre les deux commandanls en chef allait par suite en s'accentuant, et eût probablement pris une acuilé nouvelle sans la diversion que vint apporter l'engagement du lendemain. Mais, en résumé, et bien que n'ayant plus toute la liberté de manœuvre désirable, il n'est pas moins vrai que les forces allemandes, arrivées à une très petite distance de notre frontière, présentaient maintenant, sur un front restreint et une profondeur équivalente à une seule journée de marche, des forces auxquelles les nôtres u'èlaieni certainement plus en état de résister.

D'ailleurs, pour bien comprendre les événements qui vont suivn-, il est indis- Ijensable d'exposer avec quelque détail les mouvements prescrits aux deux armées allemandes, et de préciser les emplacements qui leur étaient assignés jioiir la joni'née du 6.

I" armée. — En vertu des ordres du général de SleinmcM/., le WV corps devait s'avancer jusqu'à 3 kilomètres de la Sarre; la 13° division à l'ulllingen, avec l'avanlgarde à Wôlklingen ; la 14° division à Guichenbach, avec l' avant-garde à Sarrchruck. Le VIII° corps, partant de liettingen et de Lebach et placé un peu en arrière, mettait également ses têtes de colonne en marche vers ce point. Le \" corps, qui venait d'être tout récemment adjoint à la P° armée, venait en deuxième ligne, ainsi que la 1" division de cavalerie, et s'avançait à environ une journée de marche de l'échelon formé par les VII° et*\'lir corps.

1. Ces route» sont celles: 1° de Neunkirelioii à Sarrobnick ; 2° do IIoinbourK à Saitil-Joan, par Saiiit-Ingljort; 3° de Hombourg à Sarregucmines; 4° do Eiiiod à Robrbacli.

ir armée. — Dans la IP armée, les différents corps avaient ordre de gagner les positions suivantes :

IIP corps à Neunkirchen, avec son avant-garae à Sarrehruck ;

Garde à Hombourg ;

IV° corps à Deux-Ponts, avec son avant-garde à Neu-Hombach ;

X^ corps à Waldmohr ;

IX° corps à Landstuhl.

C'est-à-dire que la IP armée devait, une fois le mouvement terminé, se trouver placée sur deux lignes : la première, formée des IIP, IV° corps et de la garde, sur un front de 25 kilomètres; la deuxième, formée des IX° et X^ corps, sur un front de 18 kilomètres, et aune distance de la première de 15 kilomètres environ. Enfm, le XIP corps, encore en arrière, à Kaiserslautern, constituait une troisième ligne.

Bien entendu, les 5° et 6° divisions de cavalerie ne cessaient pas de précéder l'armée et de l'éclairer en avant.

Cette disposition des forces devait amener sur la Sarre, ou très près d'elle, le soir du 6 août, quatre corps d'armée' et deux divisions de cavalerie.

On ne comptait, d'ailleurs, attaquer nos positions que le 7 ou le 8.

Mais on remarquera que deux avant-gardes, appartenant chacune à une armée différente, avaient reçu pour objectif le même point de Sarrebruck. Etant donnée la distance où elles se trouvaient de la Sarre, cette coïncidence devait provoquer en ce lieu leur rencontre à peu près inévitable. Aussi, dans l'irritation que lui causait l'attitude du général de Steinmetz, le prince ordonnait-il, le 6 au matin, au commandant du IIP corps, d'employer la force, si besoin était, pour faire évacuer la ville par les troupes de la P" armée ^ On va voir comment l'impatience du général de Steinmetz lui évita l'obligation de recourir à une pareille extrémité.

Cavalerie. — Pendant ce temps, les 5° et 6" divisions de cavalerie étaient chargées d'exécuter une forte pointe contre la ligne ferrée de Sarreguemines à Bitche, pour maintenir sur ce point le général de Failly. Dans la nuit du 5 au 6, elles recevaient l'ordre de se tenir en contact immédiat avec l'ennemi, de chercher à faire des prisonniers et de rapporter soigneusement /ou/ ce qu elles pourraient apprendre sur la direction de la retraite éventuelle des Français. Il leur était spécialement recommandé, surtout, de se porter vivement dans la direction de Rohrbach\

Telles étaient les dispositions prises par le grand état-major allemand pour aborder la frontière de la Sarre. Abstraction faite des circonstances particulières dues à l'ardeur un peu inconsidérée du général de Steinmetz, on est obligé de reconnaître qu'elles témoignent d'un puissant esprit de suite et d'une science remarquable du groupement des forces. Il est assez piquant de constater, toutefois, que \o mémo jour, et à quelques lieues de distance, deux batailles se sont engagées simuitané-

1. Cinq même, si l'on compte la garde, désignée pour occuper Hombourg, à quelques kilomètres en arrière de la ligne Neunkirclien-Deux-Ponts.

2. Colonel Cassonge, loe. cit., page 75. — La Guerre franco-allemande, page 21)7.

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