La Guerre franco-allemande, pa;e
2. C'est en donnant ccl ordre que le prince autorisait l'emploi éventuel de la force pour chasser de Sarrebruck la 14" division.
inême\ » Il s'occupa aussitôt de faire exécuter quelques ouvrages de campagne aux deux ailes de sa ligne de bataille. De son côté, le général de Laveaucoupet chargea son chef d'état-major, le lieutenant-colonel Billot, de faire, en compagnie du commandant du génie Peaucellier, une reconnaissance sur le front de sa division. C'était le moment précis où l'escadron prussien, parvenu jusqu'au Gifert-Wald, était obligé de tourner bride sous le feu de nos canons, et personne ne pouvait voir dans cette escarmouche insignifiante le prélude d'une grande Ijataillo. Les deux officiers supérieurs poursuivirent donc leur inspection, mais leur attention fut attirée par des lignes de tirailleurs assez épaisses qui se montraient en avant de Sarrebruck, et par l'arrivée de batteries d'artillerie sur l'Exercir-Platz. Quelques minutes après, la lutte s'engageait spontanément par une vive canonnade ; nos pièces de l'Éperon ripostaient avec énergie, et la bataille, si ardemment désirée par le général de Steinmetz, commençait sans que celui-ci s'en doutât.
Le commandant de la 14° division prussienne (VIP corps), général de Kameke, avait en effet, pendant la marche qu'il exécutait sur Sarrebruck en vertu des ordres de son commandant en chef, été instruit par les rapports de la cavalerie de l'évacuation de la ville. « Convaincu qu'il n'avait devant lui que l'arrière-garde de Frossard en retraite, il ne voulut pas perdre un instant pour poursuivre son adversaire'' », et fit demander au général de Zaslrow, commandant du VU" corps, l'autorisation de franchir la Sarre pour occuper les hauteurs de l'ouest. La réponse fut qu'il pouvait agir d'après ses propres inspirations ^
Certes, l'offensive du général de Kameke était singulièrement téméraire, étant donné l'éloignement où se trouvaient encore, à cette heure matinale, le gros du VIP corps ainsi que le reste de l'armée prussienne. Elle pouvait avoir pour lui, en cas d'insuccès, des conséquences funestes, et exercer sur la marche des corps en arrière une répercussion des plus fâcheuses. Le général de Kameke n'hésita cependant point à la poursuivre, et, usant sans plus tarder de la latitude qui lui était laissée, ordonna à son avant-garde d'aller occuper les hauteurs, tandis que le gros de la division hâterait sa marche vers la Sarre \ Peu d'instants après, le général de François, chef do cette avant-garde, rencontrait le commandant du VHP corps, général de (iœben, venu de sa personne en reconnaissance vers Sarrebruck, et en recevait la promesse d'un concours effectif, au cas où celui-ci deviendrait nécessaire. Enfin, le général de Dœring, qui commandait l'avant-garde de la 5° division (IIP corps) et s'était également porté en
1. Général Frossard, Ra/iport aur les opérations du 2° corps. Pari.s, Dumaine, 1872, page 36.
2. Colonel Borbstœdt, Opérations des armées allemandes, traduction Costa de Serda. Paris, Dumaine, 1872, page 305.