La Guerre franco-allemande, page
4. La formation de marche adoptée par la 14» division a été souvent citée dans les traités spéciaux. Elle était, à pou de chose près, celle que prescrivent nos règlements actuels, et qui est basée sur la répartition des différentes armes dans les colonnes suivant l'urgence de leur arrivée sur le champ de bataille. Il est inutile de dire qu'à cette époque nos adversaires en avaient malheureusement seuls encore le monopole.
avant pour reconnaître le terrain, fit avertir le général de François de sa présence ; puis, comme il apercevait des troupes françaises venant de Stiring, et qu'il craignait que la 14° division, livrée à elle-même, ne fût pas en force, il envoya à sa brigade en marche l'ordre de continuer sans désemparer vers Sarrebruck, et rendit compte de tout cela au général d'Alvensleben, commandant du IIP corps, lequel prit aussitôt ses mesures pour faire affluer sur ce point, dans le cours même de la journée, la plus grande partie possible des troupes de son corps \
Ce sont là de beaux exemples de solidarité, dont, il faut du reste en convenir, les généraux allemands sont coutumiers. A les rapprocher de la conduite si différente qu'ont tenue dans cette fatale journée les chefs du 3° corps français, dont nous verrons bientôt la déplorable inertie, on éprouve un sentiment de douleur et de regret ; car si les principes qui animaient à cet égard nos adversaires eussent été également en honneur dans notre armée, si la loi sacrée qui impose à une troupe, sous peine de forfaiture, le devoir imprescriptible de se porter elle-même au secours de ceux qui combattent, avait été, comme aujourd'hui, gravée dans le cœur et dans la chair de tous, alors on n'aurait pas vu ce spectacle lamentable d'un corps d'armée entier écrasé à quelques kilomètres d'un autre qui ne fait rien pour le sauver. « Péris, mais secours tes frères! » dit le proverbe russe. Voilà la règle, voilà le devoir militaire et l'évangile du soldat. L'homme fatal qui allait bientôt perdre l'armée tout entière était seul capable de l'oublier.
Sur l'ordre du général de Kameke, l'avant-garde de la 5^ division débouclia donc de Sarrebruck, en passant tranquillement la Sarre au moyen des ponts intacts, et occupa le Reppertsberg. Il était onze heures à peu près. Ce mouvement, parfaitement vu des troupes qui occupaient l'Éperon, ne laissait aucun doute sur les intentions de l'ennemi, et le général de Laveaucoupet jugea qu'il était urgent de prendre des dispositions défensives. Il disposa en conséquence sur l'Eperon les troupes qu'il avait sous la main, c'est-à-dire le 10° bataillon de chasseurs, quelques soldats du génie et un bataillon du 40% puis il appela à lui une batterie (8° du 17°) dont deux pièces seulement purent, en raison de l'exiguïté du terrain, se mettre en- batterie. A ce moment, une batterie prussienne venait se placer sur l'Exercir-Platz, et son tir ne tardait pas à obliger nos pièces à rétrograder; bientôt une seconde, puis une troisième batterie passèrent successivement la rivière, et ou\rirent un ïew dont l'intensité semblait indiquer une attaque prochaine. Enfin l'infanterie eiiti'a en ligne à son tour et deux colonnes, dirigées sur let^ flancs de la position, cherchèrent, grâce aux abris de terrain, à en déloger nos soldats.
C'était un total de cinq bataillons prussiens qui, à ce moment, tentaient d'aborder les hauteurs formidables de l'Éperon, où la brigade Micheler s'était portée tout entière. Deux d'entre eux, s'engageant dans le ravin de Saint-Arnual, et pénétrant dans les fourrés que nous n'occupions pas, s'avancèrent jiis(|iraii pied (l(^ I'I^ium'oii et refoulèrent le 3° bataillon du 40°, occupé à reconuailrc les taillis qui \r cnux raient.