La Guerre franco-aUcmandc, page 2!t
Mais le 1" bataillon de ce régiment, accouru au secours du 3', arrêta leurs progrès et suffit à les maintenir sur place. En même temps, un autre bataillon prussien, qui avait essayé de se porter plus à gauche encore, était contraint aussi de revenir en arrière. Aucun ennemi ne réussissait à dépasser la lisière ouest du Gil'er(A\'ald, malgré le feu terrible dont les trois batteries, postées maintenant au Winterberg et prenant d'écharpe nos positions, couvraient la brigade Micheler. Quant aux deux bataillons de réserve, ils n'avaient pas quitté le Reppertsberg.
Mais en même temps qu'il faisait aborder l'Éperon, le général de Kameke dirigeait sept compagnies, protégées par une batterie en position sur l'Exercir-PIatz, contre la division Vergé, établie à Stiring. Sur ce point, des dispositions défensives avaient été prises aussi, dès que les premières troupes prussiennes s'étaient montrées à Sarrebruck ; nos forces s'étaient reportées dans les bois de Stiring entre les Vieilles-Houillères et le village de Schoneck (77" de ligne), et la plaine en avant des collines (76° de ligne et 3" bataillon de chasseurs) ; deux sections de la 5° batterie du 5° avaient pris position près du 76° ; enfin la brigade Valazé gardait Forbach.
La batterie de l'Exercir-Platz ouvrit tout d'abord un feu violent sur nos quatre pièces et les écrasa : il fallut que le reste de la 5° batterie et une batterie à cheval (7° du 17°) accourussent à leur secours pour les sauver d'une destruction totale. Puis bientôt l'infanterie, s'-approchant à l'abri, déboucha du petit bois de Stiring, à l'est de la voie ferrée, et commença son tir contre le 76°. Heureusement ce brave régiment s'attendait à l'attaque; il la reçut vigoureusement, y répondit avec une énergie soutenue, en sorte qu'après deux heures d'une lutte acharnée, l'ennemi fut obligé de se replier, avec des pertes considérables. Cependant, vers une heure et demie, un bataillon allemand parvint à pénétrer dans la forêt communale de Sarrebruck et chercha à tourner la gauche du 77°. Accueilli par une violente fusillade, et s'apercevant qu'au delà du chemin de fer « la lutte prenait une mauvaise tournure' », il rétrograda jusque vers Drahtzug, où une de ses compagnies le protégea en soutenant « un combat meurtrier^ ».
La situation de la droite ennemie était donc en ce moment des plus critiques', et le général de François, aussitôt qu'il en fut instruit, se hâta de diriger de ce côté trois compagnies des deux bataillons laissés en réserve au Reppertsberg. L'arrivée de ce renfort, vers deux heures, permit aux troupes déjà engagées de rétablir le combat; aussi bien, vers le même temps, la 29° brigade prussienne débouchait à son tour des ponts de la Sarre et s'engageait dans les bois de Stiring. Nos soldats, fatigués par la lutte opiniâtre qu'ils venaient de soutenir, semblaient laihlir : le général Vergé dut aviser le général Frossard des dangers qui le menaçaient, et lui demander du secours. Celui-ci, toujours à Forbach, dirigea aussitôt sur Stiring le 32° de ligne et une batterie de la réserve (10° du 3°), dont l'arrivée permit d'arrêter net les progrès des Prussiens. En même temps, pour