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La Guerre franco-allemande, page

battent avec une vigueur admirable les débris du 40° de ligne. Nulle part il ne reste un officier supérieur debout. Quant aux Allemands, dont les pertes ne sont pas moins sanglantes, ils voient tomber également presque tous leurs officiers. Leurs compagnies, privées de chefs, se confondent et s'entremêlent', le désordre est à son comble, et c'est au prix des plus cruels sacrifices que cette lutte sauvage se prolonge, sans que l'ennemi réussisse à gagner un seul pouce de terrain.

Assaut général du Rotlievberg. — Tout à coup, vers la gauche de la division Laveaucoupel, sur un contreforl escarpé qui se détache de l'Éperon, apparait une troupe de cavalerie; c'est le 17' hussards (de Brunswick), que le général d'Alvensleben, impatient d'en finir, a lancé par un chemin en escalier, et qui, avec des efforts inouïs, est parvenu à gravir l'escarpement. Un de ses escadrons tente de se déployer ; il est aussitôt désorganisé et se replie en désordre. Le général d'Alvensleben ne veut cependant pas en démordre, et ordonne aux hussards de renouveler leur absurde tentative. Le régiment tout entier se présente de nouveau ; mais la fusillade qui l'accueille le force à rétrograder sans délai, et il doit, après avoir subi de lourdes pertes, aller chercher au pied de la montagne un abri d'où il n'ose plus sortir.

Cependant, à peine étaient-ils débarrassés de cet ennemi plus hardi que redoutable, que les braves soldats de la division Laveaucoupet se voyaient menacés d'un danger autrement grave. Deux batteries, amenées à grand'peine sur l'escarpement, venaient en effet d'apparaître et prenaient position, presque pièce par pièce, sur l'emplacement même que les hussards venaient de quitter. Leur tir, s'exerçant à courte portée, ne tardait pas, malgré la perte de la moitié des servants ^ à prendre le dessus et à éteindre la fusillade de nos bataillons épuisés, en sorte que bientôt elles parvenaient à s'installer complètement sur la crête, et balayaient de leurs projectiles toute la profondeur du plateau. Profitant de ce puissant appui, les bataillons prussiens qui, à ce moment déjà, occupaient la Brome d'or, se lancèrent sur les pentes boisées de la forêt de Spicheren (Spicherenwald), et y jetèrent des lignes épaisses, de tirailleurs. En même temps, le régiment des grenadiers du corps, devançant la 9" brigade (111° corps), arrivait sur le champ de bataille, « emportait le mamelon le jilus méridional du Rolherberg et pénétrait dans le saillant sud-ouest du (iifert-W'ald '. » La situation de la division Laveaucoupel, menacée d'être débordée par son flanc gauche, devenait critique, et son chef jugea prudent de ne pas la compromettre davantage. En conséquence, il

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