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3. I^a 9° brigade avait quitte ses cantonnements à trois iicure.s, et parcouru d'une seule traite les l(j kilomètres qui séparaient ceux-ci de Saint-Johann. Elle atteignait ce point avant six heures, et son premier régiment, les grenadiers du corps, arrivé moins d'une heure aju-ès au pied du Rotliorherg, s'engageait aussitôt, déterminant par son intervention la ri'traite dos défenseurs du jilateau. Pourciuoi faut-il que le commandant du 3' corps français n'ait pas été animé d'une pareille ardiMir à lancer an canon ses trois divisions, campées à une distance du cliamp de liatailio qui n'excédait nullement celle où se trouvait la 9° brigade prussienne î
ordonna à la brigade Doëns, commandée maintenant par le colonel Zentz, de se replier lentement pour venir prendre position à environ 500 mètres en arrière, juste devant le village de Spicheren. C'était là un mouvement difficile et dangereux, étant donnée la violence du feu; nos courageux soldats l'exécutèrent cependant en bon ordre, et reculèrent par échelons, sous la mitraille, avec un admirable sangfroid. Ils formèrent alors une ligne brisée, face à la fois au nord et à l'ouest, et là, continrent par leur ferme attitude les efforts désespérés que trente-deux compagnies des Iir, VIP et VHP corps tentèrent pour les déloger.
Et pourtant, tandis que des renforts incessants arrivaient à l'ennenii, doiil les corps en arrière débarquaient maintenant du chemin de fer, tandis que de nouvelles batteries augmentaient sans cesse la terrible intensité de son feu d'artillerie, nos bataillons décimés n'avaient plus un homme de réserve à jeter dans les vides qui se creusaient dans leurs rangs. Bien plus, le 67°, de la brigade Fauvart-Basioul, était bientôt obligé de quitter le plateau pour aller dans la plaine porter secours au général Bataille, qui se débattait dans une situation difficile. Nous restions autour de Spicheren une poignée d'hommes, que le flot toujours montant des Allemands menaçait d'engloutir !
Si, à ce moment, la division Laveaucoupet avait été appuyée, les affaires eussent très probablement changé de tournure, car, malgré tout, les progrès des Allemands, arrêtés par le courage des nôtres, subissaient un tem])s d'arrêt marqué. '( Bien que les renforts qui, depuis trois heures et demie, avaient été dirigés sur le Rotherberg et le Gifert-Wald, dit la Relation prussienne, eussent avantageusement modifié le combat sur ce point, le mouvement tournant, gêné par le long ravin qui se développe au sud, n'avait pas produit sur la position française l'effet qu'on en attendait. L'entrée en ligne des grenadiers du corps et des deux batteries n'avaient pu, non plus, imprimer à l'action une tournure décisive. Le peu d'espace dont les Prussiens disposaient pour se déployer rendait plus pénibles des progrès qu'il fallait acheter au prix des plus lourds sacrifices. Les longues lignes françaises couvraient toujours une position dominante, s'étendant sur tout le versant nord de Forbacherberg, depuis la forêt de Spicheren jusqu'au village du inêiiie nom. De nombreux retours offensifs, tentés par les Français du haut de celle pitsilion (pTils occupaient en force, témoignaient clairement de leur intention de regagner le terrain perdu, à la conservation duciuel les Prussiens devaient borner leurs efforts \ ■»
Le seul moyen pour l'ennemi de triomidier de cette résistance acharnée était donc de poursuivre son mouvement tournant sur notre gauche et de ])rendre nos lignes à revers; c'est ce que se décida à faire le commandant du III" corps. A ce moment, la totalité de la 5° division était i)arvennc sur ce champ de bataille : de nouvelles batteries arrivaient de joutes jjarts ■ ; on possédait doue les éléments néces-