MAROTTE BEAUPRÉ
Elle tenait l’emploi des troisièmes rôles dans le tragique, et des ridicules dans le comique : Ainsi s’expliquent ses créations si étrangement diverses : après avoir représenté une des sœurs de Psyché, dans l’opéra-ballet de ce nom, elle joua d’original la comtesse d’Escarbagnas.
Mademoiselle Beaupré était un enfant de la balle; elle était fille et nièce de comédiens, elle était née dans la coulisse, entre deux portants: Une de ses tantes, nommée aussi Marotte, est célèbre par son avis Sur les pièces du grand Corneille.
«M. de Corneille, disait-elle, a fait le plus grand tort aux comédiens. Nous avions, avant lui, de très-bonnes pièces de théâtre, qu’on nous faisait en une nuit pour trois écus; on y était accoutumé, tout allait bien, et nous gagnions beaucoup. Présentement, le public est devenu difficile, les pièces de
31. de Corneille coûtent beaucoup, et nous gagnons peu de chose. »
La Marotte Beaupré de Molière était très-jolie, bien faite, avenante, « et pucelie par-dessus, » ajoute Robinet. Ce gazetier ne doute de rien.
Elle était vive et peu endurante. On raconte qne, s’étant prise de querelle avec une autre actrice nommée Catherine Des ürlis, elles mirent l’épée à la main et se battirent après la petite pièce.» La Des Urlis fut blessée au cou.
Entrée dans la troupe de Molière en 1669, Marotte Beaupré se retira en 1672 avec une pension.
MADEMOISELLE UEAUVAL (JEANNE OLIVIER-BOrRGtTIG.NO>)
Il y avait une fois — l’histoire de la Beauval a tout l’air d’un conte — un directeur de troupe ambulante qui avait fait vœu d’adopter un enfant.
Ce comédien-directeur courait la Hollande, lorsqu’il ren • contra la petite Jeanne, qui allait avoir dix ans. Abandonnée par ses parents, exposée à la porte d’une église, elle avait été recueillie et élevée par une pauvre blanchisseuse.