MADEMOISELLE BEAUVAL
Ainsi qu’avecque jugement.
Et qui, bref, est un ornement Des plus attrayants de la scène :
C’est une vérité certaine.
La Beauval n’était pas jolie, mais elle était grande et bien faite. Elfe jouait passablement les reines, mais elle excellait dans l’emploi des servantes, et Molière lui confia toujours ses Nicoles et ses Toinettes.
Sa voix naturellement aigre disait son caractère. Elle était violente, acariâtre, emportée, tout à fait insupportable. Elle avait assez d’esprit, mais nulle éducation. Elle connaissait à peine ses lettres, et ne pouvait lire que l'écriture de son mari, qui lui copiait ses rôles et les lui apprenait.
Pour Beauval, il était l’incarnation de la patience et aima toujours sa femme. De moucheur de chandelles,.il était devenu acteur, et, entre les mains de Molière, un excellent acteur. « Il n’avait pas son pareil pour jouer Thomas Diafoirus.»
Assidue au théâtre, mademoiselle Beauval ne demanda jamais un jour de congé pendant ses trente-quatre ans de service. Elle ne s’absentait que pendant ses couches, c’est-àdire une fois par an à peu près, car elle eut vingt-quatre enfants.
Un coup de tête lui fit prend.re sa retraite en 1704. Elle avouait soixante-treize ans, lorsquelle mourut le 20 mars 1720. Pendant ses dernières années elle avait été employée par madame la duchesse du Maine pour aider à organiser les divertissements de Sceaux.
LF.S COMEDIENNES ADOREES.
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MADEMOISELLE DU OROISY
(marie claveau)
On ne la voit guère que dansl’ Impromptu de Versailles. Elle avait si peu de talent que Molière trouva rarement l’occasion de l’employer. Si elle se maintint dans la troupe, si elle eut part entière à une certaine époque, elle ne le dut qu’à son mari, cet acteur si parfait, qui eut la gloire de créer le rôle de Tartufe.
Marie Claveau appartenait à une excellente famille du Poitou, alliée à M. de Landas, lieutenant de La Rochelle. Un roman d’amour qui finit assez mal la conduisit au théâtre.
A défaut de talent, elle avait une grande beauté.
Sa fille, Maiie-Angélique DU CROISY, née en 1658, débuta dès 1671. Elle avait du talent: C’est elle qui avait essayé de remplacer mademoiselle De Brie dans le rôle d'Agnès. Le public redemanda son ingénue favorite, et cependant mademoiselle Du Croisy avait pour elle, dit un quatrain, trop vert pour être cité, « une taille mignonne, de l’esprit, la bouche belle, et beaucoup d’enjouement. » Elle épousa quelque temps après ses débuts l’acteur Poisson.
Elle prit sa retraite en 1694, et mourut le 14 décembre 1750.
On doit à mademoiselle Poisson-Du Croisy de précieux dé-