‹ Les comédiennes de MolièreChapitre 4 sur 7 · GENEVIÈVE BÉJART · texte numérisé non relu

GENEVIÈVE BÉJART

GUÈRE peint ainsi une des physionomies de la comédienne en s*adressant à M"® Hervé, dans V Impromptu de Versailles :

« Et pour vous, vous êtes la soubrette de la précieuse, qui se mêle de temps en temps de la conversation, et attrape, comme elle peut, tous les termes de sa maîtresse. Je vous dis votre caractère, afin que vous vous rimprimiez fortement dans l'esprit. »

Mais ce n'était pas peindre la femme ni même Tartiste.

MUe Hervé ou Geneviève Béjart n'était pas trempée comme Madeleine ; aussi resta-t-elle toujours au se-

coud plan. Elle ne fut jamais qu'une comécBenne d'occasion; elle faisait bien en scène parce qu'elle était belle, mais c'était tout. On peut juger que c'était une de ces nonchalantes natures qui vont où va le vent. Son esprit n'emportait pas son cœur vers les vanités de la comédie ; il semble au contraire que son cœur entraînait son esprit. C'a été une fenmae amoureuse, sinon une femme galante. On la voit passer de l'un à l'autre, de celui-ci à celui-là, de l'amant au mari, du mari à l'amant.

Comme sa sœur, elle aimait les gentilshonmies; comme sa sœur, elle a aimé Molière, premier gentilhomme de l'esprit français.

Quand Molière se maria, on le croyait un pen l'amant de toutes les femmes de son théâtre : Madeleîiie Béjart, Catherine de Brie, Thérèse Du Parc, peut-être même Geneviève Béjart. Eudore Soulié a Êdt remarquer à propos de celle-ci qu'elle ne figurait, ni dans le contrat de mariage, ni dans la cérémonie religieuse d'Armande ; elle ne voulut donc pas être des joies de ce mariage. Pourquoi, si ce n'est par jalousie ? « Il y a lieu de penser que l'opposition faite, suivant Grimarest, au mariage de Molière put venir de Geneviève. » Il ne faudrait pas, sous prétexte que Molière fut l'amant de Madeleine, dire qu'il ne fut pas l'anum

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