‹ Les comédiennes de MolièresChapitre 3 sur 7 · GENEVIÈVE BÉJART · texte numérisé non relu

GENEVIÈVE BÉJART

OLIÈRE peint ainsi une des physionomies de la comédienne en s'adressant à M"'^ Hervé, dans V Impromptu de Versailles :

« Et pour vous, vous êtes la soubrette de la précieuse, qui se mêle de temps en temps de la conversation, et attrape, comme elle peut, tous les termes de sa maîtresse. Je vous dis votre caractère, afin que vous vous l'imprimiez fortement dans l'esprit. »

Mais ce n'était pas peindre la femme ni même l'artiste.

Mlle Hervé ou Geneviève Béjart n'était pas trempée comme Madeleine ; aussi resta-t-elle toujours au se-

cond plan. Elle ne fut jamais qu'une comédienne d'occasion; elle faisait bien en scène parce qu'elle était belle, mais c'était tout. On peut juger que c'était une de ces nonchalantes natures qui vont où va le vent. Son esprit n'emportait pas son cœur vers les vanités de la comédie ; il semble au contraire que son cœur entraînait son esprit. C'a été une femme amoureuse, sinon une femme galante. On la voit passer de l'un à l'autre, de celui-ci à celui-là, de l'amant au mari, du mari à l'amant.

Comme sa sœur, elle aimait les gentilshommes; comme sa sœur, elle a aimé Molière, premier gentilhomme de l'esprit français.

Quand Molière se maria, on le croyait un peu l'amant de toutes les femmes de son théâtre : Madeleine Béjart, Catherine de Brie, Thérèse Du Parc, peut-être même Geneviève Béjart. Eudore Soulié a fait remarquer à propos de celle-ci qu'elle ne figurait, ni dans le contrat de mariage, ni dans la cérémonie religieuse d'Armande ; elle ne voulut donc pas être des joies de ce mariage. Pourquoi, si ce n'est par jalousie? « Il y a lieu de penser que l'opposition faite, suivant Grimarest, au mariage de Molière put venir de Geneviève. » Il ne faudrait pas, sous prétexte que Molière fut l'amant de Madeleine, dire qu'il ne fut pas l'amant

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