ACTE V
SGËNE I.
Fidelle^ Béatrice.
Fidelle.
[ ne seule chose est cause qu*en ma yen- ^geance je ne sens une telle allégresse ) que je devroy, qui est, si celle-cy meurt > sans sçayoir roccasion, elle ne sentira la douleur qu^elle souffriroitsi elle sçavoit quemoj, qui suis son très cruel et plus que mortel ennemy, luy ay procuré la mort. Je youdroy luy faire sçayoir, mais en temps qu'elle ne s'en peust fuir, ny se sauyer en quelque façon que ce soit.
Béatrice. Dieu soit loué de ce qu'après Tayoir tant longuement cherché, je Tay trouyé!
Fidelle. Yoicy Béatrice. Que fait ta perfide et malheureuse dame ? Ëst-elle seule ? Se ,aonneelle point du bon temps ayec quelque amoureux , ou n'ourdit-elle point en sa pensée quelque nouvelle tromperie et trahison ?
Béatrice. Elle est accompagnée de larmes, de souspirs et de tourmens.
Fidelle. Peines légères à ses très grandes fautes.
Béatrice. Je yous supplie de sa part an'il vous plaise la yenir trouyer, pour ce qu'elle désire parler à yous.
Fidelle. Si je pensoy que ma yuë luy deust apporter quelque misère et douleur, j'iroy courant.
452 Larivey.
Béatrice. Hé! Monsieur, ne soyez point tant cruel! Voulez-vous qu'elle meure désespérée?
FiDELLE. Je Youdroj à son tourment adjouster encores un plus grand tourment.
Béatrice. Vous! mon cher seigneur. Escoutez-la, et puis faites ce qu'il vous plaira.
FiDELLE. Tu demandes sa ruyne. J'iray. Va, dy-lui qu'elle descende, car, si les rudes parolles peuvent offenser, je Toffenseray mortellement.
Béatrice. J'y vas.