‹ Les comédies de Pierre de Larivey, champenoisChapitre 124 sur 158 · SCÈNE Yl · texte numérisé non relu

SCÈNE Yl

Narcisse, avec deux Compagnons; Brisemur, aux filets ; Fidelle, les Sergens,

Narcisse.

I 0 ! tire ! tire !

Compagnons. Ho ! ho ! ho ! ho !

Narcisse. 0 la belle chasse!

Compagnons. Ho I ho ! ho ! ho !

Brisemur. a Tayde ! à Tajde! ils meyeullent tuer.

Sergens. Prenez-les ! prenez-les î

Narcisse. Ha! canaille! au diable! ha! maraux cornuz ! vous payerez ores la gabelle.

Fidelle. Tirez a quartier.

Sergens. Ëmmeine ce prisonnier; mets bas ces armes, de par le roy.

Narcisse. Va au gibet.

Fidelle. Arrpstez-vous.

Narcisse. Laissez-nous tirer quatre autres coups.

Fidelle. Ârrestezcoy, vous dis-je.

Sergens. Laissez-nous faire nostre office; estce ainsi qu'on force la justice?

Fidelle. Pourquoy offensez-vous les miens?

Sergens. Pour délivrer cestuy-cy.

Fidelle. Si ne voulez autre dnose, allez-vousen à Dieu ; je le feray bien délivrer, pour ce que ce n'est qu'une niche que nous luy avons faicte.

Sergens. Pardonnez-nous, Monsieur; nous pensions qu'ils le voulussent tuer.

Le Fidelle, Comédie. 467

FiBELLE. Vous estes trompez ; desveloppezje^ et le laissez aller faire ses affaires.

Sergens. Tout à ceste heure.

FiDELLE. Homme de bien , faictes qqe cest exemple vous corrige pour Tadvenir ; je tous pardonne, et ne vous veux dire autre chose: vous m^entendez bien ?

Brtsemur. Monsieur, Dieu sçait ma volonté, et quel j'ay tousjoursesté envers vous ; je me plains seulement que j*aj esté trahy , car mille hommes ne seroient bastans pour me faire quitter un pied de terre, et ceux-là, redoutant ma valeur, m^ont tendu des filets , afiin que je me prins moy-mesme, comme j'ay faict.

Narcisse. Monmai&tre, il est fort brave; il a bon œil , bonnes jambes , et est fort léger à la course.

Brisemur. Je ne m'en suis fuy de crainte ; mais, pour ce que, voyant vous autres les armes nues an poin^ et vous oyant crier : Tue ! tue ! m^imaginant qu alliez faire quelque signalée entreprinse, je me mis à courir pour mettre fin à Festrii avant que fussiez arrivez , et ainsi vous deslivrer de peine et moy r'emporter l'honneur.

FiDELLB. C'est assez dit: on cognoist fort bien vostre valeur. Allez à Dieu.

Brisexdr. Je vous suis serviteur; je baise les mains de vostre Seigneurie. Le chancre vienne à toutes les femmes ! Enfin, je l'ay eschappé belle !

468 Lariyet.

Page 1