SCÈNE VII
Sihestre, vielle servante; Dorothée, le Capitaine^ Bretcquet, sans parler.
SiLVESTRE.
f este coiffure de nuict vous sied fort bien4 I vous ressemblez proprement une accou- I chée. Quand le capitaine viendra, lais* i sez-votts aller, rendes vostre voix debile et tremblante, lamentez-vous, recommendez
Les Tromperies, Comédie. 49
souvent l'enfant à la nourisse ; ce pendant , je prendray garde quand le brave viendra.
Dorothée. Mettez- moy cest oreiller soubs lesreins, encores un peu plus bas ; ainsi le voilà bien.
SiLYESTRE. Prenez encore ceste robbe fourrée sur vous et ce coussin sous vostre coude. Je vasespier quand il viendra ; mais faictes bien.
Dorothée. Voulez-vous apprendre aux chats k esgratigner et aux lièvres a courir? Laissez faire^ à inoy ; si je luy laisse une chemise sur le dos , il s'en pourra contenter.
SiLVESTRE. Voicy le capitaine qui vient ; je Tay veu.
Dorothée. Est-il encores bien loin?
SiLVESTRE. Icy près, il se haste ; il vous pourra bien ouyr àceste heure. Plaignez-vous, marnaistresse, lamentez-vous.
Dorothée. Nourrisse , baillez le sein à cest enfant; bercez-le , ne le laissez crier. 0 quel tourment est celuy des pauvres mères I je ne Teusse jamais pensé ; helas ! je n'en puis plus.
SiLVESTRE. Le voicy ; faictes bien la malade. Dieu vous gard de mal, seigneur capitaine. Jésus ! que je suis ayse de vous veoir en bonne santé! Vous soyez le bien venu; vrayement, vous vous estes bien fait attendre.
Le Capitaine. J'ay niynécent citez depuis que ne m'avez veu ; toutesfois, je n'ay jamais manqué de vous saluer par mes lettres de main en main. ^,
SiLVESTRE. Il est vray; mais qui ayme fort veut autre consolation que de lettres. Combien de larmes ! combien de souspirs , mon Dieu !
Le Capitaine. Est-il vray? Comment se porte-elle?