ACTE IH
SGÊNE I.
Valentin^ Fortunat,
Valentin.
e contrat de ces deux yaches sans laict [que nous achetons est dressé ; on y a mis [toutes les herbes de la Sainct-Jean, ayec [tant de clauses que c'est belle diablerie : elles sont prinses mieux que par le nez. Néantmoins, ayec tout cela, il me semble y eoir que ceste yieille enragée nous met en quelque nouyeau labirinthe. Sous cet argent, il m est adyis que je yoy reluire l'hain qui nous doit attacher par la gorge, car toute putain qui donne n'est pas hors de soupçon. Je sçay bien ce que je dis : '
Tu n'as jamais qull ne te couste bon , D'un hosteUier les fiivoUes caresses.
Làrivet.
Ny d'un barbier Tagreable fredon, Ny les presens de garces flatteresses.
Mais voicy Fortunat ; j'apprendray de luy quelque chose.
Fortunat. Tu sois le bien trouvé, yalentin 1 As-tu le con tract?
Valentin. Aussi bien eusses-tu Targent!
Fortunat. Je vas tout de ce pas le queiîr. Va et dy à Robert qu'il vienne vers la Belle-Croix, et tu verras s^\ ne l'apporte pas.
Valentin. D'où l'avez-vous eu? Dy-moy, je te prie.
Fortunat. De ce viel médecin, sçais-tn?
Valentin. De cujum pecus , de ce brave amoureux de ta maistresse ? Et comment l'a-on peu avoir?
Fortunat. Il preste des accoustremens, des chaisnes et des bagues pour aller en mascarades , et, sitost que je les auray, je les iray mettre en gage pour cet argent qu'il faut trouver. Fay donc que Robert se trouve où je t'ay dit, car incontinent je luy porteray les soixante escus.
Valentin. Et où est mon maistre ?
Fortunat. 11 s'en va, parce que le médecin est leans , qui toutes fois en doit incontinent partir. Vas donc viste et ne perds point temps.
Valentin. Je m'en vas, adieu.
Les Tromperies, Comédie. 69