‹ Les comédies de Pierre de Larivey, champenoisChapitre 149 sur 158 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Seuerin^ Valentin.

Sbyerin.

I a-il qaelaue autre qui le sçache que Gon- [stant^qm estoit avec vous?

I Valentin. Un Jaquais et encore un ) notaire ^ ce m'est advis.

Sève RI N. Le laquais a-il tout ouy ?

Valentin. Gomme moy.

Sbverin. Qui est ce laquais?

Valentin. C'est le frère de Robert, qui a £ût le mal.

Severin. Vous le deviez arrester, affin qu'il ne le dist.

Valentin. 11 ne nous en souvint pas à llieure. Le mal est que je croy que vostre fils a fait appel- 1er des gens.

Severin. Helas! ô Dieu ! ô moy misérable! la chose est publiée partout ! la maison est vitupérée ! On ne peut ]^lus dissimuler. A quoy estu réduit, pauvre vieillard! Il te conviendra souiller tes mains en ton propre sang! A quel mal m'a réservé mon sort rigoureux ! Ne retientil pas le meschant soubs bonne garde , affin qu'il ne s'enfuye ?

Valentin. Et de quelle sorte? Il l'eust desji tué si je ne l'en eusse empesché , l'admonnestant qu'il se conseillast avec vous.

Severin. Et quel conseil luy puis-je donner en ces choses sans conseil? Que peut-on £adre au-

Les Tromperies, Comédie. Si

tre chose sinon couper la gorge à Tun et à Tautre, affin que le monde y prenne exemple.

Valentin. Mon maistre , souvenez-yous que vous estes réputé estre le plus sage homme de ce quaitier ; ne vous donnez ainsi en proye à la douleur. Vostre fille est-elle la première? Ventre saint gris ! n^en y a-il pas d^autres qu^elle ?

Severin. 0 Susanne! Susanne! flambeau et ruyne de ta maison , ennuy et mort de ton miseraole père , blasme éternel de ton frère !

SGËNE VU.

Adriarij le Médecin.

Adriàn.

I ous tremblez ? Que le cancre vous mange, [ amoureux d estafilades ! Vous ayez peur ? Le Médecin. Peur! tu ne me co- ^gnois pas. Il n'y eut jamais en toute Tuniyersité escoiier plus mauvais que moy ; j'estois un diable : jamais je n'arrestois en place. G^st le froid qui me fait trembler.

. Adrian. Cheminez donc et vous hastez, afin de Vous eschauffer.

Le Médecin. Par le ventre d'un bœuf! si je ne Tavois promis, je n'yrois jà. Mais quoy! la chetive se desespereroit ; elle ne dormiroit point toute nuict.

Adrian. Mort que j'atten! on ne se peut mieux mocquer des dames que n'aller où elles attendent. Ne \es trompez point.

8a Larivet.

Le Médecin. Et si ces soldars que j*ay tantost y eu me disent pis que peste?

Adriam. Ha! ha! na! Que leur avez-vous fait?

Le Médecin. Gomme participant de la mocquerie^ ayant fiait semblant que j Vstois le médecin en ce supposé accouchement.

ÂDRIAN. Il n'y a point de danger en cela.

Le Médecin. Ce sont paroUes. Soldars, hé! soldars ! Appren-moy à les cognoistre : ils jouent des mains a tors et à travers.

Adrian. Qui leur ouvrira la maison? Pensezvous qu'elles soient si grues que de les laisser entrer? N'ayez peur, j'iray devant et vous donneray tousjours le loisir de vous sauver ; n'ayez crainte, peu de courage !

Le Médecin. Peu de courage! Ce n'est la crainte qui me fait faire cela, mais la considération . Penses-tu que, s'il falloit jouer descousteaux, que je ne voulusse estre de la partie?

Adrian. Venez donc^ prenez resolution. Vous tremblez?

Le Médecin. Atten, je te prie : il m'est venu envie d'aller à mes affaires ; je reviendray incontinent.

Adrian. Cest asne fiente de pœur. Si ce n'estoit que j'ay promis à ma maistresse de le fsdre

veut devenir amoureux, puis chie en l'ordon. Je veux entrer et le faire sortir.

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