‹ Les comédies de Pierre de Larivey, champenoisChapitre 150 sur 158 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

SGÊNE I.

Adrian^ le Médecin^ déguisé, en maçon.

Adriàn.

hargez proprement cest auget sur vos I espauUes et tenez bien. Vous trem- [ blez ? il semble qu'ayez la fièvre quar- ^ taine.

Le Médecin. Est-il bien?

Adrian. Plus haut, ainsi. Mais ne tremblez point!

Le Médecin. Cest habit sent trop son mecanicque , je ne voudrois pas pour je ne sçay combien qu'il fust sceu. Enfin, je n'ay pas le courage de me présenter à elles en ceste façon , cela répugne trop à ma profession.

Adrian. Amour n'a respect ny k mortier ny à cy vette : ces choses sont de ses iruicts.

Le Médecin. Conmie est-il possible que je lemr puisse plaire en cest habit?

Adrian. Si elles tous ayment de bon cœur, vous leur plairez en tous habits ; si elles cherchent le profit, elles le prennent en la bourse mesme.

Le Médecin. Je te dy que je ne me plais point aller de nuict.

Adrian. Je le croy, mais puis que l'avez promis.

Le Médecin. Je l'ay promis etm'enrepen.

Adrian. Venez çà. Que diable voulez-vous que ces soldars facent d'un maçon ?

84 Lariyet.

Le Médecin. Et si je suiscogneu, n^ayant nj le langage n j les façons de faire d^un tel nomme ?

Adrian. Ne sçauriez-vous faii-e Findiscret, l'asne?

Le Médecin. Comme fait-on? enseigne-moj.

Adrian. Suivez Yostre naturel, yous n'aurez pas grand peine.

Le Médecin. Or, bien , puis que je Tay prouàf^i je yeux plustost mourir qu*y faire faute.- Marche devant et me fay signe si tu yoy quelqu'un de ces couppe-jarets.

Adrian. J'y yas.

Le Médecin. Escoute , Adrian. Es-tu sourd? aue diray*je si quelqu'un me demande que je fais

Adrian. Ha! ha! ha! que yous y estes pour boucher les trous.

Le Médecin. Et approchant, doy-je chanter, ou non?

Adrian. Chantez , car vous fredonnerez fort bien , puis que la yoix yous tremble au corps.

Le Médecin. Chevauche , cheval bastard !

Adrian. Ha! ha! ha ! venez , venez, il n'y a personne.

Le Médecin. Dieu soit loué!

L£S Tromperies, Comédie. 85

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