‹ Les comédies de Pierre de Larivey, champenoisChapitre 25 sur 158 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Fierabras, Marquée, trois Serviteurs,

FlERABRAS.

ue j'endurasse une telle bravade î Non, 1 je mourrois plustost.

Marquet. Parlez bas, car si ceux ' qui viennent derrière nous se ymaginent que ce soit à bon escient , ils s'en retourne-

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ront, tellement que nous ne les pourrons faire re- T«iir.

FiERABRAS. 11 ne faut avoir pœur : je suis bien homme de n'entrer jamais en la mesiée que je ne yoye la bataille gaignée.

' M ARQUET . Ainsi font tousjours vos semblables .

FiBRABRAS. Je monstreraj bien à cet Alfonse que c'est ac^ter la querelle d'autruy.

Karoubt. Q le pauvret ! Il ne luy a veu tailler les bommes k travers , comme je Tay veu à lable coopper des diappons en deux , puis les dévorer à belles dents.

FiBRABRAS. C'est un sot ; il resemble les médecins , il ne cherche que le mal. Mais si une fois Je lity £ûs eissayer cestc^cjr, plus tranchante que Flamberge ou Dui'andal , je le fendray jusques à Festomacn.

Marquet. Et si vous voulez vous ergotter un petit sur la pointe du pied, vous le partirez jusqueè à la rayé du cal.

FiBRABRAS. Le tout coRsiste en cecy, c'est que quand nous serons devant leur maison, nous nous fadons oyr, crians tous d'une voix : Serre l serre! Nous leur ferons si grand pœur, qu'ils mourront devant qu'ils se mettent en deffence. Esprouvez un petit.

Serviteurs. Noùs£erons ce que Vous voudrez, mais regardez à ne nous mettre en un bourbier d^où après ne nous puissiez retirer.

FiBRABRAS. Que craignez-vous? Ma personne en vaut cent. Faictes un peu ce que je vous dy.

Serviteurs. Serre ! serre ! serre 1

FiBRABRAS. Parlez plus viste , et qu'il semble ^e soiez remplis dé mal talent.

84 Larivet.

Serviteurs. Serre! serre! serre!

FiERABRAS. C'est ainsi ; mais il faut eneores crier plus haut.

Marquet. Ha ! ha ! ha !

FiERABRAS. Pourquoy ris-tu?

Marquet. Pource qu il me semble que leur voulez aprendre la , sol , fa.

Serviteurs. Escoute, par Dieu! il n'y a de quoy rire ! Que sçait-on si quelc[ue escervelé pourroit sortir de leans et nous fist serrer k bon escient ?

Marquet. Je le voudrois bien veoir.

Serviteurs. Mais, par tafoy, puis que nous allons pour entrer en la maison de ceux-là, seroitil pas meilleur que criassions : Ouvre ! ouvre ! que leur faire fermer leur porte?

FiERABRAS. Ha ! ha ! ha !

Marquet. Ha! ha!

FiERABRAS. Ha ! ha ! ha ! par mon ame ! je cognois bien que jamais vous ne vistes enseigna desplyée ny cner : Armes ! armes ! C'est un mot de ceux qui hantent la cuerre, et signifie qu'il faut estre serré l'un contre l'autre. Or ça, c'est à vous, qui estes caps d'escadres et lances spesades, à chai^ ger des premiers.

Serviteurs. Comment ! charger des premiers? estre les premiers pour marcher devant?

FiERABRAS. Oy ; je vous fais cet advantage par ce que je sçay que desirez acquérir honneur.

Serviteurs. Far le corps sainct Jambon, nous n'en ferons rien ! Comment diable! estre ceux qui vont devant ? cet honneur ne nous appartient pas.

FiERABRAS. N'ayez peur! ne craignez point!

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j?ay tant deyaléur en moy qu^asseurement je puis servir d'escu à vous tous contre les harquebouzes et couleTrines.

Serviteurs. Nou» ferons doncques ainsi. Nous irons les premiers, à la charge que nous serons aussi les premiers à prendre la fmte.

Fierabrâs. N'ayez pœur, vous dis-je; avancez-vous ! Vous , mettez-vous à ce coing ; vous autres , venez deçà ; et toy, demeure icy , pour ce qu'en bataillon carré on combat plus seurement. Mais où est la poultre pour enfoncer la porte?

Marquet. Que ne demandez- vous plustost où sont quatre-vingt ou cent canons pour faire la batterie?

FiERABRAS. Or sus ! je seray capitaine et sergent de bande tout ensemble ; marchons tous de front ! Sus, courage ! faictes-rous oyr !

Serviteurs. Serre ! scrreJ serre ! serre !

FiERABRAS. Voicy bon commencement. Vous, harquebuziers, prenez garde qu'aucun ne se monstre aux fenestres ! Vous autres picquiers , serrezvous en bataille vis-à-vis la porte, et comme il est requis à vaillans et courageux soldats ! Souvenez-vous de mon honneur et du vostre.

Marquet. Monsieur, monsieur, nous sommes desfaicts ! Helas , nous ne retournerons jamais en nos maisons !

FiERABRAS. Ha! ha! ha! voilà un bon commencement pour encourager les soldats. Qu'y a-il?

Marquet. J'ay oy des gens à la porte, et m'asseure qu'ils sont beaucoup ; je vay veoir du coslé de l'huis de denière.

FiERABRAS. Et moy ramasser mes troupes ,

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et, quand il sera temps, je feray donner Tassàiih.

Serviteurs. C'est bien dict; il nous a icy plantez comme boulevers contre les barc[ueboUsades : nous serions bien sols attendre qu'ils nous defiacent.

Mârquet. Ne bougez de vos rangs et vous te«nez fermés; ce ne sera rien.

Serviteurs. A Dieu! à Dieu! qui se peut sauver, si se sauve.

Marquet. Ha! ba! bé! comme ceste armée se met légèrement en route !

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