‹ Les comédies de Pierre de Larivey, champenoisChapitre 35 sur 158 · SCÈNE un · texte numérisé non relu

SCÈNE un

M. Théodore, médecin; Nicolas, Fremin, et deux Eacolliers, sans parler.

M. Théodore.

I uand ils viendront, dictes-leur comme Ije vous ay dict : Quia non potest fîeri \ftobotumatio in quinta luna, quia officitstomaco.

PJICOLAS. Bonjour, Monsieur.

M. Théodore. Dieu vousgard, Nicolas; vous soyez le bien venu, car je veux parler à vous.

Nicolas. Vous puis-je faire quelque service?

M. Théodore. Oy.

Nicolas. Je suis à votre commandement. Employez-moy, et vous verrez conune serez obey.

M. Théodore. On me doit tantost amenaicinq ou six muids de vin, et pour-ce qu'il y a tout plain de bardes en la cave, je voudrois bien que serrassiez tout en un coing, afin de faire place aux tonneaux. Vous me ferez plaisir de regarder s'ils sont plains et bien reliez ; et si de fortune vous voyez qu'il y faille quelque cerceau, vous irez quérir le tonnelier pour les racoustrer, et je vous rendray ce que vous desbourserez pour moy. Entendez-vous:

Nicolas. Oui, Monsieur ; j y ferày toute diligence.

M. Théodore. Je vous en prie, parce que je sçay qu'estes babille, et que vous m'aymez

Nicolas. Je fay volontiers service à vos semblables. Quand iray-je ?

126 Lariyey.

M. Théodore. Qaand vous voudrez. Ëscou^ tez : parlez à ma femme, et faictes ce qu^elle vous dira. A mon retour, nous soupperons ensemble.

Nicolas. Je vous mercie, Monsieur, je nVy pas mérité tant d'honneur. Peut estrc que la fortune me veut ayder; et, combien que cecy ne soit pas grand cas, si est-ce que toute chose veut iin commancement, et jamais aucun comniancem^iit ne fat petit. J'ay pour le moins ceste l&erté, al'*- 1er en son logis. Paraventure quemaiiame Lu^ cresse voudra veoir agencer le vin ; s'il en est ainsi, Je m'enhardiray getter quelques pierres en son ]ardin, et luy dire quelque chose, en passant, de ses amours. Mais voicy le seigneur Lactance. Je ne me veux monstrer à luy, que je ne porte meilleures nouvelles du pauvre Hippolite que je n'ay faict par le passé.

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