SCÈNE
Ânaètase, Gillette, Hubert, sénateur.
Anâstase.
e loue Dieu de tt que Contran est dé [ma volonté, et que ce dont on a tant 'parlé sortira efiect. Je veux aller faire ^ tout accoustrer en mon logis, et envoyei» un de mes gens en ma mestairie pour quelques affaires que j'y av. Tic, toc. Gillette, es-tu sourde? hé ! Geste truande sera endormie.
Gillette. Que voùsplaist-il, sire?
Anastase. Que vous plaist-il? Merde à travers tes dentz !
Gillette. Je ne vous oyoîs pas, parce que j'estois en la garderobbe avec Susanne.
Anastase. Hubert est-il leans?
Gillette. Non; maii le voicy qui vient de la ville.
Anastase. Vîen ça, Hubert. Va-t*en tout à ceste heure au Coudray, et te fay bailler par mon fermier deux paires de cbappons , des meill^tira
Les Esgolliers, Comédie. i35
^ j soient; et, s'il y a des pigeonneaux , apport tes--en aussi trois ou guatre paires, puis revienia-. continent. Mais escoute : dy de ma part au mestayer qull soit icy demain de grand matin.
Gillette. Qu'est-ce que cethomme veult faire de tout cela?
ÂNASTÀSE. Entens-tuî
HuBEET. Oy, Monsieur, j'y vas.
Gillette. Mais, sire, que youlez-vous faire de ceste viande? vous voulez-vous destruire?
Anastase. Suis-je tenu de te le dire ? '
Gillette. Nenny; je le demandois pour sçavoir que vous voulez que je face.
Amastase« Nettoye-moy bien tout par la mai"son; après, je te diray le demeurant.
Gillette. Auriez-vous bien accordé Susanne?
Anastasb. Oy^ puis que tu le veux sçavoir.'
Gillette. Je luy veux aller porter ces bonnes nouvelles.
Anastase. Si ta langue en babille chose quel-» conque à personne, je te moustreray qu'il m'en desplaist.
Gillette. Vous ne voulez donc pas que je luy dise ?
Anastase. Non, te dis-je, causeuse I
Gillette. C'est de peur que j'aye ma livrée. Si fault-il qu'elle le sache.
Anastase. Te veux-lu taire et t'oster d'icy ! sinon je te...
Gillette. Bien, bien, je m'en vas. Retirezvous vous-mesmes, viel resveur; on verra bien tantost qui en sçait plus, de vous ou de moj.
Anastase. Ha! voicy nostre voisin Nicolas. Dieu vueiUe qu'il ne m'ayt py , afin qu'il ne des-
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coavre tout avant le temps ! Je m*en vas, de peîir qa*il ne se mette k deviser avecqlies moy.