‹ Les comédies de Pierre de Larivey, champenoisChapitre 39 sur 158 · SG£NE · texte numérisé non relu

SG£NE

Nicolas, Hippolite, Marion, nourriee; Luhin, laquais,

Nicolas.

le diable paisse ronger les cornes à ee Pviel enragé, tant il a esté long-temps I icy à babuler ! Or sus, Nicolas, te voâi L an vaillant bomme. Voicy, tu as soeu venir à bout de ton entreprinse. Tu as monstre oae tu estois sage; aussi le faut-il estre , qui veut uûre son profit. Le seigneur Hippolite ne parle plus de sVn vouloir aller; il ne me demande plus ce que je luj doy, ains se fie tant en moy que^.

voir acheminé Tafiaire jusquesicy ; quant au reste* qu'il aille comme il voudra. Si on peusoit k tout ce qui doibt advenir, on ne feroit jamais rien qui vaille. Mais voicy nosdre nouveau tonnelier. Allons, il n'y a icy personne.

Hippolite. Me voicy prest, frappez k la porte.

Nicolas. Tic, tac. Le diable ne vous ci^nois* troit pas.

Marion. Qui valàï

Hippolite. Respondez.

Nicolas. Âmys. Nognice, ouvrez.

Les Esgollisrs, Gombdie. 13;

HiPPouTB. Dirâ Ttteiffe <pie. . .

Maaiom. G^est Nia)iaft qm amène un tonne-

iliPPOLiTÊ: f >nten qu'elle ouvre-la porte.

Nicolas. St! st!

Marion. Entrez , je vas allumer de la chan* délie, et'ptfldÈs^te rëf lendray i vous.

Nicolas. Passez yistemént, et fennez rhuys.

Li7BlN. Estes-Tous sourds? Holi! Ils ne m*ont pas entendu ! Tic , toc. JMiais si je m*j metz ! Tic, toc^

Nicolas. Qui est là ? Maïs, je vous prie, <wmmèilhi^rte ! QueUe dîaï>le de discrétion !

LuBiM. Je vous appellois quand vous entriez; ponrqnoy m'avez-*vous fermé la porte?

Nicolas. Et bien ! quV a-ilf

LuBiif. Je vous veux dire deux motz.

Nicolas. Despesche donc, car j*ay affaire ailleurs.

LuBiN. Monsieur est-il leans?

Nicolas. Non, il n'y est pas. Que luy veux-tu?

LuBli?. Mon maistre , qui est malade , est tel-r lemerït empiré depuis une heure en ci, oue nous cnrîgnons qu*i! n en eschappe jamais. Me sçaur riez^vous (Ère où je pourray trouver le maistre de céans ? *

Nicolas. Je pense qu^il soit aux escolles de Médecine, où Ton faict une anatomye.

LuBiN. Je Fy vas donc chercher. Mais je vous pri^ me faire ce plaisir de luy dire , s'il revenoit, ae fortune , (ju'u vienne incontinent jusque3 au logis de monsieur des Roseaux.

Nicolas. Je n'y failliray pas. Tonnelier, des^ cendez tous jours en la cave ; je vas après vous. Je

i3fl Labitct* * , : !

puis dire mainteaaàt.qae noz affaire^ eommàn* cent à . aller bien^ car la fortune, entreteua&t la médecin hors de sa maison , pourra donner loisift au seigneur^ Hippolite ^de faire ce que nous avons délibéré. Et si, sans scandale, il avale ceste nuict son vin «n la cave secrette du médecin , je fiay vœu de remplir demain si bien mon tonneau^ uç je m'enyvreray pour huit jours. Mais vojcy riÙette. FaicCes vostre compte qu'elle est en pourcha3 et cherche à mettre quelque mojneau eu aê cage. Bon prou luy face ! Or sus, il vaut mieu;| que je rentre leans , de peur que le sieur Hippo* lite ne face Tamour à la nourrice. Ces jonveQ^ ceaux , estants en rut , se prendroient à la pla$ orde, sale et laide gai*ce du monde* ;

SGËNE IIII.

Gillette j Lactance»

Gillette.

n dictbien vray, qu'il n^est tous les jours j feste, et que les pensées ne sortent tpu&7 (jours effect. Si tost que j'ay entendu de

^ f mon maistre qu'il avoit accordé Susàn-

np, et (|ue j'ay veu qu'il s'est enfermé en son cabinet , je suis vistement sortie pour aller trouver le sieur Lactance, affin de l'advertir de tout, et re-

farder comme nous ferons pour empescher ce eau mariage. Il m'enuuye que je ne voy ces deux passionnez ensemble. Je m'asseure qu^ils vivront en grande amitié , car, comme c'est un grand contentement en une maison quand le ma-

Les EscotLiERs, 'Comédie. 189

rj et ]a femme s^ayment d'âne sincire et bonne aÉectioD , ainsi, au contraire, c'est un grand mallienr quand les parties sont en discord et contre* rerse ; et, si on pensoit bien à cela , on ne feroit, coomie on faict le pins souyent, des mariages à la Tolée. Mais se pourroit-il bien faire qu'il ne rerint mesbuj? Au moins, si je tenois entre mes bras ce jeune galant qui me sçait si bien secoueif mon pelisson sur la montée , je Tattendrois d'un meilleur courage. Par mon anda , les maistressefl de ees escolliers ont meilleur temps que lés roy-' nés et grandes princesses , par-ce que tous \eé bons morceaux sont pour elles , outre qu'ils leur donnent bagues, anneaux, robbes , joyaux , bref tout ce qu'ils ont et qu'ils n'ont pas. ils ont plus dé peines qu'une ame aamnée à se faire braves, mignons et poupins , et ce pour r^emporter seule-' ment, au Dout de trois ans, une couple d'œilladei tirées i gaucbe pour recompense de leur si lon^ service ! Or sus. Dieu soit loué! yoicy mon homme. Hastez-yous, de par. . . à peine que je ne dy . . .' afiSn que nous ne perdions plus temps.

Lactance. Je n'ay sceu venir plustost. En-^. cores falloit-il que je pensasse à ce qui me pourroit advenir.

Gillette. 0! qu'il faict mauvais avoir affaire à ces sens qui sont tant sages ! Devant qu'ils soient résolus à une besongne , ils feroient raffblir un monde. Entrez leans, affin que ceux qui viennent deçà ne vous voyent.

tSo Lariyet.

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