‹ Les comédies de Pierre de Larivey, champenoisChapitre 5 sur 158 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Fierabras, capitaibe; Magdelaine, VincenU

FlERABRAS.

es chevaux ont-ilz estez bien estrillez? Magdelaine. Qu'ay-je affaire de vos chevaux ?

FlERABRAS. La chambre est- elle faicte ? le soupper est-il prest?

Magdelaine. La chambre est faicte dès le matin ; quant au soupper, il sera bien tost prest. FlERABRAS. Regardez à faire quelque bonne fricassée , et que j'ay e du rosty avec une sausse ou saupiquet , comme on faict chez les princes et grands seigneurs. Mais que faictes-vous icy en la rue ?

Magdelaine. Je suis sortye pour parler à ce

bon seigneur qui vous demande, à raison de je

ne sçay quoy qu'on luy a dict que voulez vendre.

Vincent. Quoy ! est-ce cy monsieur vostre

frère ?

Les Jaloux, Comédie. 19'

MAGiiSLAiifs. Oyv^^'cs^ luj-mesmes; parlezàluy.

Vincent. Monsieur , on m'a dict qa*ayez des cheyaux à vendre : je les acheteray s'il tous plaist m'en faire marché.

Fierabras. On vous a dicl vray : jen'ay plus que faire de tant de train, ayant reconquis au roy la pluspart de son royaume, tellement que je n'en yeux retenir qu'un pour m'aller quelquefois pourmener.

Vincent. Je yous payeray en beaux escuz au soleil, larges comme la main. On m'a dict qu'ayez aussi quelques bardes dont youlez yous deffaire ; je les yonm>ois bien yoir.

Fierabras. Si youlez yenir ayecques nioy ^ jusques chez le firippier à qui les ay oaillées à yendre, je les yous monstreray.

Vincent. Je n'ay le loisir pour ceste beure ; mais s'il yous plaist les envoyer quérir, je repasteray tantost par icy.

Fierabras. J'en suis content; yous les trouverez céans k vostre retour.

Magdelaine. Ne fadllez donc pas, Monsieur.

Vincent. Aussi ne feray-je.

ao Làritey.

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