‹ Les comédies de Pierre de Larivey, champenoisChapitre 51 sur 158 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

M. Théodore^ Fremiriy Lubin^ Luquain^ Marion,

M. Théodore.

e pense qu'il est bien près de dix heures.

Fremin. Je croy qu'elles sont son- ^9 nées. Lubin, tu me devois laisser porter ceste torche; je te l'eusses reportée demain matin. Au moins, tu n'eusses pas eu ceste peine de venir jusques icy.

Lubin. Je n'en suis que plus ayse, car je suis tant en la maison qu'il m'en ennuyé. Bon soir , Monsieur.

M. Théodore. Bon soir, mon enfant. Escoute, si on a affaire de moy, vien me quérir, et fusée en plain minuict. . .

Lubin. Aussi feray-je.

M. Théodore. Là donc, Fremin, hurte à la porte si tu n'as la clef.

Fremin. Voyez- vous pas que j'ouvre?

M. Théodore. Appelle la nourrice, qu'elle apporte de la chandelle.

Fremin. J'enten qu'elle se remue.

LuQUAiN. Helas! mon maistre, je prie Dieu qu'il vous vueille ayder ! Mais que luy sçâuroientils faire ? Jésus ! qu est-ce que j'oy ? Par mon ame ! le voylà! Vray Dieu! quel coup il luy a donné !

Fremin. Au meurtre !~au larron ! Helas! j'ay le bras rompu.

tyS Lajiitey.

M. Théodore. Au yoUeur! aa larron! prenez-le , arrestez-le , Fremin !

Fremin. J'ay bien autre chose à faire ! Helas l le bras!

M. Théodore. 0 Dieu! cestuy-^j aura vuidé ma maison ! Le cognois-tu point !

Fremin. Comment le cognoistrois-je? Avezvous pas yeu que, tandis qu'attendions à la porte aue la nouriice apportast de la chandelle, il m*a SI plaisamment poussé, qu'il m'a quasi faict rompre le col?

. M. Théodore. Emportoit-il rien que tu ajes yeu?...

. LuQUAiN. Quelbruict est-ce là ? Qu'avez-yous, Monsieur?

M. Théodore. Je revien delà ville, et comme nous attendions que : ma nourrice apportast de la chandelle pour m'esclairer, j'ay esté estonné qu'un homme tout armé est sorty de ma maison , lequel m'a hurlé, et mon laquais aussi, d'une telle impétuosité, qu'il nous a quasi tuez.

LuQUAiN. C'est quelque larron! que vous a-il emporté ?

M. Théodore. Es-tu icy, nourrice? Vien çà. D'où viens-tu?

Marion. De la cuisine, où j'attendois que fussiez de retour ; et quand j'ay ouy ouvrir la porte, je me suis tant hastée pour vous esclairer, que ma chandelle s'est estainte, de façon que j'ay esté contrainte retourner la rallumer.

M. Théodore. Que faict ma fenmie?

Marion. Je pense qu'elle dort, car elle s'est couchée de bonne heure, pour ce que la teste luy faisoit mal.

L£S ESGOLLIERS, COMEDIE. 177

M. TnEODaRE. Or SUS, ya, et regarde sitoat est en la salle.

•Frémi». Il ne sçauroit avoir beaucoup desrobbé, car, comme je croy, il nV faisoit que d'entrer, et n'a pas eu le temps de faire Sa main.

M. Théodore. Voilà, je sçay que pour la première fois que je suis retourne tard de la ville, que..» -

LuQUAiN. Vous devriez bien fermer vos portes, principalement le soir.

Fremin. il me semble qu'il avoit voslre brigantine sur sa teste

M. Théodore. Nourrice, vien çà.

Marion. Mon Dieu! vos mancbes de mailles ne sont plus au râtelier.

Frehim. Je m'en suis bien douté. Entrons au logis. A Dieu , Luquain.

LuQUAlN. Bon soir et bonne nuicl.

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