SCÈNE VU
Luquain y Hippoîite,
Luquain.
n dict bien vray, que d^un srand des- I ordre naist souvent un grand bien.
HiPPOLiTE. Luquain!
Luquain. Quim^appelle? Hoo ! Monsieur !
HiPPOLiTE. J'ay voulu entrer au logis par l'huis de derrière, mais il est fermé et j'y entends faire un grand bruict. Qu'y a-il de nouveau? Luquain. Vous le sçaurez.
T. YI. If
ijS Lariyey.
H IPPOLITE . Sçavois-tu où j ^estob ?
LuQUAiN. Ouy, j'eslois icy auand estes sorty et avez jette ce pauvre diable les pieds contreloont.
HiPPOLlTB. Y estois-tu qaand le mededii est. entré en sa maison ?
LuquAiN. Je TOUS dj que oj, et ne me suis en toute la journée esloigné du logis. Aussi ne le fa]loit-il pas, pour beaucoup de raisons.
HiPPOLiTE. Que dict le médecin?
LuQUAm. Que youIcz-tous qu*il dise , enoores que je pense et me sois apperceu qu'il se. doubte d'autre chose que des larrons ? Voulez-vous qu'il en £ace bruict et s'attache sur le front les cornes qu'il garde en l'escarcelle de son honneur? Ce ne seroit sagement faict.
HiPPOLiTE. Ains je croirois tout le contraire , parce que je sçay qu'il l'a en opinion de bonne et femme de bien.
LuQUAilf. Ce n'est pas cela. Quelquesfois ces jaloux s!imaginentdes choses du tout impossibles, et vous voulez qu'il ne croye la vérité !
HiPPOLiTE. Ils croyent souvent ce qui ne peut estre, et souvent aussi ne tiennent compte de ce qui est tout évident. Ils sont jaloux quand il n^en est besoin, et ne le sont pas quand il est temps de l'estre. Va au logis et me hj ouvrir l'huis de derrière,et m'apporte ma robbe de chambre, un chappeau et une espée.
LuQUAiN. J y vay; cependant retirez- vous un peu d'icy.
Les ESCOI.LIERS, Comédie. 179