‹ Les comédies de Pierre de Larivey, champenoisChapitre 53 sur 158 · SCÈNE YIII · texte numérisé non relu

SCÈNE YIII

Gillette ^Lisette.

Gillette.

ù yonlez-Yous que j^aille ?

Lisette. O chetiye et malheureuse' [qaejesuis!

^ Gillette. Si tous voulez , j*iray à la porte de Nicolas escouter ce qu'ils font.

LISETTE. Uelas ! ie ne' voudrob qu'ils fissent mal à ces pauvres vieillards.

Gillette. Ne pensez à cela : le sieur Lactance est la gentillesse du monde. J'y vay veoir.

Lisette. En fin , ces jeunes hommes et ces filles n'apportent jamais qu'ennuy. Se fier en une fiUe ! allez vous y frotter. Qn m'eust faict plustost croire tout autre chose que ceste cy , et que Susanne se fiist tant oubliée.

Gillette. Entrons dedans. Vierge Marie!

nous serions perdues si le sire nous voyoit.

i8o. Lariy^t.

SGÊME IX.

Anastase , Gobert , Luquain , Lactance^ M. Théodore^ Eippolite^ Hubert.

Anastase.

► 'en seray content, s'il vous plaist , que f ce soit en la présence de quelque hom- 'me de bien.

Gobert. Qui pensez-vous trouver à ceste heure?

Anastase. Peult estre que le médecin n'est eucores couché.

Luquain. C'est bien advisé. Il ne faict que d'arriver.

Lagtange. Luquain! frappe à sa porte et l'appelle.

Luquain. Tic! toc!

M. Théodore. Qui est là?

Luquain. Il est en colère. Nous vous voulons dire un mot, s'il vous plaist.

M. Théodore. Que me voulez-vous ?

Anastase. Qu'il vous plaise estre présent pour tesmoigncr à l'advenir comme le seigneur Lactance , que voicy, promect prendre en mariage Susanne, ma mie.

Gobert. A quoy pensez-vous?

M. Théodore. Iifaut sçavoir d'elle si elle en est contente.

Anastase. Trescontente. Ils se sont desjà accordez entre eux , comme une autre fois vouft* entendrez tout à loisir.

Les EscOLLïERâ, Comédie, igi

M. Théodore. Est-il ainsi, »eur Lactance?

Lactànce. Oy, Monsieur.

M. Théodore. C'est assez. Nemeyoulez-yous antre chose?

Anastase. Non, pour ceste heure. Grand merçy« Monsieur !

, M. Théodore. Il n'y a de quoy. Bon soir. Helas ! que feras-tu , pauyre maistre Théodore !

GOBERT. Cet honune semble fort trayaillé ; il n^a pas peut estre tronvé bon qu'on Tait appelle.

Hubert. A son conunandement. Comme pensez-Yous faire ayec Silyestre , si son fils est de retour?

Gobert. Le sire Anastase luy baillera son autre fille, qui est en religion. Le jeune homme n'en a yeu ny l'une ny l'autre. Je m'asseure qu'il s'en contentera, et son père aussi.

IIubert. C'est bien dict, et me semble que cet adyis n'est que bon.

Anastase. Je le croy ainsi et en suis très-contént.

Lactance. Et quant au fils de Contran , il n^y a point de difficulté , pour ce qu'il n'y a eu qu'un pourparler entré yous et luy.

Anastase. Or, Dieu mercy! tout va bien, yous promettant^ seigneur Lactance, que tout ce tumulte ne fust advenu si j'eusse sceu yostre volonté ; mais je craignois qu'après qu'auriez prîns yostre plaisir d'elle yous la laissassiez là, à mon grand déshonneur et scandale. Mais ce n'est icy qu'il en faut parler. Entrons au logis.

LuQUAiN. C'est bien dict. Marchez devant, je yous yay suivre.

iS% Lakïvey.

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