‹ Les comédies de Pierre de Larivey, champenoisChapitre 62 sur 158 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Constance t Elisabeth^ Spinette,

Constance.

r, maîntéùant qu^avez le tout entendu, j outre ce qui vous en a esté dict du coijî-' I mencement, vous n'avez plus d'ocç^ion }yom en esmeryeiller, joinct ce (jue vousmesme avez veu et cogneu tous pouvoir retirer de toutes ces merveilles. Tant y a que la chose est teUe comme vous Tavez ouy, et de ce peu que je dy lorsque vous me conseiUastes envoyer quérir madame Spinette, vous pouvez bien imaginer le reste. Mais où peut-elle estre allée?

Elisabeth. La voilà sur la porte du verger, qui s'amuse à regarder je ne sçay qiioV'.

Constance. Elle faict quelque discours en

soy-mesme sur ce qu'Aurelian luy a raconté.

Elisabeth. Elle nous a ouy et vient par deçà.

Constance. J'ay esté quelques jours en mes

gayes pensées, etaujourd'huy que je devrois estre

Elus joyeuse que jamais, je me suis mis. quelque rôuillerie en la ^este qui me rend toute mélancolique. Madame Spinette, vous devez estre lasse ?

Spinette. Non, Madame, non, ce n'est rien.

Elisabeth. Madame Constance, onn'est pas

tousjours d'une mesme volonté.

- Constance. Je suis peu souvent ainsi qu'il

ne m'arrive quelque je ne sçay quoy de mauvais.

La Constance, Comédie, aaj

Et Yons, quelles bonnes nouvelles tous a apportées Âurehan?

SpiNette. Bonnes, en yerité, par la grâce de Dku.

Constance. 0 Seigneur! dônnez-moy patience : Yoicj Tenir ce Êischeux Espagnol qui ne me laissera en repos.

Spinette. Madame, c'est vostre grand mignon.

Constance. Ouy, Madame, ainsy qu'il vous semble. Quand je suis à Troyes, il est tousjours après nioy ; si je suis au village, je ne puis seule-^ ment faire un pas bors de la maison que cest importun ne se présente à mes yeux.

Spinette. Laissez-Palier où il voudra, et mocqucz-vous de sa folie, pourvu qu'il ne procède plus outre ou de faict ou de paroues.

Constance. A la vérité, il ne m'a jamais faict ou dit chose qui m'ayt despieu ; mais il me fasche de le veoir tousjours après moy, pour le respect des regardans.

SpInette. Nous serions trop simples si tenions conte desbadineries de certains nyais, qui, comme sots qu'ils sont, employent toute la journée àçrès ceste-cy'et après ceste-là; et puis ils en ont rait autant que...

Constance. La tierce partie de ces fiaineans va, ou avec une arbaleste ou harquebuse sur Tes-

riule, un laquais derrière, tantost à pied, tantost cheval, se promener en ces quartiers. D'un costé,jcm'enry, et, de l'autre, j'en suis marrie pour les respects de la compagnie.

Spinette. Et que peut-on faire autrement? Nous Bé sommes propres à reformer 1^ plus gfaâ&

aaS Labivet.

moins encores bien séant à nous de mettre Tespée en la main de nos hommes à cause de ces outre»cuideE.

Elisabeth. D^avantage, ce seroit beaucoup ti-op de vouloir empescher les jeunes hommes ae regarder celles qulls ayînent, poorveu que cela ne tende à autre chose.

Spinette. Ceux qui font de cesie façon n^ayment point, car, s^ils aymoient et se monstiX)ie^t tels que doivent estre tous honnestes hommes et fidelles amans, ils serment plus sa^es et mieux apprins qu'ils ne sont; et partant, le plus beau est de pratiquer accortement avec telles gens, ne leur monstrer bon visage, et encores de n^user d'aucuns propos insolens , nv faire paroistre d'aucuns gestes et actions peu honnestes : car cela senliroit trop sa rusticité.

Constance. Tant y à que mon homme s*ea est retourné, dont je m'esmerveilk , et k ilieure mesme (dame Elisabeth) que pavois envie que li:^ dissiez deux ou trois mots.

ELISABETH. 11 retourna» plostost quW ne pense, n en doutez point : il n'a pas -oublie sa oonatume. ^

Constance . Je venx quelque jour me despes«trer de luy. Que vous en semble?

Elisabeth. Laissez fiattre àmoy , car je ne suis femme sujette à la pœur.

Constance. Je veux bailler ceste commissioli au maistre, qui sort de la maison ; mais, pour œ qu'il entrera incontinent en ses pédanteries et soir ses argumens, il est à craindre que l'Espagnol ifte crove (|ue nous l'ayons envoyé pour se mocmier Ai m'arrivo,]^ par avanture^ âcieste oceaôim^iiiie

La GonsTANGE, Comédie, a^g r^usde sa moustache par quelque coup de poiug« GVstpounjnoj il sera meilleur faire venir Èlaise, pour lu j dire qnll vous appelle lorsque le maislre passera.

E1.I8ABETH. Vous dictes way , c*e$t là le yray moyen .

CoivsTAifGE. Entrons en la maison... Oùvasta, Biaise î Quitte le maistre, et t*en yien avec

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