‹ Les comédies de Pierre de Larivey, champenoisChapitre 64 sur 158 · ACTE in · texte numérisé non relu

ACTE in

SG£NE L Blaièe, l'Espagnol, EHsabeth.

Blâise.

1^1 y a içy je ne sçay qooy de nonTeau. ! Ces si longs discours eDgendreFontifa^ [que chose; ces tant d^alléeset yetiaes » me font penser qu^il y a hasard sur k$ bakts. Or, puis, que eest homme vient par deçà, je yeux appeler madame Ëlisabe^*; ioais, m'ayant veu, joint que je le cognoy aucunement; il pourroit penser que je le desdaignen^ si je m'en alloy. Madame Elisabeth! madame Elbabeth! Tenez.

. L'Espagnol. Bmi jour, mon bon amy Biaise ; que fais-tu icy?

Blaise. Bon jour et bon an. J'attendoy que Tostre Seigneurie passast, pource qu'une certaine dame tous Teut dire trois ou quatre mots.

L'Espagnol. Elle yeut parler à moy ?

Blai&e. Ouy, Monsieur; la ToilÀ. Je me recosmiande à Tostre Seigneurie.

L'ESPAGNOL. A Dieu, Biaise , je suis Tostre. . Elisabeth. Demeurez tous deux derrière la porte. Dieu tous doint le bon jour, seigneui' capitaine.

L'Espagnol. Bon jour; Madaaie. Que yeàt dire cecy?

Elisabeth. Je youdroy, sans yous incommoder, dire trois ou quatre mots*

La GoNSTAifcs, Comédie. 937

l/£sPAGnOL. Ce me sera un grand contente* ment tous pouvoir faire quelcpie service*

Ëi^iSABBTH. Je prie vostre Seigneurie ne sVs* merveiller et m^excuser si je luy àj chose qui né lay plaise, puis que je né puis faire autrement, cela estaat oe la volonté de Madame.

L'Espagnol. Que vostre Seignettrie parle li^ brement.

JStlSABS^Hv Si en toutes les choses qui se font OB pouvoit aatisfaiire à S07, à la conscience et à lionneste, ce seroit asse^ bien et vertueusement besoiigné> sans chercher plus avant ; mais pource au'il est cQcores besoin satisfaire au monde et î 1 universels ains au vulgaire, de U procède ^ue ce n^'est. seulement assez de bien faire , mais faire en sorte que le monde le croje , etjie vo^e autre chose 4 tant petite soit-rdle^ qui luy pmsse faire croire autrement. Je sçay que vbstre Seigneuiie-, suivant k. jewae dame qui aemeure iey, ne le fait i mauvaise intention , et que madame Constance ne peut dire avecque venté avoir jamais vu en vous aucun acte deshonneste, ny sortir de vostre bouche une meschante parolle» Toutesfois, pource que là suivez ainsi, je ne dis pas par les églises de Troyes, poiirce que ce vous est une chose ordinaire, mais au village et quasi partout où elle va, lay pourroit causer quelque in&mie et donner oceaâon de. parler aux mauvaises langues, qui ne cherchent au'à niesdire , elle et moy vous prions^ par la gentillesse et courtoisie qui règne en vous, su'il vous plaise en'cesteafiaîre procéder plus modestement, affin que, comme vous estes honneste et d*un bon cœur, chacun voye que tel vous estes en apparence. De quoy, si nous.faictesce plaisir,

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noiis TOUS serom, elk et moy, -perpeluéllemeiit obb'gées, sans ce qae ycas osterez 1 oecasion de parler mal à ceux qui cberchent k calomnier ma^ dame Constance enya*sson maryd*estrepeuh6iineste, et yqus, envers le monde , d^estre un gentilhomme mal apidns : là où elle est très honnestè dame, et vdus très honneste gentilhomme et bien sage.

L^ËSPAGNOL. Pttisquesibenignement etavec tant de modestie et bonne grâce, vostre Seignei»riem^a déclaré Tostre bonne intention etFaâassade de Madame, je tous en rend grâces immortelles. Je ne sçay^ que je doisrespondre, sinon que si, cherchant la veoir, j^ay failly, ce n^aeste par malice, et ce que j'en ay faict , ce a esté pour ce que je pensoy que , pouf conserver son honneur, c'estoit assez ne passer les termes de rhojhnesteté, ny aller plus outre que ce qu'il est reauis ; mats , pour ce que comme vous pensez cela n estre assez, je seray a Tadvenir plus advisé que je n'ay esté par cy-devant. Bien vous puis-je dire qu'il n'y a personne qui ayt jamais plus honnestement ayiné femme que j'ayme Madame, de quoy elle peut rendre bon tesmoignage, pour ce que, n^ayant eu aucune volonté sinon bonne, je n'ay aussy jamais, ny avec elle ny avec aucune autre , faict ou àkx chose qui me peust faire paroistre mal apiins on deshonneste. Jusques icy je me suis contenté de la veoir. En cela je satisfaisoy honnestement à toutes mes volontez et de^rs ; inais, puisque encores cecy m'est desnié, afin qu'elle et vous cognoissiez que j'ayme mieux faire sa volonté que la mienne, je m'en abstiendray.

Elisabeth. Nous ne vous requérons de edb ^

La Constance^ Comédie. aSg

et ne sommes tant sottes q»ê yonlions empescher aucun d'aller parlesruës publiques oupar les eglises« 11 nous suffit seulement qu en certains lieux, comme au village .» vous alliez avec un peu plus de rc^ect.

• L'EsPAGffOL. Je fera y de bonne volonté tout ce que yostre Seigneurie me commande, et, si en antres endroits je puis vous servir, dictes-le-moy : car vous me trouverez tonsjours à vostre commandement.

Elisabeth. Nous vous remercions ; et, en recompense, disposez de nous comme si noas estions vos sœurs , pource que vostre grande courtoisiç^ mérite que nous vous tenions au lieu de frère. Dieu soit avec vous !

L'Espagnol. Je voas baise les mains. Qui est bien nay et vrayment homme de bien le demon^-* tre en toutes actions. Quelque sotte, ou femmelette de petit entendement, et non d'un beau et f»itil esprit comme est ceste jeune dame , ayant desdain ma façon de faire, aurait monstre sa folie, parce qu'il y en a aucunes qui croient ne pouvoir estre tenues pour bonnes femmes si elles ne font quelques bravades ou ne monsti*ent un visage de gens d'arme à qui les regarde , ou si en 'toutes actions elles ne se font paroistre vilaines ou superbes , faisant la nicque et cracbans de mescbantes paroUes , ains du venin , ou faisant telles ou semolables choses peu convenables à personnes d'honneur. Madame n'en afaict ainsi, laquelle en tous ses faicts et ses dicts s'est monstrée estre une sage et bien aprinse damoiseUe, comme elle monstre bien à son visage, lequel Çsans qu'aucunement l'amour me déçoive) soupire un je ne sçay

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qaoy d^angeli^ et de divin. Mais est^l^possible que mon laquais, qiie j^avoy enyoyé, i) y a plus de deox heures, quenr^en mon logis ma narquebuse et m^amener mon cheval, ne soit de retour ? II me semble que ie le voy. Ouy , c'est luy-mesme ; il lie le cheyal là-bas ; le yoicy. Ta es bien eschauffî!

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