SCENE II
L'Espagnol, ie Laquais.
L'Espagnol.
j lie veut dire telle haste?
Le Laquais. Laissez-moy reprendre [mon haleine, pour Tamour de Dieu.
L'Espagnol. Qu'y a-il de nouveau ?
Le Laquais. Quand j'ay esté arrivé à la maison, j'ay trouvé deux gentilshommes qui vous y attendoient, et que deux heures auparavant un message en poste vous avoit apporté ces lettres , et ne vous y ayant trouvé les a laissées à la servante» et s'en est allé flaire ses affaires par la ville. L'Espagnol. Où sont ces lettres?
Le Laquais. Patience, attendez, sll vous plaist, que je les aye tirées de ma pochette. Les voylà.
L'Espagnol.» Parla présente, laquelle je vous envoyé en poste... ))
Le Laquai^. Que diable veulent dire tant d'admirations ? Ce doivent estre quelques lettres
La Constaïice, Comédie. 244
Ï>>emBs d'^esprit, pnîsqu^on faict tant de sigiies de a croix.
L^EsPAGNOL. Gela ne peast estre. Laisse-moy voir le reste. •
Le Laquais. II rit : les affaires se doirent bien porter.
L^ËSPAGNOL. Les hommes veulent estre de C68te façon ; je veux estre esclairci du tout devant que le soleil ne se couche. Sus, va destacher lé cheval, car je veux tout à ceste heure monter dessus pour en diligence aller tn la maison.
Le Laquais. Ho ! voicy mon cas. Si je me fusse icy trop arresté, j^estois en danger, ayant chaut et me trouvant plein* de sueur, de me refroidir.
L'ESPAGNOL. Me voilà résolu. Allons, mais vien çà. :
Le Laquais. Me voilà, que vous plaist-il?
L'Espagnol. Approche, preste Torçille.
Le Laquais. Vous pouvez parler haut, car il ny a icy personne.
L'Espagnol. Approche-toy , dis-je ! Je voy bien s'il n'y a personne ou su y a quelqu'un.... As-tu entendu?
Le Laquais. Ouy, Monsieur, laissez-moy faire : il n'y aura faute ; mais attendez , je vas quérir le cheval.
L'Espagnol. Fay ce que je t'ay dict, et ne te soucie d'autre chose.
Le Laquais. Contre toute mon espérance, j'ay cest advantage de m'aller promener à mon ayse où boni me semblera. Mais je voy je ne sçay qui sur la poite.
94a Laritet.