‹ Les comédies de Pierre de Larivey, champenoisChapitre 66 sur 158 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Constance^ Elisabeth, Spinette,

COIVSTANCE.

frand a esté rostre; discours, madane i Elisabeth.

Elisabeth. Vous avet bien toiit«ii- ' tendu, sans que je tous le repète ?

Constance. Il est vray que.j'ay tout ony, et me semble qju'ayez très bien dit, sans pourtant oublier la Seigneurie.

Elisabeth. Qu'y Toudriez-yous faire? il ûtut Tiyre selon Tusance, et en toutes choses s'accoustumer avec toutes personnes.

Constance. C'est bien dict. Or, madame Spinette, retournant à ce que je n'ay neu ce jourdliuy achever de tous dire , je vous aayerty que Léonard, ayant entendu qu'Antboine estoit en ces quartiers , partit d'icy il y a environ un mois , et jura que, Tapnt trouvé, il ne retoumeroit jamais par deçà qu'il ne le ramenast, son intention estant, quoy qu'il en fust, de le reconduire au pays.

Spinette. bieu vueiUe, madame Constance, que soyez de mesme volonté î

Constance. N'en doutez point, car moy, at« tendant l'un et l'autre de jour en jour, ainsdlienre en heure, j'ay voulu que soyez icy présente à leur arrivée, et amn que, hors toute espérance, revoyez .vostre cher frère, et que, comme présente, vous soyez asseurée de ce que je vous ay dict il n^ a pas long-temps.

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Spinbttb. Je prie Diea Tonloir qa^ sott ainâ que vous Tesperez. Mab voicy le £ûct : â An- Ûioine est Tiyant, et s'il est vraj ipi^ se troinre au lieu cpiW a dict à Léonard. . .

Constance. Je wj en resperanoe qoe je tous ay dicte. Or soit la volonté de Dieu accomj^. Cependant, allons, s'il tous plaist, en la maison, de pœor qne cest air ne vous fiisse mal.

Spinette. Allons, ponnreu ipie ce soit pour ▼ostre commodité.

Elisabeth. ÂUez, je m'en vas tout à cesCe heure après vous. A la venté, on ne peot nj doibcon faire jugement des liommes, » premierenmt on n'a entière cognoissance d'eux. Je repotoy ce soldat un homme de rien, un malotru; mais pms naguères, l'ayant ooy parler si honnestement et avec tant de modestie, je l'ay trouvé tant honneste qu'il n'y a chose qoe je ne voulusse £nre pour Iny. II n'est pas beM>in , si ^usieois d'une profession ne sont dignes d'autres choses que de hiasme, les en&gdter tous ensemble, ny croire qu'entre eux il n'y en sjt des bons et vertueux. Pour ce, à la venté, comme le monde a esté et sera tousjours de mesme, ainsi ont esté et seront tousjours en toutes professions des bons et des mauvais. Mais, pour revenir à ce que je m'estoy en moy-mesme proposé de dire touchant llionnestete et bonne façon de fûre de ce soldat, je jure que, sij'estoy jeune (et je pense que plusieurs de la compagnie feroient ainsi), je ne pourroy sinon aymer honnestement ceux desquels je peuseroy estre vrayment aymée, pourveu que ce fussent des honnestes et bien apprins amoxlreux. Bien est vray que, comme cela advient, onf n'en peut oy

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doilft-ou tousjours faire démonstration, tant pour ne donner la hardiesse à qui, se cognoissant ei| quelque endroit estre aymé, de vouloir passer les bornes, aue pour ne bailler occasion par là d'estre j>arle vulgaire, qui tousjours incline à la pire partie, réputée moins honneste. Je vous pensois cou» ter quelque chose de plus ; mais il m'en faut aller, car je voy madame Constance qui m'appelle.

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