‹ Les comédies de Pierre de Larivey, champenoisChapitre 82 sur 158 · Prologue · texte numérisé non relu

Prologue

bonne patience de recevoir les coupe que voue donneront let poignantes langues des personnages de la scène; et s'il vous' semble que Vautheurn'a trop bien fait de publier ces menterieSj qu'à vostre préjudice et deshonneur de vostre sexe Fortuné a print plaisir de dire ^agez-te pour excusé, pource qu'iceluy vou' tant raconter la vérité du succez, /«y a esté aussi nécessaire de faire ainsi. Mais sogez asseurées que tout ce qu'à vostre blas^ me il pourra dire sera seulement dit au deshonneur de celles qui opèrent aussi meschamment comme a fait Victoire: car^ en Vesgard de vous autres^ anges terrestres^ es faces desquelles se voyent la pitié, Vamour et la chasteté aller de rang, combien que occasionniez infinis dommages aux jeunes amans, on ne peut dire autre chose que bien. Prenez donc le tout en bonne part, et pardonnez à Vautheur ceste honneste faulU, si faulte g a, et, df autre part, demeurez contentes des louanges qu'il vous donne, lesquelles df autant plus vous devront rendre satisfaites de lug, qu'elles lug ont esté dictées par la vérité, et puis le blasme qui naist simplement éfune autre passion, qui, lui offusquant la f«mière de Vinteliect, le transporte {et peut-estre contre sa volonté] à dire choses desquelles il sent et sentira tousjours un extrême repentir. Soyez donc attentives, si ne voulez que quelque mauvaise langue, ou quelque compagnon de Fortuné, dise que vous n'avez peu vous taire pour ce qu'avez esté piequées Jusques au vif, et qu'il vous fait trop mal d'avoir entendu dire la vérité. Mais voicy René, serviteur de Fortuné, qui sort dehors. Escoutez-le.

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