‹ Les comédies de Pierre de Larivey, champenoisChapitre 83 sur 158 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

René, serviteur^ seul.

> e ne sçay cpLt je doy dire de la fortune, I cognoissant en effet eestuy mon maistré I n*estre d'aucun mérite, et ne puis attri- \ buer ceste sienne ayanture à autre chose qu^au défaut du sexe féminin , lequel a tousjours accoustumé se prendre au pire, et ceste-là est la consolation que Tay de me veoir mesprisé de toutes les femmes. Mais que mon maistre jouisse à son plaisir du fruict de ces siennes amours : j'en jouyray au moins déTescorce, comme je fais maintenant de ceste-cy que j'ay en main ; et si, pour toutes les femmes qu'il s'acquiert , je suis hanillé tout à neuf, com|fie il m'a promis, je seray braye et auray des habits à rechange. 0 ! que je seray beu-

3io Lariyey.

reux ! ô ! combien ce nom de Fortuné qu^il porte lay conviendra bien ! Mais le voicy qui vient ; je lui veux un peu ^atter les oreilles , afin que par ce moyen j'en puisse tirer quelque .profit, comme souvent ont accoustumé faire les fiiis et rusez serviteurs ; et puis ce ne nous est que tourment, nous attendre à Tesperance de nostre mauoit salaire.

Page 1